Bob Dylan revient pour une troisième année à la barre de l’émission THEME TIME RADIO HOUR sur XM Radio. La légende de la musique folk américaine a non seulement un goût indiscutable en matière de musique racinaire, mais il a aussi une grande voix de radio et un style inimitable. Son équipe de production a monté une émission unique avec un concept simple et efficace : diffuser des pièces à partir de thématiques variées autour de mots simples (weather, mother, drinking, baseball, coffee, jail, father, wedding, cars, devil, dogs, food, halloween, dance, food, moon, hair, luck, tears); une façon comme une autre de transformer les auditeurs en véritables ethnologues de la culture musicale américaine.
Les émissions ont été archivées et publiées après leur diffusion initiale grâce au travail acharné de quelques blogueurs passionnés (dont celui-ci et celui-là). Voici une occasion unique d’augmenter vos connaissances et de vous bâtir une collection riche et diversifiée de chansons issues de l’héritage culturel américain. Dylan ne perd pas trop de temps en parole (il n’a pas l’habitude de bavarder inutilement) et présente tout cela de façon assez amusante. L’Homme Scalp servira de relais à chaque semaine, mais je vous invite à mettre la main sur le contenu des deux premières saisons, ça vaut la peine.
Les partis politiques et groupes de pression ont-ils réussi enfin à maîtriser les médias électroniques et la culture de masse pour arriver à faire passer leur message? Depuis le fameux débat des chefs qui avait tant réussi à John F. Kennedy, les grands stratèges essaient, campagne après campagne, de manipuler la population avachie devant son sofa et préoccupée à ne penser à rien. Petit survol.
La famille, c’est important! C’est du moins ce que tente de nous faire avaler le chef conservateur Stephen Harper en serrant des petits enfants dans ses bras et en leur passant la main dans les cheveux. Parce qu’il se souvient à quel point on avait insisté sur l’image désolante de mauvais père laissée par le reportage qui le montrait en train de reconduire son fils à l’école. Pas de petit baiser, non. Il s’était contenté de lui SERRER LA MAIN!
Le Parti Québécois a finalement mis le couvercle sur la marmite de l’identité nationale. C’est dire à quel point la patate est chaude et doit être considérée avec prudence par les spin doctors. Alors que c’est pourtant tellement simple à expliquer. Même à un français ‘dans la lutte’…
Les jeunes libéraux y vont eux aussi de leurs sarcasmes pour tenter d’attaquer leurs adversaires. Peut-on parler de réussite? À vous de juger…
Le NPD a opté pour une campagne polarisée, du type ‘good and evil’. Mais la publicité télévisée est quelque peu… grossière et prend les électeurs pour des enfants. Jack Layton devra y repenser, je crois.
Il pourrait entre autres utiliser les arguments du citoyen Robert Gratton qui a un message à passer aux immigrants et aux adversaires de la liberté d’entreprise au Canada. J’en ai la feuille d’érable qui vibre et les bouts qui viennent durs, durs!
Jean Charest a vraiment bien tiré son épingle du jeu en demeurant relativement discret tout en tirant sur les bonnes ficelles lorsque le moment était opportun. Il a même profité du débat sur les coupures dans la culture (que Harper a très mal géré) pour réclamer le rapatriement des compétences en culture et en communication. En attendant, puisqu’il faut savoir se la fermer de temps en temps, le chef libéral fait un excellent magret de canard dont il nous livre ici la recette.
Stéphane Dion a déjà fait ses preuves en matière d’autopeluredebananisation, alors nous nous attarderons ici sur un autre aspect de sa tendre personnalité. Bien avant le déclenchement de la campagne, il a eu l’idée de rejoindre ses excellents “amis” de Facebook pour tenter de les rallier à sa cause.
Stephen Harper devrait faire confiance au pouvoir du terroir. Tout engoncé dans les formalités de la langue française, il passe très mal la plupart du temps. Alors qu’il est capable d’improviser, comme on peu le constater dans cette remarque juteuse et sucrée. On serait quasiment tenté de le trouver sympathique.
Stéphane Dion, encore. Entouré de conseillers politiques avisés et experts en communication de masse, il tente ici de nous persuader qu’il est le politicien “le plus hot”. Rien de tel que l’utilisation d’un jargon normalement attribué aux masses laborieuses pour recruter de nouveaux fidèles.
Jack Layton tente de rejoindre lui aussi la base de la société canadienne : la famille. Le chef néodémocrate a fait reluire sa moustache (il faut bien embrasser quelques bébés) et en bon politicien sexy qu’il est (c’est du moins ce que les Canadiennes affirment en sondage) il va vous regarder dans les yeux et parler calmement comme un bon père de famille rassurant.
Elizabeth May a fait son chemin jusqu’au débat des chefs, de peine et de misère. Mais il faut aussi savoir que la cheffe du parti Vert n’a pas daigné se munir d’un video électoral. Comme si ça ne convenait pas à son style. Elle pourrait peut-être recycler ce document qui date de 1978. Avouez qu’elle passe bien.
Et je vous laisse avec le pire. Alors qu’on pensait que c’en était terminé des chansons à la Stéphane Venne dans les années 70, le Bloc Québécois croit que la formule tient encore et va galvaniser ses militants. Voici la chanson du Bloc Québécois interprétée par Matt Laurent (mp3 audio en bas du texte)
Hé, misère…
Le Bloc répond Présent!
J’ai pas envie de me taire
J’veux pas qu’on me dise quoi faire
Je dérange dans les ministères
J’en ai assez d’être locataire
Je préférerais être propriétaire
Reprendre possession de ma terre
Gens de guerre, doctrinaires
Qui se foutent de mon air, de mes rivières
Pour enrichir les pétrolières
Quand à ma langue on fait des misères
Que ma culture devient secondaire
J’peux pu laisser faire
Avec cœur et avec force
Pour une cause à défendre
Sans peur et sans reproche
Avec cœur et avec force
Allons nous faire entendre
Le Bloc répond Présent!
Le Bloc répond Présent!
Si parfois, j’ai l’air en colère
C’est pas juste mon caractère
C’est parce que je suis fier
L’arrogance, c’est pas notre façon de faire
On aimerait plus de respect dans vos manières
Au Québec on préfère, les gens solidaires
Avec cœur et avec force
Pour une cause à défendre
Sans peur et sans reproche
Avec cœur et avec force
Allons nous faire entendre
Le Bloc répond Présent!
Un peuple, une âme, une nation
Un rêve, une voix, une raison
Le Bloc répond Présent!
Un peuple, une âme, une nation
Le Bloc répond Présent!
Un rêve, une voix, une raison
Avec cœur et avec force
Pour une cause à défendre
Sans peur et sans reproche
Avec cœur et avec force
Allons nous faire entendre
Le Bloc répond Présent!
Avec cœur et avec force
Pour une cause à défendre
Sans peur et sans reproche
Avec cœur et avec force
Pour qu’on nous respecte
Présent pour le Québec
Un peuple, une âme, une nation.
Toujours dans un souci de digestion, un nouvel ingrédient s’ajoute à notre pâté de campagne de la semaine dernière: l’ami François G. (il n’en manque pas une, celui-là) m’avise que la candidate libérale Hélène Leone, venue de l’ouest (introduire ici musique d’Ennio Morricone) pour battre Josée Verner, est non seulement le cas le plus pathétique de cours de parachutisme fédéral (elle réside à l’hôtel le temps de faire sa campagne électorale, quelle implication dans la circonscription), mais elle a dans son placard personnel une carrière lumineuse dans le domaine de la chanson. L’automne prend ses droits, l’unifolié est agité par un vent qui balaie ça et là quelques feuilles multicolores qui deviendront bientôt des ‘feuilles mortes’. Hit it, Hélène! On t’écoute.
L’estomac crie famine? Un petit creux? C’est l’heure du pâté de campagne dans le cadre de l’élection fédérale canadienne! J’attire votre attention aujourd’hui sur le journaliste Sylvain Drapeau parachuté par LCN dans la région de Québec. On peut très certainement douter des intentions du reporter qui multiplie les déclarations biaisées et les commentaires ouvertement pro-souverainiste dans le cadre de son travail qui consiste, je le répète, à rapporter les faits.
Drapeau, dans son topo en direct (et vous pouvez le constater à 1 min 30 du reportage), parle du candidat conservateur “pentecôtiste” Luc Harvey, alors que le politicien ne fait que courtiser les électeurs d’un groupe religieux. Pas trop correct, me semble! Allez lire l’info telle qu’elle est sortie dans le Devoiret commentée par la suite ailleurs, et comparez ça avec les propos du journaliste. Tendanceux, biaisé et malhonnête.
Ils sont la mascotte de L’Homme Scalp. Quand l’auteur de ces lignes a besoin d’un petit remontant, NRBQ est la solution toute désignée. Trois documents essentiels pour ceux qui auraient manqué leur passage au bar spectacle Le D’auteuil il y a je ne sais plus trop combien d’années: “12 Bar Blues” (spectacle 35ème anniversaire), un message d’importance de leur gérant aux fans des NKOTB et une performance énergique de “I got a Rocket in My Pocket” à la défunte émission Night Music.
«Je vais rebondir!» De son domaine dans les Laurentides, Lise Thibault, l’ancienne représentante de la reine à Québec, soutient ne pas s’inquiéter outre mesure de tout le bruit qui entoure l’enquête menée par la Sûreté du Québec sur ses dépenses de fonction. (La Presse, 24 septembre 2008)
Je crois que ça s’impose : retournons dans le passé avec Monsieur Tranquille. Bonne chance!
Tout le brouhaha autour de la listériose a donné lieu à des excès médiatico-politiques qui m’ont fait sourire et parfois réfléchir (ça arrive, vous savez). Les médias ont-ils tant que ça votre santé à coeur? Qu’en est-il de leur intérêt? Avant le déclenchement des élections, les réseaux d’information en continu (LCN, RDI) n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent. Rien de tel qu’une bonne panique autour de la contamination. Alimentaire, mon cher Watson! Ils n’ont certainement pas évalué l’impact de la crise sur les petites entreprises et les fromageries fines qui font travailler des dizaines et des dizaines de personnes et sont vitales pour leur économie locale. Pourront-elles se remettre de pertes de plusieurs centaines de milliers de dollars?
Gilles Duceppe, tel un visionnaire, avait tenté de nous prévenir sur les dangers du lait crû. En visite dans une fromagerie fine, le chef bloquiste avait usé de toute la prophylaxie nécessaire et s’était protégé contre toute contamination possible (sauf bien sûr celle de se faire battre à plate couture dans la région de Québec). Pour revenir à la paranoïa autour des produits de la compagnie Feuille d’Érable, je n’ai pu m’empêcher de penser à une extraordinaire chanson du groupe français Odeurs. Ramon Pipin et ses amis ne s’étaient pas trop gênés pour démontrer de façon “graphiquement auditive” à quel point la consommation du cochon et de ses composantes est en réalité un acte de foi (de foie?) pour celui ou celle qui déguste.
Comme l’écrivait un internaute anonyme sur le site web de la FNAC, Ramon Pipin’s Odeurs restera définitivement LE seul grand groupe de rock français de la fin des années 70, loin devant Téléphone, Trust et les Compagnons de la Chanson. Les remugles les plus savoureux et fragrances les plus capiteuses de Odeurs ne sont pas seulement indispensables; à l’heure où le politiquement correct est devenu LE modèle soci(ét)al dominant, ils sont rien de moins que cruciaux.
D’autres parts, il faut le dire haut et fort : Stéphane Dion deviendra fort probablement la star de la campagne électorale. Ses interventions verbales sont à surveiller de très près, en particulier lorsqu’il sort de son texte. Alors qu’il défendait son image publique - pilonnée par les campagnes bloquistes et conservateurs - le chef libéral a livré ce témoignage particulièrement éclairant sur sa “vraie nature”.
Faut croire que j’ai pris un break de ma discothèque et que j’ai plutôt ouvert ma médiathèque! Inspirons-nous du travail colossal de Rappaz (de son extraordinaire site Le bêtisier et de son ouvrage Entendu à Montréal) et inaugurons dès aujourd’hui la chronique Pâté de campagne dans laquelle votre humble serviteur fera part de ses meilleures trouvailles auditives ou visuelles pendant la campagne électorale fédérale que vient de déclencher Stephen Harper.
Une citation vous a chaviré? Une déclaration vous a bouleversé? Un politicien vous a fait éclater de rire? Un simple citoyen vous a ému par sa sagacité ou son ignorance? Faites-m’en part. Je publierai cela ici même.
Rien n’arrête un politicien. Pas même une crise de listériose. Il est prêt à tout. Même à se gaver de petits fours, de spaghetti, de petits poulets, de sandwichs en triangle et pourquoi pas, de pâtés de campagne.
Stéphane Dion, avec la fougue habituelle qu’on lui connaît, ouvre le bal avec cette déclaration stupéfiante:
“Non seulement on va se battre tous les jours, les 37 prochains jours pour le Canada auquel nous croyons, mais en plus… ON VA AVOIR DU FUN!”
Entendu dans un corridor ce matin:
“Stéphane Dion, c’est comme un mélange à muffin mal brassé. Y’é plein de grumeaux!”