Québécois


Je viens de recevoir un commentaire tout aussi fascinant qu’inattendu. Après lecture de l’article sur l’école Brasseur (publié en décembre parmi la désormais célèbre compilation L’Homme Scalp Noël 2007), une dame m’écrit pour me dire qu’elle a fréquenté l’institution étant jeune et qu’elle se rappelle parfaitement de ces enregistrements.

Il faut rappeler que la chanson “Allô le ciel” avait fait mouche lors de sa publication dans ces pages (je la reproduis pour votre bon plaisir au bas de ce texte). Plusieurs lecteurs ne se sont d’ailleurs jamais remis de leur expérience. Il faut dire que la voix de l’interprète est assez stupéfiante! Voici donc la correspondance de Claudine Campeau - que je remercie de tout coeur - qui répond à mes questions enthousiastes (et se demande pourquoi je m’intéresse à l’école de chant):

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Bonjour Claudine Campeau.

Quelle surprise que votre commentaire sur le blogue de l’Homme Scalp ! Ce disque ramassé dans un marché aux puces est une petite merveille et a suscité plusieurs commentaires parmi les amis mélomanes. Est-ce que je peux ‘pousser ma chance’ et vous poser quelques questions, peut-être ?

· Qui est la soliste sur la chanson ? (Quelle prononciation ! Quelle voix !)

Si je me souviens bien c’était Mimi Cousineau, par contre comme je n’ai pas le disque en question il se peut que je me trompe. Pour la voie et la prononciation, on repassera! Je suis restée copine avec elle jusqu’à l’âge adulte mais elle est déménagée en Ontario et je l’ai perdu de vue.

· Racontez-nous comment ça se passait à l’école Brasseur (sa mission, son fonctionnement, comment les cours se déroulaient)

J’ai débuté au Studio Brasseur quand j’avais environ 5 ans et je suis restée jusqu’à environ 14 ans. Les cours avaient lieu le soir après l’école ou le samedi. Ma mère étant une amie de madame Brasseur j’ai également été engagée durant mon adolescence pour surveiller les petits entre les cours.

· Qui s’inscrivaient aux cours ? De grands talents ont-ils émergé?

Les parents assez nantis inscrivaient leurs enfants pour y prendre des cours de diction, de chants, de posture, de danse, d’art dramatique et de mannequin. Pour ce qui est des talents je ne saurais vous répondre car ça fait vraiment longtemps, j’ai maintenant 56 ans.

· Quelle était la méthode d’enseignement ? Des personnes connues parmi les professeurs ?

Je me souviens que les cours de danse étaient donnée par 2 danseurs professionnels à l’époque dont je ne me souvient plus des noms. Yvonne Laflamme (Aurore dans le film original en noir et blanc) donnait les cours d’art dramatique. Pour ce qui est des autres cours je ne me souvient plus du nom des professeurs toutefois j’ai toujours mon livre de chant et de diction.

· Donniez-vous des spectacles ? Des anecdotes drôles sur l’enregistrement du disque ?

Oui, nous passions souvent au Music Hall des Jeunes et également aux Jeunes Talents Catelli. La Maison Lalongé, vêtements d’enfants à l’époque nous engageait comme mannequins pour leurs vêtements. De mon coté j’ai également fait quelques commerciaux et émissions de télévision (série dramatique). Pour les anecdotes j’étais trop jeune et encore plus jeune sur le disque Premiers Pas dont je faisais également parti. Par contre je peux vous dire que les sessions de maquillage et de coiffure avant les émissions duraient trop longtemps à mon goût et j’étais vraiment populaire à l’école ou j’étudiais.

· Qu’est-ce que ça vous fait d’entendre le disque aujourd’hui ?

Je ne me souvenais pas que les voix étaient si aigues…. Dommage que ma mère soit atteinte d’Alzheimer, elle aurait eu un plaisir fou à entendre ces chansons. Pourquoi êtes-vous si curieux à savoir ce qui se passait au Studio Brasseur ?

Le Studio Brasseur - Allô le ciel

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Parlons de Québec, autrement que dans ses ornières habituelles. Et abordons le cas Lunasam. Décrite dans le communiqué de presse comme une “formation ectoplasmique”, le trio lançait en juin 2008 (merde, j’ai manqué ça!) son premier album. L’Homme Scalp a eu l’honneur toutefois d’en diffuser une première mouture dans le cadre de l’émission de radio du même nom sur les ondes de CKRL et la réaction a été immédiate: très positive!

Faut dire que les gars sont issus d’une époque très florissante du rock made in Québec-la-ville : Denis de Carnivore et Turbine Depress, Robert des Modernes Pickles, et Bertrand des Biberons Bâtis et aussi des Modernes Pickles. Si vous avez la patience d’un historien, la curiosité du trouveur (et par le fait même du chercheur), je ne peux que vous recommander très chaudement l’extraordinaire site web de Satan Bélanger. Non, il ne s’agit pas, comme son nom le laisserait supposer, d’un lieu de rencontre occulte du Parti Conservateur du Canada, mais plutôt d’un endroit pour promouvoir la musique de fous magnifiques.

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Les membres de Lunasam ont choisi de se présenter ainsi : “…il est chuchoté que Robert le plus jeune se déclare l’incarnation même d’un mort vivant nommé le Comte Downe, descendant direct des Szegelys, la peuplade légendaire parmi laquelle était choisie la garde d’honneur du redoutable Vlad Tepes (Dracula), et qu’il chante avec mélancolie à sa prochaine promise en lui vouant un amour éternel qui ne lui coûtera que sa dernière goutte de sang.

Denis, un esprit tortueux et monstrueusement pervers en ce qui a trait l’écriture, est également un bourreau chevronné de la guitare, la faisant crier, haleter et gémir sans cesse, un véritable Nosferatu assoiffé de son qui transperce les oreilles pour mieux trancher les âmes étriquées en deux.”

Bertrand est un sinueux horloger qui sait doser le châtiment, mesurer la terreur et organiser la souffrance informatique, tout en apportant une aide essentielle à ses deux mauvais compagnons pour qu’ils puissent suivre leurs redoutables instincts.”

Les membres de Lunasam affichent un parti-pris évident pour la technique du cut-up et l’album a un petit quelque chose d’éthéré dans sa production. L’expérience de “montage audio électrorock” a consisté à mixer chaque chanson pour obtenir un son unique, de varier les styles, et d’alterner l’ordre des interprètes pour donner la nette impression d’écouter un disque compilation de plusieurs groupes plutôt que la réalisation d’une seule formation, encore moins un trio, même augmenté de l’apport vocal précieux de trois chanteuses invitées. Ça donne un résultat assez étourdissant, une production assez chargée, mais parfaitement originale et pertinente.

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À travers les créations originales se glissent ça et là des citations/allusions/pastiches d’oeuvres musicales évidentes du répertoire populaire rock des 40 dernières années (Smoke on The Water, Sunshine of Your Love, World of Pain). Extirpée du site web de Lunasam, une dissertation très intéressante qui m’a, comme qui dirait, “interpelé” : ‘La parodie maintient une relation ambivalente et efficace avec l’objet de la moquerie: d’un côté son objectif est de rabaisser par l’exagération, mais son succès tient également à une mélancolie sous-jacente qui rend hommage amer à sa victime.’ (Maurizio Cattelan)

2 extraits, avec la permission des auteurs. Mais je vous invite à ramasser le disque chez votre disquaire indépendant ou chez les producteurs eux-mêmes.

Lunasam - Boucane sur le fleuve

Lunasam - Rose Selavy

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Au départ, aussi loin que je me souvienne, elle évoque pour moi un poste de radio AM mal synthonisé au milieu des années 70. Mais pour la plupart des gens à qui je mentionne le titre, elle rappelle immédiatement un slow collé, un baiser mouillé, une conclusion amoureuse ou n’importe quel moment humide vécu au son du classique Love Hurts de Nazareth. Définitivement la première power balad digne de ce nom!

Le jour où j’ai pris la peine de m’y arrêter, j’ai découvert que Love Hurts est en réalité une composition de Boudleaux Bryant écrite en 1960 et enregistrée pour la première fois par les Everly Brothers. Elle a ensuite été reprise par Roy Orbison, Gram Parson et Emmylou Harris avant de sombrer dans l’oubli; pour ensuite renaître avec une version rock du groupe Nazareth qui en fit le succès international que l’on sait (surtout au Canada) et l’enregistrement le plus célèbre de la chanson.


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Permettez-moi d’ajouter une version pas piquée des vers de la chanson. Celle de Éric Goulet, alias Monsieur Mono, accompagné par Mara Tremblay. Leur interprétation est inspirée bien évidemment par celle de Gram Parson des Flying Burrito Brothers, avec son côté triste à pleurer. Tellement belle. Tellement réussie. Ça provient de l’album Pleurer la mer morte.


(1960) Everly Brothers - Love Hurts

(1961) Roy Orbison - Love Hurts

(1974) Gram Parsons & Emmylou Harris - Love Hurts

(1975) Nazareth - Love Hurts

(1981) Don McLean - Love Hurts

(1981) Q-Tips with Paul Young - Love Hurts

(2005) Monsieur Mono & Mara Tremblay - Love Hurts

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Je viens de recevoir un courriel d’un producteur qui m’invite à parler de Réal V. Benoit. J’enverrais normalement le tout dans le 3ème tiroir, mais il s’agit de Réal V. Benoit! Et l’Abitibien est rien de moins qu’un personnage marquant de la culture populaire underground québécoise. Et quand je dis underground, je ne parle pas des disques que les gens écoutaient dans leur sous-sol. © Il s’agit d’un authentique mineur de profession, originaire de Rouyn-Noranda. Tiens, je vous livre ici, en copié-collé, la notice biographique retrouvée sur le site ouèbe de l’artiste. Je pense que ça en dit pas mal.


Auteur, compositeur et interprète, originaire de Rouyn-Noranda, Réal V. Benoit se fait la voix du monde ordinaire, avec ses questions existentielles, philosophiques ou sociales. Mineur de profession, il a connu une certaine popularité au milieu des années 70 (de 71 à 75 plus exactement) avant de retourner poursuive sa carrière de mineur en Abitibi Témiscamingue où il est né.

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En fait, au cours de sa brève carrière, il s’est un peu fait avoir par des producteurs qui ne le voyaient que comme un produit de consommation. Il devait se produire avec son casque de mineur pour faire différent des autres et s’attirer ainsi un capital d’empathie de la part des travailleurs ordinaires. Cela a marché mais notre homme n’était pas heureux. Il n’a pas vu un seul dollar des trois albums qu’il a mis sur le marché à cette époque. Le premier avait la particularité (très mauvaise) d’offrir la voix de Réal d’un côté et la musique de l’autre, un vraie farce pour quiconque est sérieux en musique. Les DJs de l’époque ont refusé de faire jouer cette erreur et l’ami Réal en était très peiné.

Heureusement, son talent était palpable sur scène et on a pu le voir dans plusieurs boites à chanson, faire son petit bonhomme de chemin jusqu’à ce que plusieurs de ces endroits doivent fermer leurs portes et Réal devait ensuite se contenter de tourner dans des hôtels miteux. Il serre sa guitare en 1975, fait le voeu qu’on ne l’y reprendra plus et retourne à la mine.

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Ce n’est que 25 ans plus tard, à la demande d’un inconnu qui lui offre une salle pleine de spectateurs qui se souvenaient de lui qu’il accepte de reprendre le flambeau. Invité par la suite à faire la première partie de Fred Fortin en tournée, il reprend goût à la scène et décide d’offrir son ancien comme son nouveau matériel en format CD. En novembre 2005, Réal participe au Coup de Coeur Francophone à la Place des Arts, il interprète plusieurs des pièces de son plus récent album intitulé Sérieusement. Le poète de l’humain est toujours là, solide et direct. Les années n’ont pas altéré sa quête des vraies choses et le nombre de questions qu’il se pose semble aussi volumineux qu’à l’époque. Un homme et un artiste important.


Depuis son extraordinaire premier album (Voilà Réal V. Benoit), en passant par le fameuse pochette en billet de 5 dollars, jusqu’à sa renaissance toute nouvelle, RVB est définitivement un personnage qu’il est impossible d’éviter. Tapez-vous entre autres “Le gros mangeux de suçons pis de gomme” ou “Les baveux” pour découvrir un artiste hors du commun. Un extrait vidéo de son spectacle. Long monologue, la chanson est mieux livrée que l’originale qui était mal enregistrée et sonnait le cul. Remettez les pieds chez votre disquaire de collection pour retrouver les disques de Réal V. Benoit ou allez visiter son site.

© Cette blague appartient à François Tremblay.

La ville de Québec est sans-dessus-dessous. Des milliers de personnes ont envahi les Plaines d’Abraham dès le matin en vue du concert unique de Céline Dion ce soir. RA a fait une belle job et les médias ont bien appris la leçon; à force de le répéter, ça va finir par devenir vrai (médiatiquement, du moins!): 250,000 spectateurs seront présents!!! Oui, ils vous le jurent! Ben mieux que McCartney, là! Ok?!

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Le départ des fêtards (dont plusieurs personnes âgées), qui devront pour certains descendre vers la basse-ville après le spectacle pour retrouver leur autobus, risque d’être tout aussi spectaculaire. Les fans de la chanteuse se passent le mot: tous vont ramer ensemble, tels des amateurs de danse en ligne, en même temps et en cadence. Il s’agit d’un mouvement très simple - de bas en haut - que Céline a déjà répété sur les ondes de CNN en compagnie de Larry King.

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“Pour discuter vocabulaire, faut commencer par être vivant” (Richard Desjardins)

René Lussier a composé - je vous en parlais récemment ici - la musique du Moulin à images d’Ex Machina. Les plus curieux savent que le compositeur roule sa bosse depuis 30 ans dans le monde de la musique vivante et improvisée. Son nom a été associé à Conventum, Chants et Danses du Monde Inanimé, les 4 guitaristes de L’Apocalypse-Bar, Les Granules, Jean Derome et les Dangereux Zhoms, Les patenteux du Québec, La vie qui bat, Patrice Desbiens et les Moyens du Bord, ainsi qu’un gros paquet de productions de l’Office National du Film. Au fil de ses voyages et participations, il a collaboré - à titre de compositeur ou d’interprète - aux projets de plusieurs musiciens de partout à travers le monde, entre autres avec Chris Cutler, Fred Frith, Tom Cora, John Zorn, Eugene Chadbourne, la liste est longue.

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Le Trésor de la Langue est, de l’avis de plusieurs critiques, une oeuvre considérable et probablement sa plus achevée. Dès 1986, René Lussier commençait à réfléchir à un projet mêlant la musique et la langue parlée, un projet dans lequel la musique serait déterminée par la parole. Désireux de d’éviter le piège de la mise en scène, de faire parler autant les gens ordinaires que les grands acteurs de la société québécoise, il entreprend - à bord du French Spirit (une voiture dont le tuyau d’échappement passe par l’intérieur) - l’audacieux projet de colliger des extraits parlés, des bouts d’entrevues menées un peu partout au Québec et des documents d’archives audios qui serviront de matériaux de base pour le travail acharné qui en découlera par la suite. Chaque mot, chaque timbre, chaque accent, chaque inflexion, chaque respiration ou chaque silence ont été transposés, calqués ou notés pour devenir le vocabulaire musical du compositeur.

Une version écourtée du Trésor de la Langue a été diffusée sur les ondes de Radio-Canada; la Communauté des radios publiques de langue française lui décernait en mars 1989 le Prix Paul Gilson qu’aucun Canadien n’avait remporté depuis 20 ans. En 1992, le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville a invité Lussier à transposer son oeuvre sur scène, ce qui amènera de nombreux autres concerts ici et en Europe, dont quelques-uns sont documentés par le film de Fernand Bélanger, Le trésor archange.

René Lussier - Vestibule

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Tirons le rideau de cette sélection québécoise avec une gloire locale et un petit pas de côté. Les Mégatones ont à juste titre révolutionné le milieu des orchestres de danse en incorporant l’Echolette, cet outil indispensable à tout musicien désireux d’imiter la fameux son de guitare amplifié des légendaires Ventures. Denis Champoux et ses camarades du Collège des Jésuites ont fait leur début au Centre des Loisirs Saint-Sacrement sous le nom Les Thunderbirds, avant d’être rebaptisé sous leur dénomination atomique par Jacques Boulanger.


Le groupe a fait son chemin des salles de danse à la radio de CHRC, en passant par les salles de spectacles de la région de Québec jusqu’aux studios d’enregistrement, avec des instrumentaux enlevés, des reprises de grands classiques et des compositions qui sont devenues rapidement les préférées du public, dont celle-ci, rééditées plusieurs fois en 45 tours, un standard du genre que de nombreux orchestres de fin de semaine à la grandeur du Québec ont utilisées comme thème d’intermission.

(source : Québec Info Musique)

Les Megatones - Rideau S.V.P.

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Dire de Plume Latraverse (né Michel) qu’il “a fondé à la fin des années 1960, en collaboration avec Pierre Léger, dit Pierrot le fou, et Pierre Landry, dit le docteur Landry, le groupe la Sainte-Trinité” n’est pas assez. Poursuivre en précisant qu’il “s’est associé ensuite à Steve ‘Cassonade’ Faulkner entre 1972 et 1975 et que le duo s’est produit pour la dernière fois à la Chant’Août de Québec” est tout aussi insuffisant. Et s’en tenir, tel un biographe méticuleux, à affirmer qu’il “a entrepris une carrière solo en 1976 et qu’il est devenu l’un des représentants les plus significatifs de la contre-culture québécoise” ne permet pas vraiment de circonscrire l’oeuvre considérable de l’artiste.

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Comme le clamait un ami chroniqueur, il faudra rendre hommage à ce grand poète et lui consacrer des funérailles nationales le jour de sa mort. L’auteur-compositeur-interprète échappe aux modes et à toute classification. Il a été qualifié tour à tour de rocker, chansonnier et même de fantaisiste. Dès son tout premier album en solo, Plume Latraverse a détonné dans le paysage musical, mais ses chansons correspondaient au sentiment iconoclaste qui habitait une grande partie de la jeunesse urbaine qui n’avait pas du tout le goût ou l’opportunité de se réfugier à la campagne, comme le voulait le cliché granola qui prévalait dans la première moitié des années 70.

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L’histoire discographique de Plume est assez étoffée et mériterait plus d’un article. Précisons qu’au début des années 90 - après avoir gardé un prudent contrôle de ses propres enregistrements - il a amorcé la réédition CD de son catalogue de chansons avec le premier d’une série d’albums intitulés “Le lour passé de Plume Latraverse” en plus de faire paraître un disque compact rempli de pièces inédites “Chansons pour toutes sortes de monde” duquel j’ai extrait la pièce suivante, très amusante et descriptive d’un excellent conteur et observateur de la condition humaine. Remarquez - encore une fois et c’est un fait mal connu à propos de l’oeuvre de l’oncle Pluplu - qu’il écrit ses textes en vers et en pieds. Trouvez-moi quelqu’un qui fait ça aujourd’hui au sein de la “colonie artistique” québécoise.

Plume Latraverse - Chatte de daure

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