Parlé, Vocal, Poésie


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WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush affirme ne regretter nullement d’avoir lancé il y a cinq ans jour pour jour l’invasion de l’Irak, malgré son “coût humain et financier élevé” - près de 4.000 soldats américains tués et 500 milliards de dollars dépensés. Alors que la question d’un retrait éventuel des forces américaines d’Irak est au centre de la bataille électorale entre les candidats à sa succession, Bush a estimé “compréhensible” le débat sur l’opportunité de cette aventure militaire et ses chances de succès.

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GWB a mis ses GWG, chaussé ses bottes, noué sa cravate et a répété son discours, inlassablement. Et, avouons-le, George en a tenu des discours douteux (voir audio plus bas). Pendant ce temps, les démocrates continuent à hésiter entre deux candidats au fort potentiel; ô scandale, nous découvrons que Barack Obama aurait manqué de respect envers le drapeau! Hmmm… à vous de juger. Mais je vous conseillerais premièrement de porter attention à la lamentable interprétation de l’hymne national: êtes-vous certain qu’il ne s’agit pas d’un malaise? Et si Obama avait été pris de violentes crampes intestinales à l’écoute de cette horreur interprétée avec la subtilité mammouthesque d’un candidat de l’émission American Idol?

Tant qu’à célébrer un tel anniversaire, portons attention plutôt au Star Spangled Banner. Les paroles ont été composées par le poète Francis Scott Key et ont été extraites de ‘Defence of Fort McHenry’ après son bombardement à Chesapeake Bay par les navires anglais en 1812. La musique provient d’une chanson à boire britannique écrite par John Stafford Smith. Le texte comporte 4 strophes et seul le premier est normalement chanté par ses interprètes.

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L’hymne est bien sûr chanté lors de compétitions sportives majeures et pendant les cérémonies protocolaires; comme c’est souvent le cas des chants patriotiques, il est repris de diverses façons avec un degré de respect tout aussi variable. En voici quelques versions, mais juste avant, pour mettre la table, quoi de mieux que la fine prose de George W. Bush?

The George W. Bush Singers - War in Iraq

Tiny Tim - Star Spangled Banner

Chevy Chase - Nat’l Anthem

Betty Dylan - Star Spangled Banner

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Je vous faisais entendre il y a quelques jours la voix pénétrante de Ken Nordine. Le style narratif sur disque, c’est du bonbon!  Il y a quelques années, la narration en musique permettait aux non-chanteurs de se faire valoir. Il s’agissait de déclamer en utilisant une voix basse et profonde afin de convaincre l’auditeur de porter attention à une histoire passionnante. Un concept qui s’est avéré efficace et lucratif pour le marché du disque Western. Et ce, bien avant l’arrivée de Sergio Leone et de la musique d’Ennio Morricone.

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Dans le genre, on ne peut passer à côté de ‘Big Bad John’, une chanson dramatico-comique (ou l’inverse, c’est selon) rendue célèbre en anglais par Jimmy Dean et reprise par des dizaines d’interprètes (dont Johnny Cash, Tex Williams et Tennessee Ernie Ford. J’ai choisi de vous présenter celle de Homer and Jethro, un peu moins connue et légèrement modifiée. Le public québécois a eu droit à la version  particulière de Réal Giguère qui l’a endisquée sous le titre ‘Gros Jambon’ (avouez que ça lui allait bien!) et aussi par Léo Rivest, le straightman de Claude Blanchard.

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Tant qu’à présenter des exemples de chansons narratives, il y a aussi ‘Ghost Riders in The Sky’ rendue célèbre par L’Homme en Noir, mais qui rencontre toute sa dimension musicale lorsque interprétée par le groupe Kaleidoscope. Écoutez ça, c’est très prenant. Le succès sans précédant de ces deux pièces explique peut-être la mise en marché de la chanson ‘Ringo’ par l’acteur canadien Lorne Greene de la série Bonanza. La compagnie de disques n’a pas pris de chance et a immédiatement réclamé l’enregistrement d’une version en francais pour le marché québécois. Ça ne manque pas de charme et c’est en même temps un peu ‘corny’ comme disent les Américains.

Homer and Jethro - Big Bad John

Réal Giguère - Gros Jambon

Johnny Cash - Ghost Riders in The Sky

Kaleidoscope - Ghost Riders in The Sky

Lorne Greene - Ringo (french version)

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Rien de tel que la lecture du Journal de Québec pour bien entamer la journée. À preuve, regardez-moi ceci:

Sadomasochisme
La séance a mal tourné

Une Montréalaise de 39 ans est morte samedi soir après s’être rendue chez un résidant d’un quartier cossu de Saint-Bruno pour une séance de sadomasochisme qui aurait mal tourné. Selon les premiers éléments d’enquête policière, elle* se livrait à des pratiques sexuelles particulières avec le résidant du très chic «Sommet Trinité» lorsque son décès est survenu, vers 19h30. «Ils se seraient adonnés à des pratiques sexuelles hors du commun. Nous avons saisi plusieurs objets qui s’apparentent à des articles de torture, mais nous ne donnerons pas plus de détails pour le moment», a expliqué l’agent Martin Simard, de la police de Longueuil.

Bon. J’ai déjà la musique pour accompagner la suite des choses.

Bonne journée.

* 080306 - à la demande d’une amie de la jeune femme, j’ai décidé de ne plus afficher son identité (et ainsi modifié le texte paru dans la Presse). Les règles du Web sont claires; en tout respect et à la première plainte, on opère. Mes salutations à la personne qui s’est manifesté et je l’invite à ré-écrire.

Tom Lehrer - The Masochism Tango

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Les pièces s’associent parfois toutes seules dans le lecteur. Et cette fois, elles révèlent des motifs beat, juxtaposés à des cris de ralliement pré-rap et des harmonies suaves et mélancoliques livrées par un commandant de vaisseau spatial. La période post-beat américaine a été illustrée avec humour par Mike Myers dans le film So I Married an Axe Murderer. Ah, la poésie des bars enfumés ou se rencontraient jazz et idées! Ken Nordine, un poète à la voix dorée (qu’il a prêtée de nombreuses années à la télévision pour arrondir ses fins de mois) a eu un jour (1966) l’excellente idée de consacrer tout un album aux couleurs de l’arc-en-ciel. Le résultat, surprenant, est toujours disponible sur l’étiquette Asphodel, dirigée par des personnes de bon goût, je dirais.

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Alors qu’au Québec, le mouvement hippie et ses grandes manifestations tardaient à entrer dans une vague significative, la fin des années 60 et le début des années 70 sonnaient déjà l’heure de la récréation pour bon nombre d’Américains. Le moment était venu de remettre en question le gouvernement et sa façon de diriger les affaires de l’état. Prenez par exemple un gars comme Gene B. McDaniels, simple chanteur soul à la voix impeccable. Inspiré par les grands mouvements sociaux, il décide de se transformer en Lef Reverend McD. ou Eugene McDaniels pour lancer un album vital pour le tout nouveau mouvement multi-ethnique en train de naître: Outlaw. Et ça fesse pas mal fort sur les administrations qui ont failli à faire respecter les grands idéaux de justice sociale et ont plutôt envoyé les petits gars se faire massacrer (à moins que ce ne soit le contraire) au Vietnam. Sans oublier bien sûr, un appel à la conscience de la race noire.

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Quelques années plus tard en 1974, un autre vocaliste et poète de talent, Gil Scott-Heron allait pondre une oeuvre majeure ‘The Revolution Will Not Be Televised’; alors que ses grands leaders étaient réduits au silence par la prison ou les balles de revolver (Malcolm X, Martin Luther King), une nouvelle génération d’artistes incitent le peuple noir à une action politique concrète. La pièce au texte très percutant, appuyée par des musiciens plus que solides (BRIAN JACKSON, RON CARTER, HUBERT LAWS) préfigure une culture rap en devenir (The Last Poets).

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Pour une raison encore obscure et qui reste à définir, j’ai décidé d’aposer à ces instants de grâce politico-musicaux un autre moment d’ironie sérieuse créée en 2004 par le toujours intense William Shatner: accompagné par le très excellent orchestre de Ben Folds, celui qui a passé quelques années dans la peau de James Kirk, livre un texte mélancolique et quelque peu décalé intitulé It Hasn’t Happened Yet. Il semblerait que je ne suis pas le seul à apprécier la suave poésie-prose de Shatner, parce qu’on retrouve aussi sur l’album Joe Jackson, Aimee Mann et Henry Rollins et que la pièce Common People a inspiré une oeuvre chorégraphique du Milwaukee Ballet.

Avertissement: l’album ‘Has Been’ de Shatner est addictif.

Ken Nordine - Olive

Ken Nordine - Chartreuse

Eugene McDaniels - Unspoken Dreams Of Light

Gil Scott-Heron - The Revolution Will Not Be Televised

William Shatner - It Hasn’t Happened Yet

À la lecture de certains commentaires récents sur le blog de L’Homme Scalp, on peut très certainement affirmer sans se tromper que la sexualité est LE sujet de prédilection pour tous ceux qui se réclament de l’espèce humaine. Et malgré ce qu’on peut croire, les progrès éducatifs sont lents, très lents. Il semblerait que le contenu graphique et les données platement scientifiques ont pris le devant au détriment de la transmission de la simple notion de PLAISIR.

Dans un but purement éducatif, et n’écoutant que son courage, L’Homme Scalp tient à partager avec vous 3 documents audios à propos de l’organe reproducteur féminin qui rendront gloire à ce ‘V’ si précieux que mon ami Henri Le Brésilien surnomme affectueusement ‘tarte aux poils’.

The Four Skins - Her Vagina

The Four Skins est une étrangeté qui provient de la collection extraordinaire de Dana Countryman (je ne sais pas s’il lit le français, mais je le salue bien bas); ça ressemble à un pastiche réalisé par un groupe d’étudiants en gynécologie. Je ne sais pas si vous saisissez le jeu de mots, mais vous chercherez ‘foreskin’ dans le dictionnaire.

Sexual Pleasures - The Vagina

Ensuite, un extrait provenant d’un film documentaire provenant de la série Pent-R-Books’; le document s’appelle Sexual Pleasures. Il faut bien instruire le peuple! Le film précéde un autre documentaire intitulé “Sexual adventures in marriage”. Que dire de plus? Amusez-vous…

Bloodhound Gang - The Vagina Song

Le 3ème extrait est une curiosité, sans plus. Wikipedia en fait ainsi la description:

The Bloodhound Gang est un groupe américain originaire de Quakertown, en Pennsylvanie. Groupe aux paroles volontairement stupides et vulgaires, il a lancé les albums ‘Use Your Fingers’ et ‘Hooray For Boobies’ aux paroles très grivoises.

Pas certain que j’achèterais, mais ça entre bien dans la thématique de la journée.

Parlez-en avec vos enfants… quand ils grandiront, évidemment.

Je faisais mention il y a deux semaines de la série Ultra-Lounge que je ne peux que vous recommander chaudement (excellente musique instrumentale issue des belles années de Capitol Records). Et je me dois d’y revenir parce que la source est littéralement intarissable. Aussi bien vous mettre en contexte.

Alors que je préparais (en compagnie de monsieur Boisbriand) une émission de radio uniquement consacrée à la musique de Noël, nous sommes tombés sur une pièce cachée non-identifiée sur la pochette (c’était la grande mode il y a quelques années de laisser traîner des petits trésors en fin d’album afin d’en augmenter la valeur marchande).

Pour tout vous dire, le fait d’ignorer les détails rendait la pièce encore plus intéressante. Encore une fois, comme dans le cas de Claude Steben (voir page précédente sur le sujet) l’audition tourna rapidement à la répétition obsessive. La voix, l’orgue… tout était là! Un homme à l’accent vaguement espagnol sérénade doucement dans les oreilles de sa douce “Do You Remember Darling…”

Dans le délire qui s’ensuivit, nous nous sommes mis à rêvasser sur son identité. Imaginer le Casanova en Dracula tombeur nous faisait hurler de rire. Et nous étions convaincus de l’humour fin des compilateurs de ces enregistrements Capitol des années 50; nous les imaginions en train d’éditer la compilation et avoir autant de plaisir que nous à l’écoute de cette inquiétante sérénade.

J’ai finalement découvert qu’il s’agissait de Renzo Cesana, un acteur italien au portefolio plus que confidentiel (beaucoup de télévision en fin de carrière) et la chanson “Violets For Your Furs” était en réalité une ballade écrite par Tom Adair et mise en musique par Matt Dennis. Frank Sinatra en avait tiré une version suave et dégoulinante pour son album Songs For Young Lovers. Avouez que chantée comme ça, avec la voix d’un séducteur fini, c’est beaucoup mieux. Pas spécifiquement Noël, je sais. Mais quand même une atmosphère hivernale indéniable…

Ça me rappelle les interludes de TVA lorsque je m’endormais devant le film de fin de soirée. Et que je me réveillais soudain à la musique totalement surréelle de Marc Legland et son organ à pédale qui nous rappelait qu’on devait aller au lit…

Fred est né très petit. Petit à petit, il s’est implanté dans la communauté artistique de Québec. Il aime jardiner son univers sonore, cultivant musique vivante au théâtre, musique morte au cinéma et spectacle spectaculaire. (extrait du site Folie Culture)

L’improvisateur et musicien autodidacte Frédéric Lebrasseur, à sa première participation au projet laklé d’un noël sismique (un buffet musical produit à Québec par Caméléon Designers, Les Soirées de Musique Fraîche et l’imprimeur artisan Laklé) a pondu ce conte très charmant Le p’tit Paganini. Une histoire fascinante, comme lui seule a le talent de les raconter. Fred, en plus d’être un joueur de batterie hors-pair (il a jadis présenté un spectacle de rue intitulé ‘Hommage à Guy Nadon’), est très capable de vous séduire pour mieux vous confondre.

Il produit même l’accompagnement musical avec sa bouche… on se croirait à Télé-Québec!

Est-il vraiment raisonnable de penser à célébrer le Ti-Jésus sans la collaboration de Pee Wee Herman? Laissez braire les mauvaises langues qui tenteront de vous distraire avec des racontars salaces sur Paul Reubenfeld; l’acteur, scénariste et comédien américain a payé sa dette à la société.

Nous avons plus que jamais besoin de son petit costume gris étriqué, de son nœud papillon rouge et de sa joyeuse insouciance. Écoutez ça et dites-moi que j’ai tort…

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