Lounge


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Prenez une grande respiration, expirez. Bon. Ça va mieux, n’est-ce pas? Rencontrez maintenant l’allemand Max Raabe, chanteur et directeur du Palast Orchester. Cet ensemble travaille à recréer la sonorité très particulière de la musique de film et de danse des années 20 et 30, avec un intérêt tout particulier pour les fameux Comedian Harmonists dont il a déjà été question dans ces pages.

En plus d’écrire des musiques originales et de jouer le rôle de Mack the Knife dans l’Opéra de quatre sous de Kurt Weill et Bertholt Brecht aux côtés de Nina Hagen, il a aussi créé des reprises bien personnelles de chansons pop modernes, toujours avec cette esthétique teutonne impayable qui fait sa marque de commerce. Le Palast Orchester est présentement en tournée dans plusieurs villes américaines.

Max Raabe - Oops… I Dit It Again (Britney Spears)

Max Raabe - Super Trooper (ABBA)

Max Raabe - We Will Rock You (Queen)

Max Raabe - Sex Bomb (Tom Jones)

Quelques versions du classique de Britney se retrouvent ici.

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Je viens de remarquer - après consultation de la programmation - la présence de Cyro Baptista au Festival d’Été de Québec 2008. il s’agit du fantastique percussionniste brésilien des innombrables projets du compositeur arrangeur saxophoniste new-yorkais John Zorn. Je vous dis ça comme ça (en passant, parce qu’on y reviendra): Allez le voir et l’entendre.

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Pendant ce temps-là, on va savourer une petite pièce savamment ficelée, comme seule Zorn peut le faire. Dans le cadre de la série Filmworks, il s’est amusé à livrer sa propre version de ce qui serait, selon lui, une véritable bande sonore pour les films de son choix. Des projet réels ou fictifs. Pour illustrer la carrière de l’artiste Maya Deren, Zorn a agencé des ambiances minimalistes, du easy-listening et des petits motifs courts et répétitifs. C’est efficace et encore une fois très réussi. L’album s’appelle Filmworks X - In the mirror of Maya Deren. y entend Erik Friedlander (violoncelle), Jamie Saft (piano, claviers, wurlitzer), Cyro Baptista (percussions) et John Zorn (saxophone et percussions sur quelques titres).

John Zorn - Haiti

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Vous rappelez-vous du sympathique personnage de la punaise de sacristie développé par Guy A. Lepage dans le cadre de l’émission Rock et Belles Oreilles? Oui, celui-là. La madame dans le jubée qui a mis trop de parfum et de fond de teint et surtout sa voix de crécelle énervante quand elle entonne des chants religieux!

Madame Elva Miller me fait inmanquablement penser à ça à chaque fois. Elle est un véritable phénomène, une pionnière de la chanson mauvaise à mettre sur le même piédestal que la québécoise Madame Saint-Onge dont le succès est toutefois beaucoup plus confidentiel. Au début de sa carrière, un publiciste a osé écrire: “…Mrs. Elva Miller of Claremont is the most exciting singing sensation since the Beatles.” Pas sûr.

En bonne aspirante chanteuse, Ms. Miller a fait des pieds et des mains pour faire sa place dans le monde artistique. On peut dire dans son cas qu’elle s’est battue pendant plus de 58 ans avant de lancer son premier album. On lui a fréquemment conseillé d’abandonner la chanson, mais elle a tenu bon et a même étudié le chant pendant 7 ans au Pomona College. Et contre toute attente, madame Miller a vendu 250,000 copies d’un album essentiellement composé de grands succès et de reprises de classiques célèbres. Sans oublier une apparition mémorable au Ed Sullivan Show.

Rock On, Grandma!

Ms. Miller - The Girl From Impanema

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On va se détendre un peu. Après un décompte rapide, je crois bien posséder une trentaine de versions de Fever, un classique pop du milieu des années 50. La chanson, d’abord lancée par Little Willie John est devenu un standard de la musique pop après l’ajout de paroles par Peggy Lee qui en a fait un succès encore plus grand.

Fever est le meilleur exemple de la pièce à l’écriture parfaite que rêvent de pondre les faiseux de cash de l’industrie du disque. La mélodie et le rythme accrochent et vous vissent le cerveau dans le temps de le dire. Reprise par James Brown, Michael Bublé, Sam Butera, Ray Charles, The Cramps, The Doors, Bob Dylan, Brian Eno, Ella Fitzgerald, les Grateful Dead, The Jam, Tom Jones, La Lupe, Madonna, Bette Midler, Nina Hagen, Rita Moreno, les Neville Brothers, Elvis Presley, Quincy Jones, les Pussycat Dolls ou Suzi Quatro, elle demeure intègre et se suffit à elle-même.

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J’en sors une du tas parce qu’elle s’est présentée au bout de mes doigts, c’est tout. Mais c’est une excellente version. Armando ‘Buddy’ Greco est un musicien trop talentueux qui n’a probablement jamais réussi à composer pour lui-même, mais qui posséde le don rare de réarranger et réinterpréter à peu près n’importe quoi dans à peu près n’importe quel genre. Le natif de Philadelphie peut aussi mettre sur sa feuille de route un concert devant la reine Elizabeth II en compagnie d’un certain groupe de jeunes gens originaires de Liverpool…

Claquez vos doigts et transformez votre salon en karaoke!

Buddy Greco - Fever

Oui, oui. Je sais. Pas trop bavard, par les temps qui courent. Que voulez-vous… des obligations et très occupé. Dois-je le répéter? Ce blog n’existe que dans un contexte de plaisir. So wait for the shit to come!

En passant, je tiens à aviser que je ne vous parlerai pas du massacre annuel de la Saint-Valentin. Ça m’énerve trop. Si vous saviez ce que nous avons fait, moi et madame, je ne suis pas certain que vous vous en remettriez… c’était pourtant très romantique.

Je suis en très de faire du gros ménage sur mon ordinateur. Et le toujours très suave et élégant Dick Cheese (pas certain que je veux vous la traduire, celle-là!) m’amuse comme toujours avec des réinterprétations de classiques du cinéma et de la télévision. En attendant la prochaine page, voici pour votre bon plaisir un thème bien connu. Dédié aux nerds de la G des **** !

Écoutez ça: Richard Cheese - Darth Vader’s Theme

Je ne pouvais terminer cette première compilation de Noël 2007 sans partager avec vous un enthousiasme non-modéré (comme disent les Anglais) pour le talent considérable du canadien Jaymz Bee et son Royal Jelly Orchestra. Paru en 1995 sous Leisure Lab (une sous-étiquette appartenant à BMG), l’album A Christmas Cocktail regroupe une pléthore de grands classiques de Noël réarrangés avec grand talent par Jono Grant (claviériste et guitariste de talent), chantés et animés par Jaymz Bee (chanteur-crooner, comédien) accompagnés par la crème de la crème (l’orchestre de la gelée royale!) de la musique torontoise.

Les arrangements s’inspirent des hauts sommets de la musique instrumentale des années 50 avec plusieurs citations judicieuses pour l’auditeur attentif (musique de série télévisée, rythmiques parfaitement fromagées ou complètement déjantés, jazz lounge). L’ensemble est très souvent comparé à celui de Richard Cheese, mais on note des différences très sérieuses en ce qui a trait à l’épaisseur de l’enveloppe sonore (8 musiciens, choeurs) et la multitude des influences musicales.

Je n’ai pu me résoudre à en choisir une seule - l’album devient de plus en plus difficile à trouver en magasin (mais se déniche rapidement sur internet, par contre) - alors, j’ai décidé d’en inclure 3 pour le prix d’une seule: “It’s Christmas Time (Oh Yeah)”, “Sleigh Ride” et “Carol of The Bells” intégrées dans un montage que j’appelerai A Christmas Medley.

Je faisais mention il y a deux semaines de la série Ultra-Lounge que je ne peux que vous recommander chaudement (excellente musique instrumentale issue des belles années de Capitol Records). Et je me dois d’y revenir parce que la source est littéralement intarissable. Aussi bien vous mettre en contexte.

Alors que je préparais (en compagnie de monsieur Boisbriand) une émission de radio uniquement consacrée à la musique de Noël, nous sommes tombés sur une pièce cachée non-identifiée sur la pochette (c’était la grande mode il y a quelques années de laisser traîner des petits trésors en fin d’album afin d’en augmenter la valeur marchande).

Pour tout vous dire, le fait d’ignorer les détails rendait la pièce encore plus intéressante. Encore une fois, comme dans le cas de Claude Steben (voir page précédente sur le sujet) l’audition tourna rapidement à la répétition obsessive. La voix, l’orgue… tout était là! Un homme à l’accent vaguement espagnol sérénade doucement dans les oreilles de sa douce “Do You Remember Darling…”

Dans le délire qui s’ensuivit, nous nous sommes mis à rêvasser sur son identité. Imaginer le Casanova en Dracula tombeur nous faisait hurler de rire. Et nous étions convaincus de l’humour fin des compilateurs de ces enregistrements Capitol des années 50; nous les imaginions en train d’éditer la compilation et avoir autant de plaisir que nous à l’écoute de cette inquiétante sérénade.

J’ai finalement découvert qu’il s’agissait de Renzo Cesana, un acteur italien au portefolio plus que confidentiel (beaucoup de télévision en fin de carrière) et la chanson “Violets For Your Furs” était en réalité une ballade écrite par Tom Adair et mise en musique par Matt Dennis. Frank Sinatra en avait tiré une version suave et dégoulinante pour son album Songs For Young Lovers. Avouez que chantée comme ça, avec la voix d’un séducteur fini, c’est beaucoup mieux. Pas spécifiquement Noël, je sais. Mais quand même une atmosphère hivernale indéniable…

Ça me rappelle les interludes de TVA lorsque je m’endormais devant le film de fin de soirée. Et que je me réveillais soudain à la musique totalement surréelle de Marc Legland et son organ à pédale qui nous rappelait qu’on devait aller au lit…

La musique de Noël vous ennuie-t-elle?

La question mérite d’être posée.

C’était mon cas jusqu’à ce que cette version Mambo du Petit Renne au Nez Rouge arrive à mes oreilles. Billy May était un arrangeur très profilique à la belle époque où les Studios Capitol accueillaient dans centaines de musiciens pour l’enregistrement d’albums instrumentaux. Jusque là réservées aux collectionneurs, les meilleurs galettes cuisinées par Capitol Records sont de retour chez votre disquaire grâce à l’extraordinaire série Ultra-Lounge que je ne peux que vous recommander.

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