Politique


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En train de feuilleter l’horaire de l’édition 2008 du Festival de cinéma des 3 Amériques, je tente de me bâtir une programmation personnelle des films à ne pas manquer. Tiens, un volet intitulé REGARD SUR LE CINÉMA DES PREMIÈRES NATIONS! Sommes-nous en train de faire du chemin quant à notre perception des indiens d’Amérique? On pourrait conclure positivement à la lumière de quelques indices, mais j’ai une nature patiente (et parfois pessimiste) et je crois plutôt que nous avons beaucoup de chemin à faire (surtout quand je mesure mon abyssale ignorance de l’histoire des peuples autochtones).

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Vous me voyez venir, j’imagine. J’ai envie, là tout de suite, sans prétention d’illustrer le chemin déjà parcouru avec quelques chansons bien de chez nous.

Muriel Milard - Il n’y a plus de sauvages au Canada

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Un petit trésor de ma collection pour commencer. J’ai vu la madame à paillette pour la première fois dans le spécial Bye Bye de fin d’année à Radio-Canada avant de la voir terminer lamentablement sa carrière quand elle a pris la surréelle décision de peindre ses amis et connaissance en clown! (”c’t'était correct”, selon son frère!). J’ai longtemps pensé que cette chanson aurait pu pimenter de grands reportages radiophoniques sur la situation autochtone au Canada.

Madeleine Chartrand - Ani Kuni

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On ne peut passer à côté de ce trésor de la chanson pop. Les gens de ma génération la chante depuis leur enfance et le succès est demeuré vissé dans l’inconscient collectif des Québécois. Pas à dire, la fille de Michel et Simone avait scoré dans le mille.

Claude Péloquin - Monsieur l’Indien

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Ceci dit, Madeline Chartrand ne faisait que fumer de la marijuana. Peut-on en dire autant du poète Péloquin et sa prose étrange… l’auteur était obsédé par la surpopulation mondiale et s’était donné comme mandat de ‘dire quelque chose’ aux autochtones. C’est fait.

Richard Desjardins - Nataq

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Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit sur le poète, auteur et pamphlétaire de l’Abitibi? Je vais aller voir son nouveau brûlot intitulé ‘Le Peuple Invisible’. Il a dérangé ma bonne conscience à jamais avec un texte percutant sur l’album LE TRÉSOR DE LA LANGUE de René Lussier.

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Wampanoags, Paranokets
Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Je continue: Naragansetts
Béotuks, Péquots. Je fais une pause.

L’Espagne, la France, l’Angleterre,
Déjà là c’est plus reposant.
Pour discuter vocabulaire,
Faut commencer par être vivant.

Pour assurer notre survie
On a tué bien des personnes.
Leurs noms ne sont pas tous écrits
Dans les registres de la Couronne.

Si j’ai le droit de parler français?
Du fond de mon coeur, des os de mon corps,
Va demander ça aux Iroquois.
Pis profites-en, y en reste encore.

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WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush affirme ne regretter nullement d’avoir lancé il y a cinq ans jour pour jour l’invasion de l’Irak, malgré son “coût humain et financier élevé” - près de 4.000 soldats américains tués et 500 milliards de dollars dépensés. Alors que la question d’un retrait éventuel des forces américaines d’Irak est au centre de la bataille électorale entre les candidats à sa succession, Bush a estimé “compréhensible” le débat sur l’opportunité de cette aventure militaire et ses chances de succès.

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GWB a mis ses GWG, chaussé ses bottes, noué sa cravate et a répété son discours, inlassablement. Et, avouons-le, George en a tenu des discours douteux (voir audio plus bas). Pendant ce temps, les démocrates continuent à hésiter entre deux candidats au fort potentiel; ô scandale, nous découvrons que Barack Obama aurait manqué de respect envers le drapeau! Hmmm… à vous de juger. Mais je vous conseillerais premièrement de porter attention à la lamentable interprétation de l’hymne national: êtes-vous certain qu’il ne s’agit pas d’un malaise? Et si Obama avait été pris de violentes crampes intestinales à l’écoute de cette horreur interprétée avec la subtilité mammouthesque d’un candidat de l’émission American Idol?

Tant qu’à célébrer un tel anniversaire, portons attention plutôt au Star Spangled Banner. Les paroles ont été composées par le poète Francis Scott Key et ont été extraites de ‘Defence of Fort McHenry’ après son bombardement à Chesapeake Bay par les navires anglais en 1812. La musique provient d’une chanson à boire britannique écrite par John Stafford Smith. Le texte comporte 4 strophes et seul le premier est normalement chanté par ses interprètes.

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L’hymne est bien sûr chanté lors de compétitions sportives majeures et pendant les cérémonies protocolaires; comme c’est souvent le cas des chants patriotiques, il est repris de diverses façons avec un degré de respect tout aussi variable. En voici quelques versions, mais juste avant, pour mettre la table, quoi de mieux que la fine prose de George W. Bush?

The George W. Bush Singers - War in Iraq

Tiny Tim - Star Spangled Banner

Chevy Chase - Nat’l Anthem

Betty Dylan - Star Spangled Banner

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Les pièces s’associent parfois toutes seules dans le lecteur. Et cette fois, elles révèlent des motifs beat, juxtaposés à des cris de ralliement pré-rap et des harmonies suaves et mélancoliques livrées par un commandant de vaisseau spatial. La période post-beat américaine a été illustrée avec humour par Mike Myers dans le film So I Married an Axe Murderer. Ah, la poésie des bars enfumés ou se rencontraient jazz et idées! Ken Nordine, un poète à la voix dorée (qu’il a prêtée de nombreuses années à la télévision pour arrondir ses fins de mois) a eu un jour (1966) l’excellente idée de consacrer tout un album aux couleurs de l’arc-en-ciel. Le résultat, surprenant, est toujours disponible sur l’étiquette Asphodel, dirigée par des personnes de bon goût, je dirais.

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Alors qu’au Québec, le mouvement hippie et ses grandes manifestations tardaient à entrer dans une vague significative, la fin des années 60 et le début des années 70 sonnaient déjà l’heure de la récréation pour bon nombre d’Américains. Le moment était venu de remettre en question le gouvernement et sa façon de diriger les affaires de l’état. Prenez par exemple un gars comme Gene B. McDaniels, simple chanteur soul à la voix impeccable. Inspiré par les grands mouvements sociaux, il décide de se transformer en Lef Reverend McD. ou Eugene McDaniels pour lancer un album vital pour le tout nouveau mouvement multi-ethnique en train de naître: Outlaw. Et ça fesse pas mal fort sur les administrations qui ont failli à faire respecter les grands idéaux de justice sociale et ont plutôt envoyé les petits gars se faire massacrer (à moins que ce ne soit le contraire) au Vietnam. Sans oublier bien sûr, un appel à la conscience de la race noire.

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Quelques années plus tard en 1974, un autre vocaliste et poète de talent, Gil Scott-Heron allait pondre une oeuvre majeure ‘The Revolution Will Not Be Televised’; alors que ses grands leaders étaient réduits au silence par la prison ou les balles de revolver (Malcolm X, Martin Luther King), une nouvelle génération d’artistes incitent le peuple noir à une action politique concrète. La pièce au texte très percutant, appuyée par des musiciens plus que solides (BRIAN JACKSON, RON CARTER, HUBERT LAWS) préfigure une culture rap en devenir (The Last Poets).

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Pour une raison encore obscure et qui reste à définir, j’ai décidé d’aposer à ces instants de grâce politico-musicaux un autre moment d’ironie sérieuse créée en 2004 par le toujours intense William Shatner: accompagné par le très excellent orchestre de Ben Folds, celui qui a passé quelques années dans la peau de James Kirk, livre un texte mélancolique et quelque peu décalé intitulé It Hasn’t Happened Yet. Il semblerait que je ne suis pas le seul à apprécier la suave poésie-prose de Shatner, parce qu’on retrouve aussi sur l’album Joe Jackson, Aimee Mann et Henry Rollins et que la pièce Common People a inspiré une oeuvre chorégraphique du Milwaukee Ballet.

Avertissement: l’album ‘Has Been’ de Shatner est addictif.

Ken Nordine - Olive

Ken Nordine - Chartreuse

Eugene McDaniels - Unspoken Dreams Of Light

Gil Scott-Heron - The Revolution Will Not Be Televised

William Shatner - It Hasn’t Happened Yet

Les médias soulignent la mort de René Lévesque. Parlons donc un peu du… trombone! Donc, il y a 20 ans mourait le grand premier ministre qui “fera partie de la courte liste des libérateurs de peuple”. Deux ans plus tard, le compositeur québécois René Lussier remportait le prix Paul-Gilson pour son projet Le trésor de la langue et 5 ans auparavant, je tombais sur le dos après un solo extraordinaire de Gary Valente (photo) au sein du Carla Bley Band en plein devant ma face à la salle Albert-Rousseau. Quel lien entre ces 3 évènements? Il n’y a pourtant pas 7 degrés de séparation!

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Commençons par établir que je suis devenu fou du trombone un certain soir de 1982, alors que j’assistais à un concert du Carla Bley Band. Le tromboniste Gary Valente y soufflait avec force, conviction et émotion; une pièce en particulier avait retenu mon attention: The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah! Un vrai morceau gospel, du genre qui donne le goût de retrouver la foi. René Lévesque, pour sa part, fait une apparition involontaire sur Le Trésor de la Langue, une sorte de dictée musicale sur la langue parlée au Québec - album paru sur l’étiquette Ambiances Magnétiques (aujourd’hui réédité par La Tribu) - dans la pièce Lend’main d’veille au cours de laquelle on entendait la voix du premier ministre doublée parfaitement par l’excellent tromboniste Alain Trudel alors qu’il livrait son discours d’après-défaite référendaire.

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Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

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Pour bien entourer ces moments forts signés Lussier/Trudel et Valente, je proposerais pour commencer Serge Gainsbourg et sa composition Black Trombone (évocatrice, comme toujours avec le Serge première mouture) et un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

The Carla Bley Band - The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah!

René Lussier - Lend’main d’veille

Serge Gainsbourg - Black Trombone

Shirley Ann Hoffmann - Over The Rainbow

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