Humour


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Elle trainaît dans le lecteur audio, celle-là. Faut croire que le fantôme de Paul McCartney traîne toujours. Encore une interprétation. Ça mérite un peu d’explication.

Little Roger and The Gossebumps sont en réalité deux personnes. Roger Clark et Dick Bright, deux iconoclastes de San Francisco se sont fait remarquer à la fin des années 70 avec leur chanson “Gilligan’s Island (Stairway)”, une reprise qui combinait les paroles du populaire thème de télévision avec la musique du classique Stairway To Heaven de Page/Plant. 5 semaines après sa sortie, les gérants de Led Zeppelin menaçaient Petit Roger et les Chairs de Poule de poursuite légale et exigeaient que toutes les copies existantes soient détruites. Tiens, juste pour ça, ça vaut la peine que vous entendiez ça. Une niaiserie, je vous dis.

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Les gars ont continué avec “Kennedy Girl” - basé cette fois-ci sur le célébrissime “Cinnamon Girl” de Neil Young - et ont lancé 25 ans plus tard un premier album intitulé They Hate Us Cuz We’re Beautiful, comprenant de nouveaux enregistrements de 14 chansons extraits de leur matériel original.

Celle-là, un peu ridicule, reprenait le tube de Magical Mystery Tour avec la voix de Elmer Fudd, un célèbre chasseur.

Little Roger and The Goosebumps - Fudd On The Hill

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Les anglo-saxons emploient “to jam” pour désigner l’action de musiciens qui s’assemblent pour produire de la musique improvisée. Les Français - qui croient à tort que leur parler vernaculaire est celui de toute la francophonie - utilisent plutôt “faire un boeuf” et, dans le vocabulaire du monde de la boucherie, cette dernière expression est la définition même du verbe “jambonner“. Intéressant, n’est-ce pas? Ça l’est d’autant plus quand on sait que cette érudition toute charcutière explique pourquoi Philippe, Laurent, Mathieu, Jérôme, Guillaume, Gilou, Sébastien, Michel, Thierry, Dom, Eric et Bébert, tous originaires de Nantes, se sont succédés pour former Les Jambons.

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Le groupe humoristique s’est produit plus de 800 fois sur une multitude de scènes et ont sillonné la France, la Belgique, la Suisse et le Québec avec un genre qui s’apparente à celui des tout aussi hilarants VRP. Musicalement, Les Jambons ont emprunté à tous les styles qui leur tombaient sous la main et qui pouvaient servir leur propos: ils se sont réclamés de James Brown, Django Reinhardt, Georges Brassens, Mike Brant, AC/DC ou même d’Alan Stivell. L’instrumentation passait du traditionnel (basse, guitare classique, caisse claire, harmonica) au plus hétéroclite (section de cuivres remplacée par du kazoo, contrebassine, batterie de cuisine.

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Les textes méritaient qu’on s’y arrête et ont fait de leurs trois albums de véritables trésors (jeux de mot subtils, humour noir, satiriques attaques contre le monde de la grande distribution, de la restauration rapide, des médias et de la politique, récits cyniques de la vie quotidienne). “Tout le monde est en plastique” est paru en 1996; “Moderne” en 2000 et “Twist Yéyé” en 2002 dont j’ai extrait ici une pièce qui résume bien le caractère résolument bédé de leur approche. S’ils me lisent, merci Jambons pour le magnifique concert de Québec au Petit Champlain. J’en ris encore.

petit à petit j’ai appris
à faire un peu gaffe à mon style
mes journées se passent dans un costume
deux pièces-cravate un style très pur
qui me donne fière allure
veste beige, pantalon bleu, chemise rose et cravate jaune

Jambons - La honte

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Impossible de les faire taire. C’est vrai. Admettez! Vérifiez auprès de vos amis Français! Pas moyen de leur ceinturer le mâche-patates! Parle, parle, parle, parle, toujours quelque chose à dire, des opinions sur tout et son contraire. C’est d’ailleurs ce qui caricaturalement fait leur charme. Ils sont aussi de grands séducteurs. Pas de temps à perdre: allez, on emballe et hop! Au lit! C’est apparemment ce qu’il faut expliquer aux hommes québécois. Séduire avec assurance.

Prenons Jean Yanne, par exemple. L’acteur, auteur, réalisateur, producteur et compositeur français se dirigeait vers le journalisme, mais il a bifurqué vers le cabaret. Tout d’abord animateur de radio, l’acteur de cinéma s’est fait connaitre pour son humour grinçant et son personnage de Français moyen, râleur et égoïste (mais avec un grand cœur). Sa manière de plaisanter et de verser du vitriol sur des plaies ouvertes en a choqué plus d’un. Le public a trop souvent confondu son personnage de beauf’ avec l’acteur qui le rendait. Yanne a fait sien l’adage selon lequel passer pour un salaud aux yeux d’un imbécile est un plaisir de fin gourmet”.

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C’est pour ses obscénités comme compositeur et chansonnier que nous le retiendrons aujourd’hui. Il a entre autres commis un notamment un disque de rock sous le nom de “Johnny RockFeller et ses RockChild“, avec des titres comme “J’aime pas le rock”, “Le rock coco” et “Saint Rock”. En 1976, Jean Yanne copie abusivement la recette du ‘Je t’aime moi non plus’ de Serge Gainsbourg pour son film intitulé ‘Chobizenesse‘. Connaissez-vous quelqu’un qui jacasse autant pendant l’amour? Ah! Les Français!

Jean Yanne - Coït

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La diffusion d’une pièce du premier album du groupe Aut’Chose a entraîné des réactions assez diverses (”C’est génial!” “Osti que c’est mauvais!”). Que voulez-vous, Lucien Francoeur ne fait pas toujours l’unanimité. Le poète est passé à la postérité sur un album humoristique assez décapant réalisé par les absurdistes Robert Morissette et Jean-Pierre Alonzo, mieux connus sous le nom Les Frères Brosse; l’album “Un Opéra Cric Crac Croc” paru en 1979 a déridé plus d’une fois votre Homme Scalp qui se rappelle avoir ainsi trempé pour la première fois à ce type d’humour dadaïste. Les gars sont accompagnés par l’Orchestre Sympathique de Montréal, un ensemble de jazz de grande qualité. Mettez la main là-dessus si la galette se présente à vos yeux. À part les parodies de CKOI, qui sont un peu locales, tout le reste est encore très pertinent presque 30 ans plus tard.

Les Freres Brosse - Même chose

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Le paysage musical québécois du début des années 60 a vu naître les Baronets, formé par Pierre Labelle (Windsor), René Angelil (Montréal, d’origine syrienne) et Jean Beaulne (Montréal). Le trio vocal, initialement inspiré par des groupes américains comme les Four Lads ou les Four Aces, a connu un certain succès avec quelques compositions originales, mais a vu par la suite sa carrière discographique complètement bouleversée par l’arrivée des Beatles qu’il s’est mis à copier allégrement avec des traductions françaises approximatives, mais assez joliment tournées.

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Après l’aventure des Baronets et le départ de Jean Beaulne - de plus en plus occupé par sa carrière de gérant d’artistes - Pierre Labelle et René Angelil, deux amis d’enfance, ont tenté des expériences diverses: ils ont touché à la comédie musicale et au cinéma (sans vraiment de succès) et se sont permis un album-concept assez audacieux intitulé: “Y a toujours d’la place pour un Québécois au paradis…”. Un dernier 45 tours, paru en 1971, s’est avéré le chant du cygne de leur association. Le titre de la chanson, plutôt évocateur, doit être prononcé - comme il se doit - avec une voix éraillée à la Don Corleone.

Pierre Labelle et René Angelil - J’ai un side-line payant

(Merci à Eiffel et à son blog C’était hier. L’extrait provient d’un vinyle de son inépuisable collection, une fantastique compilation au titre douteux: Les Artistes Nobel en Vacances)

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Etiqueté rap musette, le groupe parisien Java, composé de François Xavier Bossard alias Fixi (accordéon et claviers), Erwan Seguillon (auteur-interprète), Jérôme (contrebasse) et Alexis (batterie), a lui-même résumé l’essentiel de son art avec une chanson qui leur a servi d’hymne officiel:


Java c’est pas de la menthe à l’eau,
Java c’est du rock’n roll,
Java c’est le vrai son parigot,
La devise : sexe, accordéon et alcool.

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Jeux de mots et métaphores brillantes sont le sel de leurs compositions et de leurs textes bien ciselés. Après un premier album très réussi (Hawaï), Java a lancé en 2003 Safari Croisière, enregistré à Rio pour colorer plusieurs morceaux de percussions et cordes brésiliennes, et de rythmes de samba. J’aime bien celle-là, une histoire savoureuse, mettant en scène un reporter qu’on aime bien déguster en sauce!

Java - Sacrifice chez les Zombile

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