Jazz, Actuel, Improv


sptfc063.jpg

Poursuivons avec CRO MAGNON. Et enfargeons-nous encore une fois dans une description réductrice de la musique produite ici par ces artistes belges: “musique de chambre urbaine avec influence folk“, qu’en dites-vous? Disons que je vous aurais normalement introduit plus doucement à la musique très particulière des compositeurs de ce côté-là de la musique moderne, mais il s’agira aujourd’hui d’une petite saucette.

Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Si vous appréciez les compositions habiles et intelligentes de Art Zoyd, Univers Zéro et The Penguin Cafe Orchestra, Cro Magnon a ce qu’il vous faut en qualité, en finesse d’éxécution avec une touche d’humour qui rend le tout très comestible. On est définitivement dans un univers de musique classique, mais on est pas très loin du jazz, du folk et du rock. Pas de batterie, mais rythmiquement très fort.

Goûtez-moi ça!

Cro Magnon - Matonge

459px-rockinopposition_flyer.jpg

Etron Fou Leloublan est un groupe rock progressif de l’avant-garde musical français. Ses membres ont créé 5 albums studio et 1 album en spectacle au cours d’une carrière qui s’est étalonnée entre 1976 et 1985. Ils sont venus à mes oreilles alors que le groupe était à son meilleur avec un album assez fantastique intitulé Les Sillons de la Terre où on retrouvait entre autres Le Lavabo, une chanson assez obsédante merci.

ferdinand.jpgguigou.jpg
jo.jpgbruno.jpg

L’ensemble a fait sa marque avec un sens de la dérision que n’aurait pas renié Alfred Jarry et a par la suite évolué très rapidement au contact des autres formations européennes issues du mouvement Rock In Opposition (Henry Cow, Univers Zero, Stormy six, Samla Mammas Manna), un collectif destiné à développer un réseau parallèle de distribution, de promotion et d’organisation de concerts. La formule développée par le bassiste Ferdinand Richard, le saxophoniste Bruno Meillier, la claviériste Jo Thirion et le batteur Guigou Chenevier était très efficace: Free Jazz, Free Rock, Punk, New Wave et théâtre burlesque. Les lignes mélodiques, simples et répétitives au premier abord, se révèlent vite d’une étonnante complexité avec de nombreuses cassures rythmiques. Un cocktail assez délirant.

sillons.jpg

Une chanson de cette époque, très belle d’ailleurs. Dans laquelle Guigou livre des souvenirs de jeunesse.

Etron fou Leloublan - L’enfance de Guigou

ocobar_geert_web001.jpg

Quoi de mieux pour ouvrir le bal qu’un extrait de la merveilleuse et faussement naïve musique du groupe néerlandais OCOBAR. Le trio originaire de Rotterdam compose et interprète une musique que ses membres qualifient de luxueuse, une synthèse de jazz à la Django Reinhardt, mâtiné d’une touche country, classique et pop; le tout savamment augmenté de sampling électronique.

ocochat.jpg

Le percussionniste Rob Wijtman, le bassiste et accordéoniste Bart Wijtman, accompagnés par Cornell van Vuuren à la guitare ont formé Ocobar à la fin de l’année 2002 pour créer une musique qui suggère et peut donc être utilisé dans le contexte du film ou de l’animation. Leur mélange subtil de traditionnel et de moderne est utilisé dans plusieurs bandes sonores et différents commerciaux à la télévision.

geert.jpg

L’album Chatroubadour a été spécialement créé par Ocobar afin de souligner et mettre en valeur l’exceptionnel Geert Chatrou, un talent local qui a réussi l’exploit de remporter le championnat du meilleur siffleur au monde aux États-Unis. Écoutez ça très attentivement, en ayant pris soin précédemment de manger une rangée de biscuits soda, et tentez de suivre l’ami Geert!

001 - Ocobar and Geert Chatrou - Chatroubadour

nordinecolors.jpg

Les pièces s’associent parfois toutes seules dans le lecteur. Et cette fois, elles révèlent des motifs beat, juxtaposés à des cris de ralliement pré-rap et des harmonies suaves et mélancoliques livrées par un commandant de vaisseau spatial. La période post-beat américaine a été illustrée avec humour par Mike Myers dans le film So I Married an Axe Murderer. Ah, la poésie des bars enfumés ou se rencontraient jazz et idées! Ken Nordine, un poète à la voix dorée (qu’il a prêtée de nombreuses années à la télévision pour arrondir ses fins de mois) a eu un jour (1966) l’excellente idée de consacrer tout un album aux couleurs de l’arc-en-ciel. Le résultat, surprenant, est toujours disponible sur l’étiquette Asphodel, dirigée par des personnes de bon goût, je dirais.

outlaw.jpg

Alors qu’au Québec, le mouvement hippie et ses grandes manifestations tardaient à entrer dans une vague significative, la fin des années 60 et le début des années 70 sonnaient déjà l’heure de la récréation pour bon nombre d’Américains. Le moment était venu de remettre en question le gouvernement et sa façon de diriger les affaires de l’état. Prenez par exemple un gars comme Gene B. McDaniels, simple chanteur soul à la voix impeccable. Inspiré par les grands mouvements sociaux, il décide de se transformer en Lef Reverend McD. ou Eugene McDaniels pour lancer un album vital pour le tout nouveau mouvement multi-ethnique en train de naître: Outlaw. Et ça fesse pas mal fort sur les administrations qui ont failli à faire respecter les grands idéaux de justice sociale et ont plutôt envoyé les petits gars se faire massacrer (à moins que ce ne soit le contraire) au Vietnam. Sans oublier bien sûr, un appel à la conscience de la race noire.

gillscottheron.jpg

Quelques années plus tard en 1974, un autre vocaliste et poète de talent, Gil Scott-Heron allait pondre une oeuvre majeure ‘The Revolution Will Not Be Televised’; alors que ses grands leaders étaient réduits au silence par la prison ou les balles de revolver (Malcolm X, Martin Luther King), une nouvelle génération d’artistes incitent le peuple noir à une action politique concrète. La pièce au texte très percutant, appuyée par des musiciens plus que solides (BRIAN JACKSON, RON CARTER, HUBERT LAWS) préfigure une culture rap en devenir (The Last Poets).

williamshatner.jpg

Pour une raison encore obscure et qui reste à définir, j’ai décidé d’aposer à ces instants de grâce politico-musicaux un autre moment d’ironie sérieuse créée en 2004 par le toujours intense William Shatner: accompagné par le très excellent orchestre de Ben Folds, celui qui a passé quelques années dans la peau de James Kirk, livre un texte mélancolique et quelque peu décalé intitulé It Hasn’t Happened Yet. Il semblerait que je ne suis pas le seul à apprécier la suave poésie-prose de Shatner, parce qu’on retrouve aussi sur l’album Joe Jackson, Aimee Mann et Henry Rollins et que la pièce Common People a inspiré une oeuvre chorégraphique du Milwaukee Ballet.

Avertissement: l’album ‘Has Been’ de Shatner est addictif.

Ken Nordine - Olive

Ken Nordine - Chartreuse

Eugene McDaniels - Unspoken Dreams Of Light

Gil Scott-Heron - The Revolution Will Not Be Televised

William Shatner - It Hasn’t Happened Yet

Pour terminer l’année en beauté, inaugurons un autre petit concept: au cours des prochains jours, chacune des pièces sera inspirée du chiffre indiquant le jour de calendrier. Facile, direz-vous? Pas sûr… À vrai dire, il s’agit d’un prétexte pour vous faire connaître la poésie toute simple de Joseph Racaille, un compositeur et arrangeur de très grand talent que j’ai découvert par le biais de ses albums en duo avec Hector Zazou (un truc qui s’appelle ZNR que je ne peux que vous recommander, en passant).

Alors, quel jour sommes-nous donc? Le 31! Ah bon… alors je vous propose la pièce ‘31′ interprétée par Joseph Racaille et l’Ensemble Guillaume de Rachaux au festival MIMI en 1986 (organisé par le bassiste d’Étron Fou Leloublan à Saint-Rémi-de-Provence). Excusez l’enregistrement un peu cahoteux dans les basses, mais la pièce est touchante et appartenait dès sa création à un autre temps.

Bonne année! On se revoit demain.

_______________________
Pour aller au bistrot

Tu peux garder ton vieux chapeau

Pour travailler au champ

Tu peux rester en survêtement

Ou bien mettre un maillot demain

Pour aller dans la salle de bain

Mais si tu chasses le millionnaire

Et que tu veux en tenter un

Mets-toi sur ton trente-et-un

_______________________

ps: contrairement à nous, les Français emploient l’expression ’se mettre sur son 31′ plutôt que ’sur son 36′.

Non, ce n’est pas fini. Je l’ai entendue récemment et je me disais que c’est probablement la musique du temps des Fêtes la plus rassembleuse toutes générations confondues. Elle a été composée par Vince Guaraldi pour les dessins animés d’une série écrite à l’origine par Charles Schultz. Avouez que ça fait du bien.

Je ne pouvais terminer cette première compilation de Noël 2007 sans partager avec vous un enthousiasme non-modéré (comme disent les Anglais) pour le talent considérable du canadien Jaymz Bee et son Royal Jelly Orchestra. Paru en 1995 sous Leisure Lab (une sous-étiquette appartenant à BMG), l’album A Christmas Cocktail regroupe une pléthore de grands classiques de Noël réarrangés avec grand talent par Jono Grant (claviériste et guitariste de talent), chantés et animés par Jaymz Bee (chanteur-crooner, comédien) accompagnés par la crème de la crème (l’orchestre de la gelée royale!) de la musique torontoise.

Les arrangements s’inspirent des hauts sommets de la musique instrumentale des années 50 avec plusieurs citations judicieuses pour l’auditeur attentif (musique de série télévisée, rythmiques parfaitement fromagées ou complètement déjantés, jazz lounge). L’ensemble est très souvent comparé à celui de Richard Cheese, mais on note des différences très sérieuses en ce qui a trait à l’épaisseur de l’enveloppe sonore (8 musiciens, choeurs) et la multitude des influences musicales.

Je n’ai pu me résoudre à en choisir une seule - l’album devient de plus en plus difficile à trouver en magasin (mais se déniche rapidement sur internet, par contre) - alors, j’ai décidé d’en inclure 3 pour le prix d’une seule: “It’s Christmas Time (Oh Yeah)”, “Sleigh Ride” et “Carol of The Bells” intégrées dans un montage que j’appelerai A Christmas Medley.

Les médias soulignent la mort de René Lévesque. Parlons donc un peu du… trombone! Donc, il y a 20 ans mourait le grand premier ministre qui “fera partie de la courte liste des libérateurs de peuple”. Deux ans plus tard, le compositeur québécois René Lussier remportait le prix Paul-Gilson pour son projet Le trésor de la langue et 5 ans auparavant, je tombais sur le dos après un solo extraordinaire de Gary Valente (photo) au sein du Carla Bley Band en plein devant ma face à la salle Albert-Rousseau. Quel lien entre ces 3 évènements? Il n’y a pourtant pas 7 degrés de séparation!

de-nolf-valente.jpg

Commençons par établir que je suis devenu fou du trombone un certain soir de 1982, alors que j’assistais à un concert du Carla Bley Band. Le tromboniste Gary Valente y soufflait avec force, conviction et émotion; une pièce en particulier avait retenu mon attention: The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah! Un vrai morceau gospel, du genre qui donne le goût de retrouver la foi. René Lévesque, pour sa part, fait une apparition involontaire sur Le Trésor de la Langue, une sorte de dictée musicale sur la langue parlée au Québec - album paru sur l’étiquette Ambiances Magnétiques (aujourd’hui réédité par La Tribu) - dans la pièce Lend’main d’veille au cours de laquelle on entendait la voix du premier ministre doublée parfaitement par l’excellent tromboniste Alain Trudel alors qu’il livrait son discours d’après-défaite référendaire.

rene_face.jpg

Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

gainsbourg.jpgshirley_hofmann.jpg

Pour bien entourer ces moments forts signés Lussier/Trudel et Valente, je proposerais pour commencer Serge Gainsbourg et sa composition Black Trombone (évocatrice, comme toujours avec le Serge première mouture) et un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

The Carla Bley Band - The Lord Is Listenin’ To Ya, Hallelujah!

René Lussier - Lend’main d’veille

Serge Gainsbourg - Black Trombone

Shirley Ann Hoffmann - Over The Rainbow

Page précédante · Page suivante

Cheap prices & Fast delivery if you have been trying to use Viagra Faq buy viagra cheap.
Australia generic in levitra sales how to buy viagra.
Levitra alternatives buy viagra online. Mail order viagra online so, you may have the knowledge of buy viagra no rx.