Parlé, Vocal, Poésie


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Formé au milieu des années 70, à une époque où le rock, alors en quarantaine au Québec, était éclipsé par le courant musical néo-folk issu de la contre-culture du début de la décennie, Aut’Chose a fait son apparition en opposant au retour à la terre la vie grouillante des ruelles et l’appel de la route. Le groupe - né de la rencontre du poète rock Lucien Francoeur et du guitariste de formation classique Pierre-André Gauthier - s’est distingué de tout ce qui s’est fait dans le domaine du rock au Québec avec un langage particulier et urbain et des références aux grands thèmes de la mythologie moderne (plusieurs allusions directes à Marilyn Monroe, Janis Joplin et Jim Morrison).

Les textes de Francoeur frappent l’imagination des amateurs de rock avec une poésie crûe et sans compromis :


“Écoute Susie chérie, Mick Jagger y a pas dit qu’t'étais la Reine de l’Underground, Mick Jagger y a dit qu’tu t’prenais pour la Reine de l’Underground. Ça faque les cadenas su mon bicik j’en veux pas. Claire la place, j’veux pu t’voir la face, pousse pas ta luck OK bébé.”

“La tête qui gèle, le crâne qui craque, c’é moé l’freak de Montréal, j’ai mis des ailes à mes bretelles, un stéréo dans mon cerveau, j’ai l’univers dans ma cuillère…”

“J’écris mes chansons, à la lumière de Claude Néon, j’ai passé ma vie dans des clubs de bandits, j’vas mourir comme chu né, gelé d’la tête aux pieds, avec des p’tites filles mal élevées, belles comme des chars simonisés, des grandes garces usagées, belles comme des chars volés…”

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À la sortie du premier album Prends une chance avec moé, les médias québécois ont tenté de comparer et d’opposer les groupes Beau Dommage et Aut’Chose. Selon Lucien Francoeur : “«C’était les deux pôles. D’un côté avec Beau Dommage, tu avais les p’tits “cute”, les gars à “blazer”, les enfants de bonne famille, l’establishment éventuel, le côté sain du trip; et de l’autre, avec Aut’Chose, c’était la “Main” dans son côté le plus solennel, les mangeurs de guédilles grasses, les gars de bicycles, le côté Brylcream, le coat de cuir et l’aspect voyou. Il fallait que tu te branches, d’un côté ou de l’autre. Tu ne pouvais pas être pour Francoeur et pour Rivard en même temps…”

Le groupe s’est aussi permis de citer des grands compositeurs (Nino Rota), de reprendre Brigitte Fontaine (Comme à la radio) et de composer un western humoristique qui ne manque pas de piquant:

Aut’Chose - La vie Weston

(sources : lucienfrancoeur.com, Le Parolier)

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Frank Martel, poète et musicien. Sa vie est entièrement vouée à l’inconnu et au silence qui lui est propre.

Voilà comment est présenté l’auteur derrière les albums Enjambons le désert, Sautons ce repas de midi et le tout aussi bien nommé YÉ-YI-YOU-YA.

Mais dites-vous aussi, lecteurs de L’Homme Scalp, que le poète en question attire mon attention pour des raisons tout aussi aléatoires que sa propension à dé-reeler l’irréel: il colle parfois son front sur celui d’Urbain Desbois et de Nathalie Derome (il faut bien extraire quelque chose du choc des idées) en plus de témoigner fréquemment de l’existence de personnages jugés essentiels à son environnement : le renne, la belette, le mérou, la teigne et la marmotte.

Une poésie hallucinée et l’Ouest Céleste pour la cristalliser: guitare, ukulele, theremin, clavier, basse, batterie. Toute la quincaillerie agitée et secouée par Frank lui-même, Bernard Falaise, Éloi Deit et Michel F. Côté.

Frank Martel - Les Grands Ecarts

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Originaire de Rouyn-Noranda, le duo Geneviève et Matthieu s’est fait connaître avec 3 albums qui ont permis d’exprimer leur désinvolture et de diffuser le produit de leur démarche unique, un savant mélange d’arts plastiques, de poésie, de performance, d’humour et de mélodies. Leur propension à l’originalité se traduit sur scène par une explosion visuelle extravagante et improvisée. Leur statut public demeure toutefois confidentiel et il est largement temps de les faire connaître. Aussi, je recommande chaudement les albums Mélodies et Crions notre joie, ainsi que leur dernière galette Rouge-gorge parue en 2007.

Genevieve et Mathieu - Blue-jeans

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Est-ce que je dois vraiment vous convaincre d’écouter Tom Waits? Thomas Alan Waits - compositeur, chanteur, réalisateur musical, musicien et acteur américain - a produit plus de 21 albums, a collaboré à une dizaine de musiques de films, en plus de participer, comme acteur, à 22 films long-métrage (Sylvester Stallone, Francis Ford Coppola, Jim Jarmusch, Terry Gilliam, Wim Wenders, Robert Altman, Roberto Benigni). Waits débute comme chanteur de night-club avec ses ballades de crooner, mi-parlées, mi-chantées sur fond de jazz, et fait preuve d’un lyrisme éloquent, alors qu’il évoque, dans un style qui rappelle celui de Raymond Chandler ou de Charles Bukowski, le monde désabusé des bars enfumés (Closing Time, The Heart of Saturday Night, Small Change, Foreign Affairs, Blue Valentine).

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Après une longue collaboration avec les réalisateurs américains Francis Ford Coppola (Rusty James, Outsiders, One From The Heart, Cotton Club et Dracula) et Jim Jarmush ((Down by Law, Coffee and Cigarettes), Tom Waits produit une série d’albums beaucoup moins conventionnels dans lesquels il propose une instrumentation éclectique et un sens de la composition et du théâtre qui font de Swordfishtrombones, Rain Dogs et Frank’s Wild Years des oeuvres modernes et exceptionnelles qui tiennent encore la route 20 ans plus tard.

Quelques années plus tard, Waits se lance dans la réalisation de son album The Black Rider en compagnie de l’écrivain et raconteur extraordinaire William S. Burroughs; le disque confirme entre autres son intérêt croissant pour le théâtre.

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Cette courte biographie est insuffisante pour expliquer à quel point Tom Waits est en parfaite concordance artistique avec son temps et laisse tranquillement sa marque sur l’univers théâtral et musical américain. Je vous laisse la pièce Just The Right Bullet qui a en plus un petit côté Ennio Morricone que je trouve particulièrement efficace.

Tom Waits - Just the Right Bullets

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En train de feuilleter l’horaire de l’édition 2008 du Festival de cinéma des 3 Amériques, je tente de me bâtir une programmation personnelle des films à ne pas manquer. Tiens, un volet intitulé REGARD SUR LE CINÉMA DES PREMIÈRES NATIONS! Sommes-nous en train de faire du chemin quant à notre perception des indiens d’Amérique? On pourrait conclure positivement à la lumière de quelques indices, mais j’ai une nature patiente (et parfois pessimiste) et je crois plutôt que nous avons beaucoup de chemin à faire (surtout quand je mesure mon abyssale ignorance de l’histoire des peuples autochtones).

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Vous me voyez venir, j’imagine. J’ai envie, là tout de suite, sans prétention d’illustrer le chemin déjà parcouru avec quelques chansons bien de chez nous.

Muriel Milard - Il n’y a plus de sauvages au Canada

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Un petit trésor de ma collection pour commencer. J’ai vu la madame à paillette pour la première fois dans le spécial Bye Bye de fin d’année à Radio-Canada avant de la voir terminer lamentablement sa carrière quand elle a pris la surréelle décision de peindre ses amis et connaissance en clown! (”c’t'était correct”, selon son frère!). J’ai longtemps pensé que cette chanson aurait pu pimenter de grands reportages radiophoniques sur la situation autochtone au Canada.

Madeleine Chartrand - Ani Kuni

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On ne peut passer à côté de ce trésor de la chanson pop. Les gens de ma génération la chante depuis leur enfance et le succès est demeuré vissé dans l’inconscient collectif des Québécois. Pas à dire, la fille de Michel et Simone avait scoré dans le mille.

Claude Péloquin - Monsieur l’Indien

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Ceci dit, Madeline Chartrand ne faisait que fumer de la marijuana. Peut-on en dire autant du poète Péloquin et sa prose étrange… l’auteur était obsédé par la surpopulation mondiale et s’était donné comme mandat de ‘dire quelque chose’ aux autochtones. C’est fait.

Richard Desjardins - Nataq

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Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit sur le poète, auteur et pamphlétaire de l’Abitibi? Je vais aller voir son nouveau brûlot intitulé ‘Le Peuple Invisible’. Il a dérangé ma bonne conscience à jamais avec un texte percutant sur l’album LE TRÉSOR DE LA LANGUE de René Lussier.

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Wampanoags, Paranokets
Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Je continue: Naragansetts
Béotuks, Péquots. Je fais une pause.

L’Espagne, la France, l’Angleterre,
Déjà là c’est plus reposant.
Pour discuter vocabulaire,
Faut commencer par être vivant.

Pour assurer notre survie
On a tué bien des personnes.
Leurs noms ne sont pas tous écrits
Dans les registres de la Couronne.

Si j’ai le droit de parler français?
Du fond de mon coeur, des os de mon corps,
Va demander ça aux Iroquois.
Pis profites-en, y en reste encore.

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WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush affirme ne regretter nullement d’avoir lancé il y a cinq ans jour pour jour l’invasion de l’Irak, malgré son “coût humain et financier élevé” - près de 4.000 soldats américains tués et 500 milliards de dollars dépensés. Alors que la question d’un retrait éventuel des forces américaines d’Irak est au centre de la bataille électorale entre les candidats à sa succession, Bush a estimé “compréhensible” le débat sur l’opportunité de cette aventure militaire et ses chances de succès.

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GWB a mis ses GWG, chaussé ses bottes, noué sa cravate et a répété son discours, inlassablement. Et, avouons-le, George en a tenu des discours douteux (voir audio plus bas). Pendant ce temps, les démocrates continuent à hésiter entre deux candidats au fort potentiel; ô scandale, nous découvrons que Barack Obama aurait manqué de respect envers le drapeau! Hmmm… à vous de juger. Mais je vous conseillerais premièrement de porter attention à la lamentable interprétation de l’hymne national: êtes-vous certain qu’il ne s’agit pas d’un malaise? Et si Obama avait été pris de violentes crampes intestinales à l’écoute de cette horreur interprétée avec la subtilité mammouthesque d’un candidat de l’émission American Idol?

Tant qu’à célébrer un tel anniversaire, portons attention plutôt au Star Spangled Banner. Les paroles ont été composées par le poète Francis Scott Key et ont été extraites de ‘Defence of Fort McHenry’ après son bombardement à Chesapeake Bay par les navires anglais en 1812. La musique provient d’une chanson à boire britannique écrite par John Stafford Smith. Le texte comporte 4 strophes et seul le premier est normalement chanté par ses interprètes.

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L’hymne est bien sûr chanté lors de compétitions sportives majeures et pendant les cérémonies protocolaires; comme c’est souvent le cas des chants patriotiques, il est repris de diverses façons avec un degré de respect tout aussi variable. En voici quelques versions, mais juste avant, pour mettre la table, quoi de mieux que la fine prose de George W. Bush?

The George W. Bush Singers - War in Iraq

Tiny Tim - Star Spangled Banner

Chevy Chase - Nat’l Anthem

Betty Dylan - Star Spangled Banner

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