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J’ai bien dû la promettre des centaines de fois à probablement une dizaine de personnes de mon entourage. Ceux et ceuses-là sont déjà en train de se bidonner à la simple mention de la mythique cassette ou du mythique CD maison “que je vais te faire quand j’aurai le temps, tu vas voir…”

Et bien sûr, le temps passe. Et vous savez ce que c’est, on oublie et on laisse tomber. Mais à quelque part dans un coin caché de la mémoire, ça travaille et ça cogite. Ça fait que, mesdames et messieurs, la voici enfin cette fameuse compilation. Et je dois, en notes préliminaires, fournir quelques explications.

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Au cours des années, j’ai été tenté de faire des bilans, de revenir sur mes coups de coeur musicaux, de mettre ça en perspective sur une ligne historico-socio-politique. Le fait est que rien ne se passe de façon logique dans la tête des mélomanes, des collectionneurs et des tripeux de musique qui ont souvent tendance à partir dans plusieurs directions, à quitter des sentiers, à se perdre, se retrouver pour ensuite se perdre, tout abandonner et retrouver la foi. C’est comme ça, y’a rien à faire.

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Donc, j’ai tout simplement décidé d’empiler une centaine de chansons en suivant le principe que les coups de coeur et les ‘incontournables’ vont apparaître de temps en temps, mais que les incongruités et les pièces inclassables seront aussi de la partie. Évidemment, j’ai été tenté de faire connaître des choses un peu plus élaborées que j’ai toujours approchées avec une curiosité élémentaire (en souhaitant que vous fassiez de même), mais la compilation risque aussi s’égarer dans des chemins douteux parce que c’est souvent comme ça sans boussole. Par contre, l’émotion sera au rendez-vous.

Alors, visiteurs occasionnels ou réguliers, faites place à la ‘pile de records’ de L’Homme Scalp et téléchargez tranquillement le tout. Il devrait y en avoir pour 4 à 5 CD et pour ceux que ça intéresse, la durée totale de la compilation est de 6 heures, 3 minutes et 18 secondes. Les amateurs de numérologie noteront aussi que les chiffres que je viens de vous donner sont en relation entre eux, ce qui est… heu… vraiment… étonnant, n’est-ce pas?

Le titre du projet: Musique pas d’air. *

À bientôt.

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* Dédié à tous ceux qui m’ont conseillé d’arrêter de perdre mon temps à écouter ce qu’ils appelaient “de la musique pas d’air”.

Michael Boyle (voir son blog dans la liste à droite) est venu à ma rescousse et je lui dois toute ma reconnaissance parce que les COMMENTAIRES sont de retour sur mon blog! Gênez vous pas pour écrire… je vous lis et je vous réponds.

C

J’ai devant les yeux cet après-midi un ciel nuageux, parfois ensoleillé, entrecoupé de quelques gouttes de pluie. Un temps rêvé pour les météorologues incompétents. Rien de tel pour rendre l’Homme Scalp un peu ‘bleu’… vous savez ce genre de bleu dont parlent les faiseurs de chansons. Deux pièces me viennent immédiatement en tête. Pour vous les faire connaître, j’ai choisi des interprétations. Pourquoi? Parce que: archi-connues des amateurs de folk, qu’ils soient anglophiles ou adeptes de la chanson traditionnelle américaine, je pense qu’il est préférable de vous en faire connaître des versions pour vous permettre par la suite d’user d’un peu de curiosité et de creuser un peu pour obtenir les originales.

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Alors voilà: en premier lieu une pièce du répertoire traditionnel, “Man of Constant Sorrow”. Composée par Dick Burnett, un violoneux aveugle du Kentucky, la pièce a connu son air de gloire par les Stanley Brothers, mais a aussi été reprise sur chacun des premiers albums de Bob Dylan, Peter Paul and Mary, Judy Collins, Rod Stewart et Ginger Baker’s Air Force!

Mais il y a fort à parier que vous avez entendu la chanson sous le titre ‘I Am A Man Of Constant Sorrow’ dans l’interprétation fulgurante qu’en a faite le groupe fictif The Soggy Bottom Boys pour le film O Brother, Where Are Thou? (enregistrée par Dan Tyminsky) - un très gros succès country pour démarrer le millénaire, merci au flair légendaire des frères Cohen.

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J’ai connu pour ma part le classique dans une version plutôt obscure enregistrée par Kaleidoscope qui fut probablement le groupe psychédélique américain le plus éclectique à avoir vu le jour à la fin des années 60. La pièce, interprétée à la manière d’une douce balade, contraste avec la complainte mélancolique du texte mais ne manque certainement pas d’émotion.

L’année 2008 marquera le 40ème anniversaire du passage d’une étoile filante dans le firmament du folk anglais. Il faut remercier le légendaire producteur Joe Boyd d’avoir donné sa chance à Nick Drake qui en quelques albums a marqué l’imaginaire musicale d’une quantité considérable d’amoureux de la musique, de gratteux de guitare et de grands garçons désespérés, parfois suicidaires et aussi lunatiques que le britannique. Non seulement, Drake a-t-il frappé le milieu musical folk à son apparition, mais il a aussi vendu plus de disques la décennie suivant sa mort tragique que de son vivant (il aurait eu 60 ans l’an prochain). À ranger à côté de Fairport Convention, Incredible String Band, Syd Barrett, Richard Thompson, Robert Wyatt, Kevin Ayers ou Leonard Cohen.

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L’américain Beck - de son vrai nom Beck David Campbell - a publié 3 interprétations intéressantes et très respectueuses de l’oeuvre de Nick Drake, dont celle-ci (très jolie et bien ficelée): Pink Moon. Et c’est un bon point de départ pour les mélomanes peu familiers avec son œuvre. Sinon, enlignez-vous sur la compilation ‘Way to Blue: An Introduction to Nick Drake’. Recommandée pour les journées de spleen… car elles ne sont pas arrivées pour rien.

Kaleidoscope - Man of Constant Sorrow

Beck - Pink Moon

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