Western


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Je discutais avec des collègues sur les différences d’interprétation du mot ‘libéral’ au Canada et aux États-Unis d’Amérique (un libéral étant associé à la droite affairiste et conservatrice ici, plutôt que démocrate, libertaire et dépensier aux É.U.). Ça m’a fait penser à la chanson ‘Love Me I’m a Liberal’ composée par Phil Ochs et reprise (avec un texte modifié) sur l’album Prairie Home Invasion de Jello Biafra et Mojo Nixon. Les deux personnages sont les dignes descendants du mouvement contre-culturel de la fin des années 60 et se sont permis des interprétations vigoureuses de quelques classiques ou trésors oubliés de la chanson américaine. Le premier (né Eric Reed Boucher) a fondé les Dead Kennedys à San Francisco; il est aussi un musicologue chevronné et sympathisant des idées politiques de la gauche. Le deuxième (né Neill Kirby McMillan) fait partie du mouvement psychobilly et saupoudre ses chansons de références à la culture populaire et se sert de la chanson pour propager ses idées politiques libertaires.

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En tout premier lieu, Atomic Power des frères Chester et Lester Buchanan, valait d’être ressuscitée. Un texte qui résume parfaitement l’angoisse populaire devant une arme menacante contre laquelle le commun des mortels ne peut rien faire d’autres que de prier. Le texte est très efficace (et très moderne) pour une chanson écrite en 1946:

Oh this world is at a tremble with its strength and mighty power
They’re sending up to heaven to get the brimstone fire
Take warning my dear brother, be careful how you plan
You’re working with the power of God’s own holy hand

Atomic power, atomic power
Was given by the mighty hand of God
Atomic power, atomic power
It was given by the mighty hand of God

You remember two great cities in a distant foreign land
When scorched from the face of Earth their power of Japan
Be careful my dear brother, don’t take away the joy
But use it for the good of man and never to destroy

Hiroshima, Nagasaki paid a big price for their sins
When scorched from the face of Earth their battle could not win
But on that day of judgment when comes a greater power
We will not know the minute, and we’ll not know the hour

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Will The Fetus Be Aborted est une bravade à l’endroit de la droite religieuse et de ses efforts pour contrer le phénomène de l’avortement. La version de Johnny Cash, Jerry Lee Levis et Carl Perkins (à l’époque jeunes poulins de Sun Records) est un reprise du classique folk Will The Circle Be Unbroken écrite et publiée en 1935 par les membres de la célèbre famille Carter.

La pièce Love Me I’m a Liberal est, quant à elle, une attaque brillante du protest singer Phil Ochs contre les ‘gauchistes du dimanche’ qui proclamaient être des progressistes, mais n’étaient pas prêts à assumer les conséquences politiques de leur choix. Très baveuse il y a 40 ans, elle est toujours d’actualité 25 ans plus tard dans la relecture qu’en font Biafra et Nixon.

I cried when they shot John Lennon
Tears ran down my spine
And I cried when I saw “JFK”
As if I’d lost a father of mine
But Malcom-X and Ice-T had it coming
They got what they asked for this time

So love me, love me, love me,
I’m a liberal

I go to pro-choice rallies
Recycle my cans and jars
I’ll honk if you love the Dead
Hope those funny Grunge bands become stars
But don’t talk about revolution
That’s going a little bit to far

I cheered when Clinton was chosen
My faith in the system reborn
I’ll do anything to save our schools
If my taxes aint too much more
And I love Blacks and Gays and Latinos
As long as they don’t move next door

Rush Limbaugh and the L.A.P.D.
Should all hang their heads in shame
I can’t understand where they’re at
Arsenio should set them straight
But if neighborhood watch doesn’t know you
I hope the cops take your name

Yeah, I read the New Republican
Rolling Stone and Mother Jones too
If I vote it’s a democrat
With a sensible economy view
But when it comes to terrorist Arabs
There is no one more red, white, and blue

Once I was young and had an attitude
Stickers covered the car I drove in
Even went on some direct actions
When there weren’t rent-a-cops to be seen
Ah, but now I’ve grown older and wiser
And that’s why I’m turning you in

So love me, love me, love me,
I’m a liberal

The Buchanan Brothers - Atomic Power
Jello Biafra & Mojo Nixon - Atomic Power
Johnny Cash w/ Lewis & Perkins - Will The Circle Be Unbroken
Jello Biafra & Mojo Nixon - Will The Fetus Be Aborted
Phil Ochs - Love Me, I’m a Liberal
Jello Biafra & Mojo Nixon - Love Me, I’m a Liberal

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Au départ, aussi loin que je me souvienne, elle évoque pour moi un poste de radio AM mal synthonisé au milieu des années 70. Mais pour la plupart des gens à qui je mentionne le titre, elle rappelle immédiatement un slow collé, un baiser mouillé, une conclusion amoureuse ou n’importe quel moment humide vécu au son du classique Love Hurts de Nazareth. Définitivement la première power balad digne de ce nom!

Le jour où j’ai pris la peine de m’y arrêter, j’ai découvert que Love Hurts est en réalité une composition de Boudleaux Bryant écrite en 1960 et enregistrée pour la première fois par les Everly Brothers. Elle a ensuite été reprise par Roy Orbison, Gram Parson et Emmylou Harris avant de sombrer dans l’oubli; pour ensuite renaître avec une version rock du groupe Nazareth qui en fit le succès international que l’on sait (surtout au Canada) et l’enregistrement le plus célèbre de la chanson.


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Permettez-moi d’ajouter une version pas piquée des vers de la chanson. Celle de Éric Goulet, alias Monsieur Mono, accompagné par Mara Tremblay. Leur interprétation est inspirée bien évidemment par celle de Gram Parson des Flying Burrito Brothers, avec son côté triste à pleurer. Tellement belle. Tellement réussie. Ça provient de l’album Pleurer la mer morte.


(1960) Everly Brothers - Love Hurts

(1961) Roy Orbison - Love Hurts

(1974) Gram Parsons & Emmylou Harris - Love Hurts

(1975) Nazareth - Love Hurts

(1981) Don McLean - Love Hurts

(1981) Q-Tips with Paul Young - Love Hurts

(2005) Monsieur Mono & Mara Tremblay - Love Hurts

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Hal Willis. Un nom qui ne me disait rien jusqu’à ce que monsieur Eiffel me mette la puce à l’oreille sur son blogue très fourni et riche de trouvailles magnifiques. J’apprends que l’artiste est en réalité Québécois, qu’il s’appelle Léonald (!) Gauthier et est né à Rouyn au coeur d’une région de bûcherons et de mineurs. Après avoir entendu Hank Williams à la radio, Léonald se met au monde et décide qu’il deviendra chanteur. Le gars a fait carrière en Ontario et aux États-Unis et son étoile a jadis brillé au panthéon du country. Une curiosité qui est tombé par hasard entre mes oreilles et que je trouve amusante. Léonald trouve donc sa place dans la noble liste des 100 chansons de la compilation Musique Pas d’Air. Si son histoire vous intéresse, je vous redirige ici et en attendant écoutez celle-là.

Hal Willis - Chauffeur de taxi

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Bien plus que les films de Sergio Leone, ce sont les musiques écrites par Ennio Morricone pour les magnifier qui ont marqué mon imaginaire. Un album en particulier figurait invariablement dans toute collection digne de ce nom: la bande originale du film ‘Mon nom est Personne’. Le spectateur que j’étais n’avais pas, à 11 ans, la distance nécessaire pour comprendre que Leone avait beaucoup donné au genre western spaghetti et à quel point il faisait tout pour en sortir. J’étais plutôt fasciné par le jeu très amusant de Terence Hill, les blagues en bas de la ceinture et les effets comiques à la Mack Sennett. Il est clair que Il mio nome e Nessuno réalisé par Tonino Valerii (Sergio a laissé le crédit de réalisateur à son assistant) était très loin de ses chefs-d’oeuvre passés (La trilogie de l’homme sans nom), bien que le film se présente comme une parodie sérieuse et un hommage aux grands du western classique, ceux qui ont contribué à sa démythification (John Ford) et à son dynamitage (Sam Peckinpah).

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Mais recourir encore une fois à l’immense talent de son compatriote italien Ennio Morricone était l’idée qui allait faire du film un grand succès. Non seulement ce dernier avait-il parfaitement compris le thème du film et le personnage de Jack Beauregard (Henry Fonda) qui marquait la fin des héros cowboys romantiques et des légendes de l’ouest, mais il avait aussi parfaitement intégré le mécanisme proposé par Leone en créant une constante et amusante auto-parodie musicale dans laquelle il recycle bon nombre de ses anciennes compositions parmi les plus célèbres. Ceci dit, Morricone a livré des mélodies terriblement efficaces pour les scènes clés du film en revisitant avec beaucoup d’humour La Chevauchée des Walkyries de Wagner, entre autres.

Ennio Morricone - The Wild Horde

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Petty Booka. Aussi connu sous Petty and Booka. Comme son nom l’indique, le groupe musical japonais est composé de deux filles (devinez leur prénom) qui chantent et jouent du ukulele. Le duo a passé une bonne partie de sa carrière à interpréter des classiques du ukulele hawaïen (pour en découvrir plus sur l’instrument, je vous dirige immédiatement - majuscule-clique sous Windows - vers cet article) et aussi à revoir des classiques de la culture rock and roll. Les deux membres originales du groupe ont quitté et ont été remplacées par Chiba et Saitama.

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L’album Ukelele Lady (il faudra consacrer un article à cette chanson des années 20, reprise par à peu près tout le monde, dont le comédien Peter Sellers entre autres) regorge de reprises intéressantes, légères et ô combien touchantes. En particulier celle-ci, une ballade de l’album Rain Dogs de Tom Waits. Ça fait changement de la voix graveleuse de Tom et c’est très rafraîchissant. Tiens, je vais aller me concocter un petit drink bien frais!

Petty Booka - Hang Down Your Head

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Je ne suis pas encore capable de calculer combien de versions je possède de cette incroyable chanson. Écrite le 5 juin 1948 par Stan Jones, on parle de Ghost Riders In The Sky comme étant la meilleure chanson Country & Western jamais écrite. Si vous avez besoin d’une chanson pour débuter votre apprentissage du monde de la chanson western, c’est celle-là qu’il vous faut. Définitivement, comme diraient les joueurs de hockey!

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Elle raconte l’histoire d’un cowboy et de sa vision d’un troupeau sauvage - des animaux aux yeux rouges! - cavalant dans le ciel poursuivi par les fantômes de cow-boys damnés. Il doit changer ses manières s’il ne veut pas un jour être condamné à les suivre éternellement “trying to catch the Devil’s herd across these endless skies”… (quelle image!)

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Les versions, donc, sont innombrables. J’avais le choix entre Vaughn Monroe, Bing Crosby, Marty Robbins, Johnny Cash, Peggy Lee, Spike Jones and his City Slickers, Gene Autry (si vous êtes curieux, j’en ai déjà glissé une à travers le blogue de l’HS). J’ai plutôt choisi une obscure version d’un large ensemble au panache impressionnant. Montez le son un peu et fermez les yeux!

Vocal Majority - Ghost Riders In The Sky

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Toujours dans le but d’éduquer les masses laborieuses, poursuivons l’exploration des contrées sauvages de la musique américaine avec une question simple: qu’est-ce que le Western Swing ?

Je dirais qu’il s’agit en premier lieu d’une extraordinaire mixture de ‘musique de violoneux’, fusionnée à plusieurs styles de jazz, de blues et de musique populaire, destinée essentiellement à un public amateur de danse. Une combinaison éclectique de musique rurale folk, de western, de polka, mélangée à du swing à la sauce Django, mâtinée de jazz et de blues de New Orleans et jouée la plupart du temps par un ’string band’ endiablé accompagné souvent à la batterie, au saxophone, au piano et surtout à la steel guitar, ce dernier instrument étant essentiel à la sonorité parfaitement reconnaissable de cette musique typique du sud-ouest des États-Unis.

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Herbert Clayton Hank Penny en est un excellent interprète et practicien, en plus d’être un joueur de banjo accompli et de cumuler une carrière de comédien à la télévision dans les 50. Il est à l’origine des Radio Cowboys, a formé les Plantation Boys à la radio pendant la deuxième guerre mondiale, avant de lancer l’album Hillbilly Be-Bop, un classique de l’étiquette Ace Records qui s’est retrouvé (tout à fait par hasard) entre mes mains alors que j’étais en train de les salir dans un magasin de disques de l’ouest de Montréal.

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Hank Penny a développé son sens du comique en travailant dans les clubs et dans les casinos, mais il a surtout intégré sa passion du jazz (une musique essentiellement noire) à son country swing qui en est ainsi devenu encore plus populaire. Ont évolué autour de lui les Merle Travis, Jimmy Wyble et Jaye P. Morgan, tous virtuoses, musiciens et chanteurs passionnés de cet idiome musical. Je vous défie de rester de mauvaise humeur.

Hank Penny - These Wild Wild Women

“Some people say a man is made outta’ mud
A poor man’s made outta’ muscle and blood
Muscle and blood and skin and bones
A mind that’s a-weak and a back that’s strong”

You load sixteen tons, what do you get?
Another day older and deeper in debt.
Saint Peter, don’t you call me, ’cause I can’t go;
I owe my soul to the company store…

Ces paroles légendaires sont les premiers mots de la chanson Sixteen Tons, celle par qui j’ai entendu la voix magnifique de Tennessee Ernie Ford. Grande carrière à la radio, sur disque et à la télévision. Un grand monsieur plutôt straight, propre de sa personne. J’ai une tonne de chansons de Noël country; celle-là, écrite et publiée en 1951, est originale et bien tournée.

A Rootin Tootin Santa Claus