Vocal Jazz


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Chaque nouvelle parution des Primitifs du Futur est accueillie comme une bénédiction et avec une joie sans borne par l’Homme Scalp. Les fondateurs de l’orchestre ont décidé d’auto-catégoriser leur projet dans le registre World Musette. Et cette idée de “musette mondiale” fonctionne à merveille. Parce qu’elle marque le caractère cosmopolite des musiques populaires qui s’enroulèrent autrefois autour du musette dans le Paris canaille des années trente. On peut ainsi trouver dans leurs valises un fox musette, une rumba, un tango, deux blues, une java viennoise et quelques valses.

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Les membres des Primitifs sont Fay Lovsky, Daniel Colin, Daniel Huck, Jean-Michel Davis, Jean-Philippe Viret et Bertrand Auger. Mais d’autres musiciens interviennent : Jean-Jacques Milteau, Didier Roussin, Patrick Tandin, mais aussi l’écrivain Marc-Édouard Nabe et le dessinateur Robert Crumb qui joue du banjo et de la mandoline et signe les pochettes des disques des Primitifs. Auteurs, musiciens, techniciens, poètes, les saltimbanques sont réunis par Dominique Cravic pour un répertoire Parisiano-Jazzistique, imaginaire et réaliste à la fois. Ils traitent de la culture populaire, d’hier et d’aujourd’hui en la regardant droit dans les yeux. Leur swing est tout simplement irrésistible. Il y a du bonheur, de l’ironie et une bonne humeur corrosive, là-dedans.

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Malgré son caractère en apparence vieillot, c’est un univers que doivent absolument connaître les plus jeunes. Tout un pan de la culture populaire française envoyé avec simplicité, humour et une virtuosité décapante. Guitares (beaucoup!), ukulele, scie musicale, thérémine, accordéon, bandonéon, xylophone, vibraphone, harmonica, cuivres, contrebasse, joués par des gens sincères et totalement dédiés à leur art et au plaisir de le transmettre. Une tribu de musiciens branchés sur le jazz, la java, les bandes dessinées, l’esprit français, pris dans son sens le plus positif, héritage des immigrés italiens et de l’Auvergne.

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“Allez chercher dans le passé! Tout le futur est là pour vous faire danser…”

Les Primitifs du Futur - Dalinette

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Pour l’arrivée à mi-parcours du concept de la Musique Pas d’air, quoi de mieux qu’une pièce éthérée de Kevin Ayers? Un classique de l’émission radiophonique L’Homme Scalp jadis diffusée sur les ondes de CKRL (oui, je sais, il faudrait que je revienne!), la chanson May I est un petit morceau joliment ficelé qui pourrait servir à démontrer aux amateurs de musique progressive, de compositions complexes et d’arabesques instrumentales, qu’il n’est pas nécessaire d’en mettre beaucoup pour que ça lève. Seulement une belle intention poétique, le désir de dire à une femme qu’elle nous plaît.

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Kevin Ayers a été le premier bassiste du groupe anglais Soft Machine qu’il a quitté rapidement pour produire plusieurs beaux albums solos (Joy of a Toy, Shooting at the Moon, Whatevershebringswesing, Bananamour). Ses compositions oscillent entre jazz, chansons de crooners et petites chansonnettes sous la formes de comptines et il est facilement reconnaissable par son magnifique timbre de basse. À ranger dans la catégorie ‘Canterbury School’ avec ses amis du groupe Gong.

Kevin Ayers - May I

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Louis Jordan est devenu très populaire à Harlem et s’est fait largement connaître dans le reste des États-Unis à la fin des années 30 et au cours des deux décennies suivantes avec son groupe The Tympany Five. Le clarinettiste, saxophoniste et acteur a fait sa marque en combinant un sens du spectacle avec son grand talent d’instrumentiste. Somebody Done Hoodooed The Hoodoo Man illustre de façon éloquente son grand talent de conteur et démontre comment le jazz exigeait à cette époque des musiciens aussi compétents que divertissants.

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L’auteur et musicologue Jean-Paul Levet a tenté - dans son ouvrage Talkin’ That Talk, Le Langage du blues et du jazz - de définir la signification de plus de 3 000 termes ou expressions du vocabulaire négro-américain. Par exemple, “hoodoo” désigne l’ensemble de croyances, coutumes et de pratiques magiques importées d’Afrique, mêlées à des éléments d’origine européenne, cubaines et intégrant des savoirs faire indiens notamment en matière d’utilisation des plantes. “Hoodoo man” est donc un sorcier, un guérisseur et surtout… un vendeur de plante. Dans le cas qui nous occupe, plus urbain, Jordan doit probablement faire allusion au “vendeur d’herbe”, si vous voyez ce que je veux dire.

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- Hey, clowns, have you dug the latest jive?
- No, man!
- Well they got him.
- They got who?
- You know, that man that’s been cooking up that jive,
selling it to these folks ’round town,
makin ‘em have them funny dreams.
- You mean the hoodoo man?
- Yeah!
- Oh no, that cat thought he was just too grand!
- Well, somebody done hoodoo’d the hoodoo man
- Smack me down with the story

Ol’ Joe Hannah from Lousiana,
A hoodoo king in every manner
But i found out with out a doubt,
The tables had turned on him

He ain’t got a tooth in his head,
Poor Ol’ Joe is almost dead
Somebody done hoodoo’d the hoodoo man

10, 10, double 10, 45, 15,
Joe cant drink no gin
Ain’t nothing go over the devil’s back
that don’t buckle under his chin

His face looks just like gravel sand
And everybody’s got Joe on the pan
Somebody done hoodoo’d the hoodoo man

Somebody done cooked up some stuff in a pot,
Not too cold and not to hot
They dropped a few drops in Joe’s beef stew
Now he’s blowing his top, he don’t know what to do

They don’t know who did it
They can’t find out
But he’s done hoodoo’d his last hoodoo without a doubt

Somebody done hoodoo’d
Done hoodoo’d the hoodoo man

(Louis Jordan, 1939)

Louis Jordan - Somebody Done Hoodooed The Hoodoo Man

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Il y a quelques temps, je suis tombé sur une compilation hommage (une autre) à l’album Rubber Soul, une oeuvre des Beatles parue il y a 40 ans. La compilation, “This Bird Has Flown”, offrait des versions assez intéressantes des pièces du célèbre classique des Fab Four. Je me suis dit qu’il en manquait une, anecdotique et amusante. Comblons cette lacune, mes amis!

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En 1969, le Grammy Awards “Best Contemporary Pop Performance Chorus” était attribué au directeur de chorale Alan Copeland pour un arrangement audacieux mêlant habilement - et ce 40 ans avant l’invention du mash-up - le classique Mission Impossible (de Lalo Schifrin) et le très populaire Norwegian Wood (de Lennon et McCartney) dans un medley chanté passionnément par les Alan Copeland Singers. La pièce peut paraître un peu ridicule aujourd’hui, mais spécifiquement d’un point de vue de producteur, c’est TRÈS efficace.

Alan Copeland - Mission Impossible Theme Norwegian Wood

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Je ne suis pas encore capable de calculer combien de versions je possède de cette incroyable chanson. Écrite le 5 juin 1948 par Stan Jones, on parle de Ghost Riders In The Sky comme étant la meilleure chanson Country & Western jamais écrite. Si vous avez besoin d’une chanson pour débuter votre apprentissage du monde de la chanson western, c’est celle-là qu’il vous faut. Définitivement, comme diraient les joueurs de hockey!

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Elle raconte l’histoire d’un cowboy et de sa vision d’un troupeau sauvage - des animaux aux yeux rouges! - cavalant dans le ciel poursuivi par les fantômes de cow-boys damnés. Il doit changer ses manières s’il ne veut pas un jour être condamné à les suivre éternellement “trying to catch the Devil’s herd across these endless skies”… (quelle image!)

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Les versions, donc, sont innombrables. J’avais le choix entre Vaughn Monroe, Bing Crosby, Marty Robbins, Johnny Cash, Peggy Lee, Spike Jones and his City Slickers, Gene Autry (si vous êtes curieux, j’en ai déjà glissé une à travers le blogue de l’HS). J’ai plutôt choisi une obscure version d’un large ensemble au panache impressionnant. Montez le son un peu et fermez les yeux!

Vocal Majority - Ghost Riders In The Sky

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Les lecteurs de l’HS qui auront téléchargé le concert hommage à Bob Dylan dans le cadre du lancement du film I’m Not There auront probablement remarqué la présence (remarquable) de Dan Hicks et ses Hot Licks qui ont livré un excellent Subterranean Homesick Blues. Dan Hicks est un vétéran de la scène folk; depuis ses débuts avec les Charlatans au milieu des années 60, jusqu’à aujourd’hui avec les Hot Licks, il présente une forme de swing jazz (respectueusement inspiré de Django Reinhardt) qui vaut véritablement le détour pour tout amateur de musique qui se respecte.

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Hicks a, entre autres, un sens de l’humour décapant et ses musiciens font preuve d’une virtuosité évidente. En plus du violoniste Sid Page, il s’est adjoint les services des chanteuses Naomi Ruth Eisenberg et Maryann Price, cette dernière affichant un style ressemblant à celui de Anita O’Day. Le disque culminant du groupe est très certainement l’album Last Train to Hicksville, que je vous recommande chaudement. Dan Hicks connait depuis les 10 dernières années une véritable renaissance et a lancé quelques albums réalisés avec le concours de plusieurs amis musiciens: notons entre autres la présence de Elvis Costello, Rickie Lee Jones, Bette Midler, Tom Waits et Brian Setzer sur l’album Beatin’ the Heat.

Dan Hicks and The Hot Licks - My Old Timey Baby

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