Parlé, Vocal, Poésie


Bon. Tant qu’à délirer, faisons ça proprement. Cette semaine, puisqu’il m’incombe d’extraire la substantifique moëlle de mon cerveau, j’emprunte exceptionnellement du stock qui provient du blog de Tête Carré (allez voir ça: un francophile nouveau genre!)

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Dégustons ensemble la voix suave et délicate de Maurice ‘Mad Dog’ Vachon, un homme qui nous a tous terrorisés et amusés quand nous regardions la lutte ‘Grand Prix’ ou ‘Sur le Matelas’ sur les ondes de Télé-Capitale. Non seulement a-t-il connu une carrière respectable de lutteur, mais il a aussi poussé la chansonnette…

Et quelle chanson!

Mad Dog était un des rares lutteurs à savoir remplir convenablement un spot de 30 secondes, allant jusqu’à s’écraser des tomates au visage pour avoir l’air encore plus dément! Certains l’ont même vu - à sa retraite, alors qu’il assistait à un combat - retirer sa prothèse de jambe pour en asséner un coup sur la tête d’un lutteur dans l’arène! Un homme de goût au sens du showbiz évident.

Si vous êtes bien fin là, je tente de trouver mon 45 tours de Viviane Vachon, la soeur de Maurice… elle aussi lutteuse de son état!

Maurice Vachon - Le Rap à Mad Dog

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Alors que nous errions «à la recherche de je ne sais quoi», votre humble serviteur et son acolyte Jean-Philippe Boisbriand (fondateurs de l’émission de radio PLAXMOL qui devint par la suite L’HOMME SCALP) avons reçu (et accueilli généreusement !) une petite boîte contenant différents disques de la collection personnelle d’une généreuse donatrice de CKRL.

Le joyau est apparu sans avertissement : un 45 tours de Claude Steben (sous étiquette Lion) contenant les chansons Dos à dos et Bedaine à bedaine. Passons rapidement sur la dernière, une chanson comico-comique à la manière de Patrick Zabé. Mais il fallait retourner le disque pour découvrir le trésor. Et notre plaisir fut grand : la surprise a fait place à l’étonnement, l’incrédulité à l’hilarité la plus complète. Il suffisait de fermer les yeux et d’imaginer la pochade de studio réalisée en 1969. C’est du n’importe quoi : un film d’horreur, un trip d’acide… considérez cela comme il vous plaira.

Plus que bizarre ! S’il venait à un malchanceux réalisateur de vidéoclip l’idée de réaliser une œuvre à partir de ‘Dos à Dos’, voici à quoi ressemblerait le storyboard de la chanson (avec les détails de montage multipiste) :

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Sa femme: “Claude… Claude !” (il ronfle)

Claude : (il se réveille): “Aaaahhh ! J’ai fait un rêve… (effet d’écho, reverb)

Claude : …extraordi-naire !” (coup de gong)

Claude : “J’ai rêvé… que j’étais dans un cime-TIÈRE”

(autre effet de reverb-echo, miaulement de chat au loin, voix typiques de films d’horreur, bruit de cloche, bruit metallique)

Claude : “De partout les morts semblaient ressuscités…” (hurlement de zombie, cris de femmes, pleurs de bébé, rires de bébé)

Claude : “Tous les morts se dirigeaient vers le chateau…”

Claude : “Ah ! C’est invraisemblable ! Je pouvais pas croire qu’on était pour s’amuser là….”

Inconnu : «Hey Claude ! Viens-t-en ! » (tonnerre, voix étranges de films d’horreur)

Inconnu (voix sur un ton sérieux, mais théâtralisée) : “Elle laisse dans le deuil…”

Matante no. 1 : “C’était un bon garçon…”

Inconnu (clairement dans un état second) : “Ah que je m’amuse. C’est trippant !”

Matante no. 2 : “Hey, lui c’était un bon garçon! Y parait qu’y a laissé BEN DE L’ARGENT!”

Matante no. 1 : “Hey! Ils l’ont mis beau, hein? Mon Dieu qu’il est froid!”

(bruit d’une bouteille de bière décapsulée, absorption du breuvage)

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Rappelez-vous simplement que la carrière de Claude Steben a été parsemée de hauts (parfois!) et de bas (souvent). Bien amorcée (en 1965, avec le groupe Les Dalcos), elle a ensuite sombré dans le psychotronique et la chanson crooner de style canal 10 (en duo avec Christine Chartrand) avant de connaître un second souffle avec Les Satellipopettes, un quiz jeunesse permettant à de jeunes candidats de fréquenter de VRAIS robots! L’émission était animée par Le Capitaine Cosmos (Steben lui-même) accompagné par l’extraordinaire athlète (presque) muet appelé Vermicelle.

 

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Faut-il le répéter : Capitaine Cosmos nous le disait bien, lui : «La drogue, C’est pas bon ! Je le sais !» Vous aussi maintenant, le savez !

Je veux remercier l’auteur du blog C’était hier qui a mis la main sur cette pièce de collection. Il faut dire que j’avais sollicité ses services après avoir égaré la copie dont je faisais mention au deuxième paragraphe. Et j’ai tenu compte tenu de la taille incroyable de son audiothèque. Il n’y a pas de hasard dans la vie… lisez plutôt ce que m’écrivait Eiffel après avoir découvert la perle:

…j’ai eu une illumination. J’ai fait comme je fais assez régulièrement je suis arrêté au Village des Valeurs, je me suis dirigé directement au petit rayon de la musique (franchement j’avoue que j’avais un pressentiment), j’ai fouillé dans les quelques centaines de 45 tours accrochés au mur et je suis tombé dessus…”

Remarquez le détail: “j’avoue que j’avais un pressentiment…” Les collectionneurs sont des gens particuliers, c’est le moins qu’on puisse dire. Merci encore Eiffel!

Claude Steben - Dos à Dos

Les médias soulignent la mort de René Lévesque. Parlons donc un peu du… trombone! Donc, il y a 20 ans mourait le grand premier ministre qui “fera partie de la courte liste des libérateurs de peuple”. Deux ans plus tard, le compositeur québécois René Lussier remportait le prix Paul-Gilson pour son projet Le trésor de la langue et 5 ans auparavant, je tombais sur le dos après un solo extraordinaire de Gary Valente (photo) au sein du Carla Bley Band en plein devant ma face à la salle Albert-Rousseau. Quel lien entre ces 3 évènements? Il n’y a pourtant pas 7 degrés de séparation!

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Commençons par établir que je suis devenu fou du trombone un certain soir de 1982, alors que j’assistais à un concert du Carla Bley Band. Le tromboniste Gary Valente y soufflait avec force, conviction et émotion; une pièce en particulier avait retenu mon attention: The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah! Un vrai morceau gospel, du genre qui donne le goût de retrouver la foi. René Lévesque, pour sa part, fait une apparition involontaire sur Le Trésor de la Langue, une sorte de dictée musicale sur la langue parlée au Québec - album paru sur l’étiquette Ambiances Magnétiques (aujourd’hui réédité par La Tribu) - dans la pièce Lend’main d’veille au cours de laquelle on entendait la voix du premier ministre doublée parfaitement par l’excellent tromboniste Alain Trudel alors qu’il livrait son discours d’après-défaite référendaire.

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Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

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Pour bien entourer ces moments forts signés Lussier/Trudel et Valente, je proposerais pour commencer Serge Gainsbourg et sa composition Black Trombone (évocatrice, comme toujours avec le Serge première mouture) et un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

The Carla Bley Band - The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah!

René Lussier - Lend’main d’veille

Serge Gainsbourg - Black Trombone

Shirley Ann Hoffmann - Over The Rainbow

Le visiteur occasionnel de L’Homme Scalp (surtout celui qui ne parle pas la langue indigène ou celle qui me lit là-bas au loin) pourrait en venir à se demander pourquoi son auteur ne commente jamais la scène artistique québécoise, ni ne diffuse ses trésors. Oui, pourquoi? Me demandez-vous.

Je ne saurais trop vous dire. Comme si l’idée d’avoir à me justifier me rendait tout à coup muet. Tiens, passons plutôt à Urbain Desbois. Connaissez? Un gentil garçon, pourtant. Propre de sa personne. Surtout propre de ses idées. Parce que des idées, il en a beaucoup et ça cavale dans sa tête. Alors, il écrit.

Ça donne de beaux résultats et des images émouvantes qui restent fixées à votre mémoire. Luc Bonin (son nom de baptême) fait de son mieux pour ne pas trop vous ennuyer avec du fla-fla littéraire; les phrases sont courtes, elliptiques, bien pesées et toujours efficaces. Parle de lui sans en avoir l’air. Décrit avec précision la réalité à laquelle il tente de s’extraire, pour parfois s’y replonger avec une poésie touchante et moelleuse.

J’aime Urbain. Depuis sa toute première cassette (Ma maison travaille plus que moi) et dans chacun de ses projets et collaborations (Dans l’arène où tu boxes, Plywood 3/4, Rhythm Activism), jusqu’à ses dernières réalisations en solo où on retrouve - derrière une manipulation habile des mots - une tendresse certaine et un certain goût pour la vie.

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Mes chansons ne ne servent à rien
C’est comme des ailes de colibri
Ça va vite vite mais c’est déjà fini
Trop petit le poème sur le bout de la langue

Butine mon coeur si ça te chante
Profite donc de l’occasion et pollinise ma tête

Mes chansons ne ne servent à rien
C’est comme des ailes de poulet
Ça nourrit pas son homme, c’est juste un amuse-gueule
Trop petit le poème en travers de la gorge

Arrache ma tête, elle me démange
Profite donc de l’occasion pour dévorer mon coeur.

(Mes Chansons ne servent à rien)

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J’ai des vagues dans la tête
Et des idées vagues
C’est comme à l’intérieur d’une valise
Après un long voyage

J’ai une tempête dans la tête
Et tout est à l’envers
Le bruit dans mes oreilles
Provient de l’intérieur

Combien de jours dure la vie? Je ne sais pas
Je sais seulement que des fois c’est trop dur
Et que ça prend tout mon temps
Combien de jours, combien de nuit
Je sais seulement que des fois c’est trop dur
Et que ça prend tout mon temps

J’ai des vagues dans la tête
Mais je n’ai pas le pied marin
Tout tourne un peu trop vite autour de moi
Je cherche à fuir, je vais tomber

J’ai un terrain vague dans la tête
Et j’y ai perdu ma boussole
J’aimerais bien la retrouver
Avant que ne tombe la nuit

(J’ai des vagues dans la tête)

 

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Comment veux-tu qu’on survisse?
On est tout’ au salaire minimal.
Y’a pas de danger de faire une overdose
avec des miettes.

Une mordée de pavé
C’est tout ce qui me reste à manger
Travailler c’est trop dur et voler c’est trop haut.

Les gâteux, les séniles qui tiennent le gouvernail
Y se sont pas rendu compte que le bateau est pu dans l’eau.

Moi, c’est vrai, je fais pas grand chose
Je tourne en rond dans mon salon
Les ronds du poêle
Les ronds de fumée
Les tours d’horloge
Les ronds de café.

Ça se pourrait ben que je rêve que tout va finir par changer
Mais j’aime ben mieux rêver
que de faire des cauchemars à l’année.

Les lendemains qui chantent
Qui chantent mais jamais pour moi
Les lendemains que se plantent
Les lendemains qui penchent
Toujours sur le même bord.

(Survicissitude)

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Deux chansons? D’accord. Mais SVP ramassez-moi donc l’album LA GRAVITÉ ME PÈSE et prenez donc vos billets pour son prochain spectacle (pour les gens de Québec, Urbain Desbois est au Petit Champlain le 18 octobre)

Urbain Desbois - La gravité me pèse

Urbain Desbois - Tu n’as pas le temps

Kathy! Batwoman!

Freddé! Robin!

Bruce! Alfred!

Tout un séducteur! Toujours fidèle!

Batmune!

Le bruit fracassant du verre brisé! Le gorille! La vérité démasquée sur le vrai Robin! Et une stupéfiante conclusion, philosophique et grandiloquente: “On ne peut battre un maître à son propre jeu”.

Enfin, mes amis. Vous l’avez, devant vous ! À quelques clics seulement ! La dernière partie de cette extraordinaire aventure de Batmune et de son gai compagnon. Wouououou !

Batmune - partie 6 (more…)

Vous découvrirez, tout au long de ce surprenant 5ème épisode, un côté sombre de Robin contre lequel ne pourront rien Batmune et son distingué mais toujours loyal Alfred. Vous assisterez à des éclats de voix (“Laisse mon bras!”) , à l’enthousiasme du jeune étalon (“Tout doux, tout doux!”), à une certaine tension sexuelle (”Dis-donc Robin, tu n’as pas encore commencé à te dévêtir?“), à des explications savantes (”Mon père m’a entrainé en athlétisme“, mais il a oublié de me montrer à lire) et à la frustration juvénile du jeune Dick (”Attends, mon oeil! J’étais assez bon pour capturer le gorille!!!”)

Quelle histoire, mes chers amis! Quelle histoire renversante…

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Batmune - partie 5

Les deux intrépides jeunes gens sont accompagnés contre leur gré par Batwoman qui finira par leur nuire plus qu’autrement. Vous remarquerez ici une performance hors du commun par l’extraordinaire interprète du double personnage Batwoman-Kathy ainsi que des effets sonores stupéfiants (toujours l’horloge grand-père qui nous instruit paraboliquement sur le temps qui passe) ainsi qu’une pluie de cascades toutes aussi renversantes les unes que les autres!

À moins que ce ne soit qu’un rêve… on ne sait jamais avec les scénaristes! Ils sont si peu prévisibles! On peut déjà se poser la question, si angoissante: Qui des trois triomphera en premier : l’amour, la justice ou la vérité? Vous obtiendrez peut-être la réponse, mes amis. Cliquez ici pour le formidable et palpitant 4ème épisode de cette excitante série!

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Batmune - partie 4

Dans ce troisième épisode, Kathy entend enfin, de la bouche même de son mari, le terrible secret entourant son identité. Le superhéros ne peut risquer de briser toute sa carrière et doit raisonner sa tendre moitié. Derrière cette douce voix se cache une femme dangereuse qui peut mettre en péril la mission de nos deux sympathiques jeunes gens.

N’est-ce pas extraordinaire d’en apprendre plus sur la vie matrimoniale de Batmune? Quel échange! Quelle virilité! Quel écho! Et surtout: “Quelle étrange entrée pour un sous-bassement!”

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Batmune - partie 3

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