Psychédélique


Un doublé, cette fois : en premier lieu, une chanson à classer dans les catégories suivantes : ‘obsédante’, ‘sexiste’ et… ‘efficace’. Cette niaiserie sans trop de conséquence est une autre de ces chansons idiotes que savaient concocter les artistes noirs de R&B, un style qui commencait à disparaître au profit du disco au milieu des années 70. Voici donc «Girls» de Moments and Whatnauts (les deux ensembles s’étaient réunis afin de pondre un album en 1974) pour le son typique de la pop de cette époque et les paroles inqualifiables (les gars de Hackensack, New Jersey ne perdaient rien pour attendre car le mouvement féministe allait prendre de l’ampleur).

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Ça me fait beaucoup penser à l’insouciance des années pré-pubères et aux beaux jours de la station de radio CFLS. Je la dédie particulièrement à Sylvie Moreau avec qui – elle s’en rappelera probablement - je tentai jadis de reproduire les chœurs de ce gâteau rose Dunkin Heinz de la musique pop. En prime, les paroles (le premier couplet est exquis, une pure merveille ethno-musico-sociologique).

Girls, I like ‘em fat, I like ‘em tall
Some skinny, some small
I got to get to know them all.

Girls
I love the things they know
love the things they show
Have to be where they go.
Pretty girls with sunshine in their hair
The perfume that they wear
Girls are ev’rywhere.

I’d like to be on an island
with five or six of them fine ones.
Even one that ain’t good lookin’
they’re the ones that do the best cookin’.
Give me one with a lot of money
Give me two with a lot of honey
Give me three that do them freaky things
Give me four fat mama’s that like to swing.

I’d like to be a magician
then I could stop wishing
I’d take my magic wand
and: puff ! I’d have big fun.
If the guys could see me
they’d say I was Houdini
Before they could count from one to thr
ee
I’d have ten girls standing next to me.

 

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Ensuite, un bonbon psychédélique extrêmement bien produit pour son époque : Danyel Gérard ‘Sexologie paru en 1970. La pièce figure sur la plupart des compilations de musique francophone rare et prisée par les DJ et les amateurs de bons grooves. J’ai déniché cette indication - extraite de ‘brutdegroove’ (un autre blogueur) - qui résume parfaitement l’impact de la chanson qui fait mouche à la première écoute : «Le riff de sitar et la voix traînante de Danyel donne l’amplitude érotique de ce titre sur un rythme endiablé et fiévreux.»

Moments & Whatnauts - Girls

Danyel Gerard - Sexologie

Votre collection de disques est là, bien rangée, en ordre. Vous croyez la connaître de fond en comble. Et un bon jour, vous tombez sur une perle que vous découvrez et écoutez par la suite de façon compulsive. Au cours des prochains mois, j’ai l’intention de vous présenter certaines de ces pièces inoubliables qu’on réécoute sans cesse parce qu’elles sont vitales et essentielles à notre équilibre. Ça, c’est pour vous faire connaître - afin qu’on ne l’oublie jamais -celui qu’on appelait ‘le Viking de la 6ème avenue’.

Moondog, de son vrai nom Louis Thomas Hardin, est un musicien américain né à Maryville au Kansas en 1916. À l’âge de 6 ans, petit Louis visite avec son père une réserve indienne dans le Wyoming; à 16 ans, il devient aveugle après l’explosion d’un bâton de dynamite; à 17, il suit des cours de musique et il devient par la suite artiste de rue pendant plus de vingt-cinq ans, à New York puis en Allemagne.

On retrouve à travers sa musique des influences très diverses (Jazz, musiques traditionnelles du Moyen Âge et des Indiens autochtones d’Amérique). Moondog a laissé une œuvre profondément originale, avant-gardiste et inclassable. Je vous recommande pour commencer le classique ‘Moondog’ paru chez CBS en 1969. Et pour vos oreilles, cette pièce magnifique, véritable bijou d’une certaine culture libertaire mais surtout, un poème introspectif qui dépasse la notion de temps.
La pièce en question fait aussi partie du code génétique musical de nombreux artistes, écrivains, journalistes, acteurs et réalisateurs de la fin des années 60 et du milieu des années 70. Janis Joplin a entrepris à partir de 1966 sa carrière d’étoile filante à titre de chanteuse des groupes Big Brother and The Holding Company et The Full Tilt Boogie Band. On retrouve aussi All is Loneliness sur l’excellent coffret ‘Box of Pearls: The Janis Joplin Collection’. Une interpretation honnête et sincère.

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