Psychédélique


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Visiteurs de la blogosphère ou promeneurs erratiques, chercheurs et trouveurs de la galaxie internet, accordez-vous une pause. Vous le méritez. L’Homme Scalp a déniché pour vous l’album des albums; une perle inestimable recherchée par les collectionneurs depuis plusieurs décennies. Il fallait rendre hommage à un acteur de talent, un maître du mime qui a créé une véritable révolution théâtrale dans les années 1950. Inventeur du célèbre mouvement de la «marche contre le vent» (que Michael Jackson popularisera dans les années 1980 avec son moonwalk), il est le Français le plus célèbre du monde.

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Qu’en dit Wikipedia : “À 24 ans, l’artiste mettait au monde un drôle de personnage, pierrot lunaire, «hurluberlu blafard» à l’œil charbonneux et à la bouche déchirée d’un trait rouge, un drôle de haut-de-forme sur la tête, une fleur rouge tremblotante servant de panache à ce don quichotte dégingandé partant en croisade contre les moulins à vent de l’existence : BIP était né, un être sensible et poétique, inspiré de Deburau, de Charlie Chaplin et du personnage de Pip du roman De grandes espérances de Charles Dickens, qui lui permet d’explorer la vie et la société moderne et de mettre en lumière leur côté tragique.

Rien que pour vous, mesdames et messieurs! À partir d’un exemplaire unique en vinyle 33 tours longue durée.

MM - The Best Of Me

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Après quelques jours passés dans la musique actuelle (que le percussionniste Pierre Tanguay préfère appeler ‘la musique du futur’), plongeons plus légèrement dans les eaux boueuses - et ô combien nettoyantes - de la musique légère à consommation rapide. Un phénomène toujours étonnant de la fin des années 60 (et de la désillusion progressive résultant de l’échec de plusieurs des utopies propres à cette époque merveilleuse) est la récupération sans vergogne des éléments les plus florissants de la musique psychédélique et de la culture flower power par une industrie du disque qui cherchait par tous les moyens à réaliser LE crossover lui permettant de faire le plus d’argent possible.

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Et pour démontrer le phénomène, portons notre attention sur une oeuvre magnifique - et en même temps complètement inutile - de l’ensemble vocal The Brothers Four. Bob Flick, John Paine, Mike Kirkland et Dick Foley, des jeunes gens bien propres qui se sont rencontrés à l’université de Washington, ont fondé le groupe folk américain en 1957 à Seattle. Ils ont connu leur période de gloire avec un premier album, un contrat chez Columbia et des passages fréquents à la télévision. Mais leur étoile a rapidement pâli avec l’arrivée de chanteurs folk un peu plus aventureux (les Américains disent “edgy”), de Bob Dylan et de l’invasion britannique. Mais ils ont tenté bien sûr, sous les conseils d’un gérant sans scrupule, de profiter de la manne hippie. Ils faut bien vivre, voyez-vous.

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The Brothers Four - Revolution

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Solomon Feldthouse, David Lindley, Chris Darrow et Chester Cril ont fondé Kaleidoscope, un des rares groupes de rock psychédélique composé de multi-instrumentistes à inclure des morceaux de Cab Calloway et Duke Ellington à leur répertoire. La célèbre pièce Beacon From Mars a fortement influencé le guitariste Jimmy Page - qui a fondé Led Zeppelin par après - en raison d’un solo feedback mémorable. Le groupe a enregistré 4 albums avec cette formation, en plus de resurgir avec When Scopes Collide en 1977 dont j’ai précédemment extrait les pièces Ghost Riders in The Sky et Man Of Constant Sorrow (voir cette page-ci et cette page-là).

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Il y avait quand même du bon à cette époque grano-le-la-là et psychédélique.

Kaleidoscope - Life Will Pass You By

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En 1996, l’étiquette indépendante Parallel World publiait l’album Cambodian Rocks, une collection étonnante de rock de garage et de musique psychédélique cambodgienne des années 60 et 70; n’eut été de la curiosité de Paul Wheeler (un touriste américain, du genre qui pose des questions et qui va au bout de ses passions), ce nouvel idiome musical n’aurait probablement jamais vu le jour (parmi nous du moins).

Wheeler, en transit entre le Japon et son pays natal, est en Asie du Sud. Une camionnette s’arrête pour le faire monter alors qu’il faut du pouce au Cambodge. L’Américain remarque que le conducteur fait jouer inlassablement des cassettes de musique fuzz-punk-rock de son pays et Wheeler fait par la suite l’acquisition d’une pelletée de cassettes du même genre sur la rue. De retour à Phnom Penh, il est déjà passablement accroché à ce rock quasi infectieux et commence à compiler les connaissances et les informations sur sa production; la musique doit entre autres beaucoup à la culture acid-rock britannique et americaine de son époque, mais ne se contente pas seulement de copier, mais de lui invigorer une partie essentielle de sa culture locale. On peut imaginer que les artistes se sont abreuvés à même la radio des Forces Armées Américaines et les musiciens ne se sont pas gênés pour utiliser (parfois de façon abusive) l’orgue, le fuzz, le wah-wah et toutes ces inventions qui ont révolutionné le rock au cours de cette période bénie.

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On peut aussi présumer que les musiciens et artistes entendus sur la compilation en question n’ont reçu aucune rémunération pour l’exploitation de leur musique et qu’ils ont probablement été assassinés par le régime des Khmers Rouges qui a pris le pouvoir au milieu des années 70. Un extrait, en espérant que vous aurez la curiosité de ramasser cet album s’il vous tombe sous la main. Vous reconnaitrez l’air, je crois…

Ros Sereysothea - Wolly Polly

 

Voici une pièce extraordinaire d’un album qui l’est tout autant. Son auteur Sam Beams fait assurément partie de l’univers folk américain, mais The Shepherd’s Dog de son groupe Iron and Wine défie toute catégorisation. Si vous y tenez tant que ça, imaginez un croisement entre Nick Drake, The Beatles, Incredible String Band, quelques parfums indiens et ouest-africains et la technologie au service des créateurs. Iron and Wine est à l’origine le projet d’un seul homme, mais est devenu par la suite un orchestre de 8 personnes pour sa tournée de l’automne 2007 avec des musiciens de Califone, Wilco et Calexico (voir photo). Toute la galette respire la bonne cuisson… juste du bon!

Iron and Wine - Pagan Angel And A Borrowed Car

Que seraient les compilations CD sans la désormais célèbre Bonus Track que les compagnies de disques nous placaient quelques minutes plus tard à la fin de l’album pour nous faire rager? Bon, je n’irai pas jusque là puisque de toute façon le procédé n’est plus à la mode. Sachez que cette chanson est une étrangeté créée par Tex Lecor, Claude Gauthier, La Nouvelle Frontière (remarquez la voix des Séguin) et Les Scarabées. L’atmosphère est tout à fait dans le ton des années 70, bien que je crois comprendre que les auteurs ont aussi voulu tourner ce genre d’attitude en dérision. J’invite le blogueur Patrimoine PQ à laisser un commentaire pour ajouter un peu de sa science.

Le titre: Noël mauve. Ma phrase préférée dans cette pièce-culte?

“Si le petit Jésus pourrait m’envoyer pour cadeau mon beau Donald Lautrec pour moi toute seule…”

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Alors que nous errions «à la recherche de je ne sais quoi», votre humble serviteur et son acolyte Jean-Philippe Boisbriand (fondateurs de l’émission de radio PLAXMOL qui devint par la suite L’HOMME SCALP) avons reçu (et accueilli généreusement !) une petite boîte contenant différents disques de la collection personnelle d’une généreuse donatrice de CKRL.

Le joyau est apparu sans avertissement : un 45 tours de Claude Steben (sous étiquette Lion) contenant les chansons Dos à dos et Bedaine à bedaine. Passons rapidement sur la dernière, une chanson comico-comique à la manière de Patrick Zabé. Mais il fallait retourner le disque pour découvrir le trésor. Et notre plaisir fut grand : la surprise a fait place à l’étonnement, l’incrédulité à l’hilarité la plus complète. Il suffisait de fermer les yeux et d’imaginer la pochade de studio réalisée en 1969. C’est du n’importe quoi : un film d’horreur, un trip d’acide… considérez cela comme il vous plaira.

Plus que bizarre ! S’il venait à un malchanceux réalisateur de vidéoclip l’idée de réaliser une œuvre à partir de ‘Dos à Dos’, voici à quoi ressemblerait le storyboard de la chanson (avec les détails de montage multipiste) :

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Sa femme: “Claude… Claude !” (il ronfle)

Claude : (il se réveille): “Aaaahhh ! J’ai fait un rêve… (effet d’écho, reverb)

Claude : …extraordi-naire !” (coup de gong)

Claude : “J’ai rêvé… que j’étais dans un cime-TIÈRE”

(autre effet de reverb-echo, miaulement de chat au loin, voix typiques de films d’horreur, bruit de cloche, bruit metallique)

Claude : “De partout les morts semblaient ressuscités…” (hurlement de zombie, cris de femmes, pleurs de bébé, rires de bébé)

Claude : “Tous les morts se dirigeaient vers le chateau…”

Claude : “Ah ! C’est invraisemblable ! Je pouvais pas croire qu’on était pour s’amuser là….”

Inconnu : «Hey Claude ! Viens-t-en ! » (tonnerre, voix étranges de films d’horreur)

Inconnu (voix sur un ton sérieux, mais théâtralisée) : “Elle laisse dans le deuil…”

Matante no. 1 : “C’était un bon garçon…”

Inconnu (clairement dans un état second) : “Ah que je m’amuse. C’est trippant !”

Matante no. 2 : “Hey, lui c’était un bon garçon! Y parait qu’y a laissé BEN DE L’ARGENT!”

Matante no. 1 : “Hey! Ils l’ont mis beau, hein? Mon Dieu qu’il est froid!”

(bruit d’une bouteille de bière décapsulée, absorption du breuvage)

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Rappelez-vous simplement que la carrière de Claude Steben a été parsemée de hauts (parfois!) et de bas (souvent). Bien amorcée (en 1965, avec le groupe Les Dalcos), elle a ensuite sombré dans le psychotronique et la chanson crooner de style canal 10 (en duo avec Christine Chartrand) avant de connaître un second souffle avec Les Satellipopettes, un quiz jeunesse permettant à de jeunes candidats de fréquenter de VRAIS robots! L’émission était animée par Le Capitaine Cosmos (Steben lui-même) accompagné par l’extraordinaire athlète (presque) muet appelé Vermicelle.

 

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Faut-il le répéter : Capitaine Cosmos nous le disait bien, lui : «La drogue, C’est pas bon ! Je le sais !» Vous aussi maintenant, le savez !

Je veux remercier l’auteur du blog C’était hier qui a mis la main sur cette pièce de collection. Il faut dire que j’avais sollicité ses services après avoir égaré la copie dont je faisais mention au deuxième paragraphe. Et j’ai tenu compte tenu de la taille incroyable de son audiothèque. Il n’y a pas de hasard dans la vie… lisez plutôt ce que m’écrivait Eiffel après avoir découvert la perle:

…j’ai eu une illumination. J’ai fait comme je fais assez régulièrement je suis arrêté au Village des Valeurs, je me suis dirigé directement au petit rayon de la musique (franchement j’avoue que j’avais un pressentiment), j’ai fouillé dans les quelques centaines de 45 tours accrochés au mur et je suis tombé dessus…”

Remarquez le détail: “j’avoue que j’avais un pressentiment…” Les collectionneurs sont des gens particuliers, c’est le moins qu’on puisse dire. Merci encore Eiffel!

Claude Steben - Dos à Dos

Un doublé, cette fois : en premier lieu, une chanson à classer dans les catégories suivantes : ‘obsédante’, ‘sexiste’ et… ‘efficace’. Cette niaiserie sans trop de conséquence est une autre de ces chansons idiotes que savaient concocter les artistes noirs de R&B, un style qui commencait à disparaître au profit du disco au milieu des années 70. Voici donc «Girls» de Moments and Whatnauts (les deux ensembles s’étaient réunis afin de pondre un album en 1974) pour le son typique de la pop de cette époque et les paroles inqualifiables (les gars de Hackensack, New Jersey ne perdaient rien pour attendre car le mouvement féministe allait prendre de l’ampleur).

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Ça me fait beaucoup penser à l’insouciance des années pré-pubères et aux beaux jours de la station de radio CFLS. Je la dédie particulièrement à Sylvie Moreau avec qui – elle s’en rappelera probablement - je tentai jadis de reproduire les chœurs de ce gâteau rose Dunkin Heinz de la musique pop. En prime, les paroles (le premier couplet est exquis, une pure merveille ethno-musico-sociologique).

Girls, I like ‘em fat, I like ‘em tall
Some skinny, some small
I got to get to know them all.

Girls
I love the things they know
love the things they show
Have to be where they go.
Pretty girls with sunshine in their hair
The perfume that they wear
Girls are ev’rywhere.

I’d like to be on an island
with five or six of them fine ones.
Even one that ain’t good lookin’
they’re the ones that do the best cookin’.
Give me one with a lot of money
Give me two with a lot of honey
Give me three that do them freaky things
Give me four fat mama’s that like to swing.

I’d like to be a magician
then I could stop wishing
I’d take my magic wand
and: puff ! I’d have big fun.
If the guys could see me
they’d say I was Houdini
Before they could count from one to thr
ee
I’d have ten girls standing next to me.

 

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Ensuite, un bonbon psychédélique extrêmement bien produit pour son époque : Danyel Gérard ‘Sexologie paru en 1970. La pièce figure sur la plupart des compilations de musique francophone rare et prisée par les DJ et les amateurs de bons grooves. J’ai déniché cette indication - extraite de ‘brutdegroove’ (un autre blogueur) - qui résume parfaitement l’impact de la chanson qui fait mouche à la première écoute : «Le riff de sitar et la voix traînante de Danyel donne l’amplitude érotique de ce titre sur un rythme endiablé et fiévreux.»

Moments & Whatnauts - Girls

Danyel Gerard - Sexologie

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