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Je termine ici (enfin! dirons certains) le cycle Musique Pas d’Air entamé joyeusement le 29 mars 2008 dernier. Il s’agissait, si vous vous en rappelez bien d’empiler une centaine de chansons en suivant le principe selon lequel les coups de coeur et les ‘incontournables’ tiennent le haut du pavé, mais que les incongruités et les pièces inclassables sont aussi de la partie. J’ai été tenté de faire connaître des choses un peu plus élaborées que j’ai toujours approchées avec une curiosité élémentaire (en souhaitant que vous fassiez de même), mais il faut aussi admettre que la compilation s’est parfois égarée dans des chemins douteux parce que c’est souvent comme ça sans boussole. Par contre, l’émotion était au rendez-vous.

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Et tout le monde sait qu’un cycle, par définition, revient sur lui-même. Alors on va finir en beauté comme on a commencé avec les néerlandais Ocobar accompagnés par leur ami de Rotterdam Geert Chatrou, champion siffleur international.

Ocobar and Geert Chatrou - Moon Fiesta

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La collection Musique Pas d’Air - qui en passant est sur le point de se terminer - ne pouvait ignorer le Viking de la 6ème Avenue. Je vous en ai déjà parlé en octobre 2007, alors je reprends pour ceux qui n’avaient pas lu l’article:

Moondog, de son vrai nom Louis Thomas Hardin, est un musicien américain né à Maryville au Kansas en 1916. À l’âge de 6 ans, petit Louis visite avec son père une réserve indienne dans le Wyoming; à 16 ans, il devient aveugle après l’explosion d’un bâton de dynamite; à 17, il suit des cours de musique et il devient par la suite artiste de rue pendant plus de vingt-cinq ans, à New York puis en Allemagne.

On retrouve à travers sa musique des influences très diverses (jazz, musiques traditionnelles du Moyen Âge et des Indiens autochtones d’Amérique). Moondog a laissé une œuvre profondément originale, avant-gardiste et inclassable. Je vous recommande pour commencer le classique ‘Moondog’ paru chez CBS en 1969.

Moondog - Down Is Up

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Elle trainaît dans le lecteur audio, celle-là. Faut croire que le fantôme de Paul McCartney traîne toujours. Encore une interprétation. Ça mérite un peu d’explication.

Little Roger and The Gossebumps sont en réalité deux personnes. Roger Clark et Dick Bright, deux iconoclastes de San Francisco se sont fait remarquer à la fin des années 70 avec leur chanson “Gilligan’s Island (Stairway)”, une reprise qui combinait les paroles du populaire thème de télévision avec la musique du classique Stairway To Heaven de Page/Plant. 5 semaines après sa sortie, les gérants de Led Zeppelin menaçaient Petit Roger et les Chairs de Poule de poursuite légale et exigeaient que toutes les copies existantes soient détruites. Tiens, juste pour ça, ça vaut la peine que vous entendiez ça. Une niaiserie, je vous dis.

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Les gars ont continué avec “Kennedy Girl” - basé cette fois-ci sur le célébrissime “Cinnamon Girl” de Neil Young - et ont lancé 25 ans plus tard un premier album intitulé They Hate Us Cuz We’re Beautiful, comprenant de nouveaux enregistrements de 14 chansons extraits de leur matériel original.

Celle-là, un peu ridicule, reprenait le tube de Magical Mystery Tour avec la voix de Elmer Fudd, un célèbre chasseur.

Little Roger and The Goosebumps - Fudd On The Hill

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Sur une note plus légère, il semblerait que Britney Spears aurait retrouvé sa taille de guêpe. N’est-ce pas absolument fantastique? Pourquoi vivre dans l’incertitude quant à l’avenir de la race humaine, quand des nouvelles aussi rafraîchissantes apparaissent dans le paysage médiatique! Ce qui me fait penser que je dois absolument vous parler du projet millénariste de Richard Thompson.

Le guitariste britannique s’est fait demander en 1999 par le magazine Playboy de dresser la liste des 10 plus grandes chansons du millénaire. “Quelle bande d’hypocrites!” s’est-il dit. “Ils ne s’intéressent probablement qu’aux 20 dernières années!” Et il a immédiatement entrepris de leur fournir une liste des meilleures pièces étalées sur 1000 ans, une lente progression musicale de la musique médiévale jusqu’à Britney Spears. Il n’a bien sûr jamais entendu parler des éditeurs de Playboy par la suite.

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Le résultat a donné lieu à l’élaboration d’un excellent concert - Richard Thompson - 1000 Years of Popular Music - toujours en tournée présentement. Accompagné par la chanteuse-claviériste Judith Owen et la percussioniste Debra Dobkin, Thompson offre des interprétations magnifiques de “Sumer Is Icumen In” écrit en 1260, “King Henry V’s Conquest of France” du 15ème siècle, “Blackleg Miner” du 19ème et de “Orange Colored Sky” de Nat King Cole. Et bien sûr du classique de Britney.

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Richard Thompson - Oops! I Did It Again

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Ça va faire les niaiseries à propos des divas de ce monde. Revenons aux racines, encore une fois. Voici une voix. Une vraie voix. Complètement craquante, tellement elle est sincère. Celle de Hiram “Hank” King Williams, chanteur, guitariste et compositeur américain, devenu une icône de la musique country et du rock et l’un des plus influents musiciens du XXe siècle.

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“Quand j’écris à propos de Hank Williams qu’il est ‘cent étages plus haut que moi dans la tour de la chanson’, ce n’est pas par modestie. Je sais où Hank Williams se situe dans l’histoire de la chanson populaire. Des chansons comme Your Cheatin’ Heart sont sublimes, et en comparaison je me considère comme un bien piètre écrivain.”— Leonard Cohen

Hank Williams - Ramblin’ Man

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En 1999, Debashish Bhattacharya (de Calcutta) et Bob Brozman (de New York) montaient sur la scène de Place d’Youville dans le cadre du Festival d’Été de Québec pour offrir une série de concerts hors du commun et absolument inoubliables qui se sont transformés soir après soir en évènements dont on peut très certainement dire qu’ils ont ouvert les oreilles et élargi les horizons musicaux des spectateurs présents.

Les deux musiciens combinent un répertoire unique et une connaissance unique des sonorités et des techniques dont peu de guitaristes peuvent se vanter, avec une capacité exceptionnelle de compréhension de l’univers des musiciens qui les accompagnent et un sens du détail rare. De leur association résulte une musique riche en improvisation et une approche cohérente de la dynamique orient/occident et une redéfinition des rôles rythmique et mélodique attribués conventionnellement aux duos de guitares.

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Brozman, en ethnomusicologue averti, avait bien pris la peine d’expliquer à l’auditoire de Québec à quel point il se sentait humblement privilégié de partager la scène avec un musicien de la trempe de Debashish. Bhattacharya a développé entre autres un instrument innovateur : la “Hindustani slide guitar“. Il s’agit d’une guitare Hofner à laquelle il a ajouté une plateforme de bois tout le long du manche permettant l’ajout de 17 cordes à résonance sympathique, ajoutant des possibilités rythmiques et harmoniques des plus intéressantes (en tout, 22 cordes !). Debashish Bhattacharya est probablement un des plus grands joueurs de guitare slide; sa technique et sa sensibilité ont complétement envouté la foule et des années plus tard, j’en suis à peine revenu.

Debashish Bhattacharya / Bob Brozman - Maa

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Carter et Ralph Stanley ont fondé en 1946 les Clinch Mountain Boys, probablement le premier groupe à adopter un nouveau style musical développé par Bill Monroe: le bluegrass. Le premier chantait et jouait de la guitare, alors que le deuxième assurait au banjo en plus de doubler et harmoniser avec une splendide voix de haut-ténor. Carter Stanley a été reconnu comme une des plus belles voix de l’histoire de la musique country. La carrière de Ralph vient de renaître et a eu droit à une poussée bienfaitrice engendrée par le succès phénoménal du film ‘O Brother, Where Art Thou?’ dont la bande originale reprenait leur vieux succès (I’m A) Man of Constant Sorrow. Les frères Stanley vous rappellent simplement que de temps en temps, on a besoin d’une petite prière…

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The Stanley Brothers - Standing In The Need Of Prayer

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Un classique de la musique progressive, bien que légèrement obscur pour les mélomanes québécois amateurs du genre qui ont probablement manqué ce petit trésor. L’album est paru en 1986 sous le titre KINO et offrait les talents combinés de deux artisans chevronnés de la musique allemande: Eroc, batteur de Grobschnitt et multi-instrumentiste. Hans Reichel, guitariste plutôt original, patenteur renommé et inventeur quelques années plus tard du très déroutant daxophone.

Des pièces instrumentales très étoffées, inventives, texturées, excentriques et drôles, un climat de liberté et par dessus tout, un album où règne le plaisir. Très différent des créations offertes habituellement par chacun des deux créateurs. Très chaleureusement recommandé par L’Homme Scalp, l’album a été ré-édité sous le titre The return of Onkel Boskopp.

Eroc and Hans Reichel - Sari’s Waltz

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