Hawaiien


L’Homme Scalp doit prêter ses services de ‘preux chevalier de la mononquitude‘ et fera valoir son statut de parrain dans le cadre d’un événement immanquable qui aura lieu dans la ville de Mourial, charmante bourgade entourée d’eau dans le secteur ouest du Québec.

Aussi, il ne peut être en ondes cette semaine à CKRL (quel malheur!), mais il sera remplacé (quel bonheur!) par un olibrius patenté, un individu au passé irréprochable, bien qu’il fréquente parfois Réal V. Benoît, les chanteurs de l’ouest-terne et interroge de façon imprudente les membres de l’Église de la Scientologie et j’ai nommé : François G. Couillard ! (notez le ‘G’ qui en dit long sur son rang élevé).

Une émission à ne pas manquer, car j’aurai besoin de vous pour répondre à ces questions : A-t-il bien fait ça? A-t-il été raisonnable? Deux réponses positives à ces questions se traduiront invariablement par un congédiement dudit remplaçant! Trève de plaisanterie, François fera ça comme un chef, vous verrez.

L’émission est disponible en version pas-de-casque:
pour écouter (cliquez sur ) ou conserver (clic-droite sur l’hyperlien en bleu)

Homme Scalp 27 février 2010 – partie 1

Homme Scalp 27 février 2010 – partie 2

Homme Scalp 27 février 2010 – partie 3

Homme Scalp 27 février 2010 – partie 4

Homme Scalp 27 février 2010 – partie 5

ARTISTE
Nom / Projet
SOURCE
Album / Médias
TITRE
Note du producteur
FRANCOIS G. COUILLARD FRAPPE EN RELEVE POUR L’HOMME SCALP
MYSTERIEUX VENGEUR ASTHMATIQUE
THEME L’HOMME SCALPIncredible Bongo BandBongo Rock3E
PieroLa chanson et le bifteckCiceron c’est pas carré1E
Thee Mysterious Asthmatic AvengerFrom Texas To Tyrol 1992-2002I Saw The Light2E
Hasil AdkinsThe Wild ManDo The Scalp2E
L’ARGENTINE FAIT LE BONHEUR
Imperio DiabloImperio DiabloFiesta en el Interior2E
Jim PepperPepper’s Pow WowYon A Ho2E
DANSE SOCIALE AVEC BUBBLE
Céline Thériault et Jacques DuvalLa danse socialeN’oublie jamais1C
Ann LeverThe Incorrect Music Companion 2001Crazy2E
Jonathan et Darlene EdwardsGreatest HitsStayin’ Alive2E
WingBeat ItBeat It2E
POUR CRUISER LES VAHINES
Danny StewartIt’s Hotter in HawaiiLes Femmes d’Amerique1C
Maï Taï OrchestraI Found my WahineHawaiian surfriding3C
Jerry ByrdEarly Country & Hawaiian Steel GuitarLimehouse blues 19523E
All-Star OrchestraA Far East Fantasy in Latin Dance RhythmPlanting Rice3E
SORS DE CE CORPS, CAPITALISTE
The Exxon SingersThe Spirit of AchievementEfficiency2E
Milton Friedman ChoirYouTubeThe Corporation2E
Lonesome Valley SingersHello Vietnam It’s Got To Be Done2E
GoodyearThat’s Show Biz!What’s New2E
General ElectricGo Fly A KiteHeaven Out Of Hell2E
VOUS ETES DANS LA LUTTE, VOUS ?
En lutte!Ni la feuille d’érable ni le fleurdelyséLe travail en régime capitaliste1E
Sylvie VartanLes années RCA : Integrale studioLorsque l’on est ouvrière1E
Lied von BreendonckDie Sechziger:1933-1963 Lieder des europäischen WiderstandesSous les coups1E
CHANSONS AUTHENTIQUES
La petite LilyMaxi 45 tours : Le petite LilyJe n’aime pas la choucroute1E
Claude Dubois et les MontagnardsStampede canadienJour de tristesse1C
Luc MarquisÉcole la RibambelleJ’adore faire du sport1C
CHANSONS DU PEUPLE
Meireles e Sua OrquestaBrazilian Beat, Vol. 2Madureira Chorou3E
Tabby AndrielloTabby ‘n Things: The World’s Greatest MediocrityStill Wie Die Nacht2E
PolydorSouvenir Ya L’IndependanceBolingo Ya Mosika Mab1E
AU RESTAURANT GREASY SPOON
Bloodshot BillAll Messed Up300 more miles2E
Les macchabéesLes MacchabéesLa rue des Macchabées1C
Crash CoffinCrash CoffinFreedom Cake3E
Karlof GalovskyMotadineLa danse du bacon1C
SOUS LES DRAPS
Floh de CologneMumienMarsch der mumien 13E
Cem Karaca & Apa LarTurkish DelightsSuya Giden Alli Gelin2E
Leo BenoitRock n Roll dans le litLe Rock’ n Roll c’est bon1C
PASSE LA PUCK A TRIBU AU COMITE
Les ThanatologuesIls sont làMa copine est une vampire1C

L’émission est disponible en version pas-de-casque:
pour écouter (cliquez sur ) ou conserver (clic-droite sur l’hyperlien en bleu)

Homme Scalp 20 février 2009 partie 1

Homme Scalp 20 février 2009 partie 2

Homme Scalp 20 février 2009 partie 3

Homme Scalp 20 février 2009 partie 4

Homme Scalp 20 février 2009 partie 5

ARTISTE
Nom / Projet
SOURCE
Album / Médias
TITRE
Note du producteur
LA SYNTHONISATION DES CORPS
Bob Gariépy (L’Homme Scalp)Rock DétenteIntro1C
Bernard de Montréal et Richard GlennConférenceLa synthonisation1C
THEME L’HOMME SCALPThe Incredible Bongo BandBongo Rock3E
KaterineLe 8ème cielBonjour!1E
Bette MidlerBathhouse BettyUkulele Lady2E
LE CHEQUE DE LA HONTE
Rex NeigborsNasty Rockabilly vol.2Ain’t Going That Route2E
Brian FerryLet’s Stick Together (1976)Shame Shame Shame2E
OdeursRamon Pipin’s Odeurs (1979)Chèque Baby Chèque1E
Robert CharleboisQuébec love (1969)Te v’la1C
LA CHANSON QUEBECOISE, DU REVE À L’IRREALITE
Mononc’Serge13 tounes trashLe Gala de l’ADISQ1C
Vitamine Bleue…et le chatMa chanteuse pop1C
Les Cravates MalpropresLa Vie, c’est rockeurLobotomie1C
Normand L’amourC’est pas possibleJe suis le plus1C
AU RETOUR DE JUPITER
Kevin AyersUnfairgroundCold Shoulder2E
Katzen KapellSi Tu VeuxRavspel4E
Dim DimNectarineBack from Jupiter3E
LA FERME, JEANINE
Jeanine PaquetExtrait de Radio-Canada FM octobre 1988Dévoreur insatiable de phrases creuses1C
John ZornThe Big Gundown (1985)The Sicilian Clan (2000 version)4E
Françoiz BreutUne saison voléeUne ville allongée sur le dos1E
The RoundtableFolk Is Not a Four Letter Word (2005)Scarborough Fair4E
HA NON, LULU!
The Black Lodge SingersKids’ Pow-Wow SongsThe Flinstones2E
Sol Hoopii’s Novelty TrioHonolulu To Hollywood (1928)Hano Hano Hawaii2E
René LussierLe prix du bonheurAllô Allô1C
Grandpa JonesSings His Greatest Hits (1957)I’m My Own Grandpaw1C
BIJOUX DE FAMILLE
The Danielson FamileFetch The Compass KidsThe Wheel Made Man2E
Martin LéonKiki BBQBumper à Bumper1C
AndréLes Derniers Modèles de la mode MasculineYolande Wong1C
Dan HicksSelected ShortsFirst I Lost My Marbles2E
FRANCHOUILLARDISES
Les ZourillesTragicomédie musicale non-subventionnéeRoméo et Juliette1E
Les ZourillesDéboulent et débitentClinton Fucking Family1E
Henri SalvadorH. Salvador s’amuseJ’aime Tes Genoux (Shame, Shame)1E
Les 4 BarbusLa Pince à LingeLes Casse-Paix1E
TRIBU AU COMITE : AU PLUS FORT LA PUCK
Pere UbuModern DanceThe Modern Dance2E
Tijuana BiblesApartment WrestlingGorilla Stomp2E
The RaincoatsThe Raincoats (1979)Lola2E
Nina HagenNina Hagen BandTV-Glotzer (White Punks On Dope)2E

L’émission est disponible en version pas-de-casque:
pour écouter (cliquez sur ) ou conserver (clic-droite sur l’hyperlien en bleu)

L’Homme Scalp 13 février 2010 partie 1

L’Homme Scalp 13 février 2010 partie 2

L’Homme Scalp 13 février 2010 partie 3

L’Homme Scalp 13 février 2010 partie 4

BONUS : L’ami Grondin a parasité un peu mes ondes le temps de faire de la sollicitation pour CKRL. J’en ai profité pour discuter du spectacle des Residents au Club Soda le 12 février 2010.

Grondin et The Residents

ARTISTE
Nom / Projet
SOURCE
Album / Médias
TITRE
Note du producteur
COUILLES ET FROMAGE BOVIN (CELUI QUI FAIT SKOUICHE-SKOUICHE)
Vincent CauchonCHOI-FM Le show du matin 8 février (2010)Ça prendra des couilles de bovin adulte1C
Clotaire RapailleConférence de presse 3 février (2010)C’est le «wow» !1C
EsquivelOther Worlds, Other Sounds (1958)Granada3E
Marie-France Bazzo et Paul ArcandCHMP-FM Puisqu’il faut se lever 4 février (2010)Les Québecois complexes1C
Sylvain BouchardCJMF-FM Bouchard en parle 5 février (2010)Je «femme» ma gueule !1C
Stéphane Dupont et Josée MorissetteCHOI-FM Dupont le midi 4 février (2010)fromage et plomberie masculine1C
Jean ChrétienCommission Gomery (2005)Gouverner la clarté1C
Cyro BaptistaLove The Donkey (2005)Movie Screen3E
NUMÉRO DE DANSE OBLIGATOIRE
Messer fur Frau MullerTpeyroubhuk, 4ept u toyka (2003)Agents and Spys3E
Young Holt TrioBeg, Scream & Shout (1997)Wack Wack3E
Mr BungleCalifornia (1999)Golem II – The Biomic Vap3E
John ZornMusic Romance I – Music for Children (1998)This Way Out4E
Gert Wilden And OrchestraSchulmädchen Report (1972)Hot Dance3E
POUR LES HOMMES, C’EST-À-DIRE LE SPORT
Régis LabeaumeConférence de presse du 16 octobre (2009)On quête pas nous autres, on fait des affaires1C
The Three SunsTwilight Memories (1961)Theme From A Summers Place3E
The Three SunsOn A Magic Carpet (1960)Ruby3E
Michel BergeronTVA Quebec-Montreal 9 février (2010)Le dos accumulé au pied du mur1C
Paul et PaulREMI AM-FM (1978)La partie du hockey1C
PORTRAIT DE SOCIETE
Carla BleySocial Studies (1981)Walking Batteriewoman4E
David ThomasMore Places Forever (1985)Enthusiastic4E
The Bonzo Dog BandPeel Sessions (1969)Sofa Head2E
LES GENS SONT ÉTRANGES
Home & GardenHistory And Geography (1982)Marco Polo: The City of Kin-Sai2E
Des AirsLunga Notte (1982)Lovely Lady of The Roses2E
Tiny TimGod Bless Tiny Tim: Complete Reprise Recordings CD (1968, 2006)People Are Strange2E
BRITISH CONSOLE
DominatorEnregistrement autoproduitWhile My Ukulele Gently Weeps3E
Richard ThompsonHenry the Human Fly (1972)Roll Over Vaughn Williams2E
John Kirkpatrick & Sue HarrisThe Rose of Britain’s Isle (1974)The Rose of Britain’s Isle2E
CHANTER DE LA POITRINE
Cathy FinkGrandma Slid Down the Mountain (1984)Yodeling Lesson2E
Joe MaphisFire on the Strings (1957)Flying Fingers3E
ElaineLa reine du yodel (1972)Il m’a montré à yodeler1C
The Hoopii BrothersAloha From Maui (1999)Hawaiian Cowboy2E
Lucinda WilliamsRare Lu (2008) – ‘West’ Promo CDEverything Has Changed2E
PASSONS LA PUCK À TRIBU AU COMITÉ
Shades of JoyMusic of El Topo (Alexandro Jodorowsky, 1970)The Desert Is A Circle3E

05-les_primitifs_du_futur-world_musette-front

L’année dernière, à peu près à la même date, j’écrivais à quel point le nouvel album des PRIMITIFS DU FUTUR était une bénédiction. Je vous réfère à ce texte si vous hésitez encore à les voir à Place d’Youville le 10 juillet et en fin de soirée au Pub Saint-Alexandre.

Malgré son caractère en apparence vieillot, l’univers des Primitifs du Futur en est un que doivent absolument connaître les plus jeunes. Tout un pan de la culture populaire française envoyé avec simplicité, humour et une virtuosité décapante. Guitares (beaucoup!), ukulele, scie musicale, thérémine, accordéon, bandonéon, xylophone, vibraphone, harmonica, cuivres, contrebasse, joués par des gens sincères et totalement dédiés à leur art et au plaisir de le transmettre. Une tribu de musiciens branchés sur le jazz, la java, les bandes dessinées, l’esprit français, pris dans son sens le plus positif, héritage des immigrés italiens et de l’Auvergne.

Du bonbon! Je vous dis !

QUI ? OÙ ? QUAND ?

Les Primitifs du Futur, 10 juillet, Place D’Youville 12:00 (midi) et Pub Saint-Alexandre en soirée

Primitifs du Futur (E.Berelowitsch)



Les Primitifs du Futur – Menage a trois, Spooky Cat

Les Primitifs du Futur – La valse hindoue

René Lussier accompagnait Jérôme Minière – un natif d’Orléans aujourd’hui Québécois – dans le cadre d’une tournée chapeautée par l’étiquette LA TRIBU. Le guitariste en a profité pour y pousser la chanson ‘J’ai de la chance’ un texte de Paule Marier (ne montez pas le son pour rien, au début du vidéo, René joue le son à zéro! Il fait ça des fois pour rire…) – Comme je me suis tapé l’album LE PRIX DU BONHEUR en compagnie de quelques amis au cours d’une soirée bien arrosée, il faut que je m’arrête sur le disque en question.

J’ai découvert René Lussier un soir d’écoute hasardeuse de CKRL-FM; le producteur faisait jouer ce soir-là FIN DU TRAVAIL, un véritable disque fait main, autoproduit et sans subvention. J’avais été frappé par le langage personnel du compositeur et par l’adresse du musicien. Un peu plus tard, René se produisait sur la scène du Cinéma Cartier avec le clarinettiste Robert Marcel Lepage pour accompagner les oeuvres du cinéaste Pierre Hébert; je n’ai jamais oublié cette incroyable performance et les improvisations énergiques créées ’sur place’ en même temps que l’oeuvre filmique, elle même improvisée à même la cabine de projection (une technique assez particulière de grattage de la pellicule). J’ai par la suite rencontré les musiciens qui l’ont entouré, les artisans de l’étiquette AMBIANCES MAGNÉTIQUES et quelques un de ses collaborateurs.

rene

 

Dresser un bilan de la carrière de René est une tâche assez essoufflante pour le mâche-patates, encore plus pour les petits doigts sur le clavier. Il a fait sa place dans le milieu de la musique improvisée (il préférerait que je parle de ‘musique vivante‘) pour en devenir une des figures dominantes au Québec et un peu partout dans le monde. En 30 ans, il a composé 55 musiques de film, réalisé des dizaines et des dizaines d’albums, à titre personnel ou associé à de nombreux projets (Conventum, les 4 guitaristes de l’Apocalypso-Bar, Les Granules, Le Trésor de la langue, Les Patenteux du Québec, La Vie qui Bat, Les Moyens du Bord, Grand Vent) et collaborateurs (Jean Derome, Patrice Desbiens, Fred Frith, Eugene Chadbourne).

 

solcolor

 

De mon côté, après avoir passé plusieurs années à me taper les musiques assez radicales des improvisateurs montréalais pendant la décennie 80, je me suis retrouvé par la suite à Québec à multiplier les expériences auditives et radiophoniques avec l’ami JP. Et nous avons constaté avec étonnement que le chemin nous entraînait inexorablement vers les racines (certains diront que c’est normal et qu’à la fin de notre existence, on se retrouve en compagnie des racines) et une recherche inlassable des fondements de la musique nord-américaine. J’ai découvert par hasard un extraordinaire guitariste hawaïen nommé Sol Hoopi (merci aux compilations de Rounder Records) et par la suite une pléthore d’excellents chanteurs et musiciens de Honolulu. Des voix superbes, des guitares fantastiques et un langage mélodique insoupçonné.

J’ai été agréablement surpris d’entendre parler du projet CHANSONS de René Lussier. Et c’est avec enthousiasme que je me suis précipité sur l’album qui en a résulté. LE PRIX DU BONHEUR est, pour plusieurs mélomanes, une oeuvre assez déroutante. Habitués au délires métronomiques et orchestraux, les voilà confrontés à la simplicité absolue, à la sincérité déconcertante. René y poursuit toutefois son exploration, sérieux comme à son habitude. Ayant mémorisé (et probablement transcrit) des mélodies et patterns populaires de la musique hawaïenne, il a décidé de les intégrer à des chansons toute simples, aux textes sensibles de Paule Marier. Le résultat est d’une grande beauté et René a réussi là un de ses plus albums les plus dépouillés.

Voici comment René a décrit son expérience et la genèse du projet chanson :

 

photo_nom454

 

Il y a quelques années, alors que je faisais la musique d’un film d’animation, la réalisatrice m’apporte, pour m’inspirer, une compilation de chanteurs hawaïens enregistrés dans les années 1920-40. J’ai été totalement charmé par la beauté des mélodies et le lyrisme de leurs chants traditionnels (dont les racines autochtones étaient encore perceptibles à l’époque – rien à voir avec les succédanés hollywoodiens).

Pendant les années qui ont suivi, je me suis procuré tous les disques de musique hawaïenne que je pouvais trouver et j’ai commencé à noter des airs que je chantais en multipliant les « hooo-haaaa-hiiii-hooo-haaaai ». Frustré de pas comprendre un mot de ce que ça racontait, j’ai fini par demander à l’auteure Paule Marier – ma compagne- d’écrire de nouvelles paroles pour qu’on puisse chanter ces mélodies-là en français. Des amis nous ont rejoints, on a répété dans la véranda à la campagne et on a même chanté à la salle paroissiale du village en harmonisant nos voix et en imitant les lents vibratos hawaïens, accompagnés par un quatuor en chemises à fleurs.

Ce qui devait être le hobby d’un été dure depuis quatre ans et ça mijote encore. À quelques reprises, j’ai intégré des chansons dans mes projets de musique expérimentale et d’une mouture à l’autre, j’ai fini par avoir envie d’en faire un projet autonome et de les chanter tout seul. Tous les textes ont été modifiés ou ré-écrits dans cette optique. Le projet s’est transformé : Paule a eu envie de mettre des mots sur d’autres mélodies (non hawaïennes) que j’avais écrites et j’ai eu envie de composer des musiques originales sur de nouveaux textes à elle.

Avant, mes interventions chantées tenaient toujours de la parodie ou du pamphlet. Je les  » livrais  » à fond la caisse, sans me compliquer la vie, en m’inventant un accent ou un personnage fabriqué pour l’occasion : je prenais ma  » voix de mononc’  » comme dit mon ami Robert. Cette fois-ci, les mots que m’offre Paule exigent une sincérité et une vulnérabilité qui me forcent à ouvrir d’autres portes.

Avec ce projet-là, je poursuis mon trajet de liberté : l’exploration musicale et sonore sous toutes ses formes. J’ai fait de la musique expérimentale toute ma vie et c’est pas fini! Là, l’expérience, c’est de chanter des mélodies et des mots qui étonnent, émeuvent et parlent au monde en tête à tête tout en intégrant mon bagage et mes boîtes à outils de guitariste explorateur!

Fait que… je suis allé voir un professeur de chant et je l’ai fait rire. C’est une dame charmante qui m’a donné des exercices à faire quotidiennement. À 75 ans, je devrais être pas mal bon. D’ici là, si je passe par chez vous, venez me voir, je pense qu’y'a assez de cœur pis de musique dans ce projet-là pour passer une bonne soirée…

 

36505

 

Je vous en offre quelques unes pour vous faire l’oreille. Mais pour entendre ma préférée (La Valse Qui Console), allez ramasser l’album chez votre disquaire!

René Lussier – On Reste au Lit

René Lussier – Le Doorman

hula_hawaiian_pizza.jpg

Poursuivons notre route en maintenant cette approche apaisante. Vous ai-je fait part de mon désarroi devant l’attitude condescendante adoptée par mes contemporains lorsqu’ils sont exposés à la musique hawaïenne? L’autre jour, alors que je m’esbaudissais emphatiquement sur les prouesses du Ukulele Club de Paris (voir l’article et les réactions à ce sujet), un collègue de travail a affiché un sourire quelque peu douteux avant de me lancer sans trop réfléchir : « Ah oui, la musique hawaïenne… c’est bien celle qu’on entend dans les films d’Elvis Presley, n’est-ce-pas? ». Je l’ai épargné, mais je me retenais à peine de lui asséner un discours appuyé sur la qualité et le respect élémentaire envers la culture et la musique des Îles.

art4dx.jpg

La musique hawaïenne, quelque soit sa déclinaison, charme à tout coup avec son célèbre glissando qui fait sourire et est devenu sa marque de commerce. Mais il faut la respecter, surtout si on met en rapport la petitesse de l’état américain d’où elle provient et la richesse culturelle qu’elle représente. Pour comprendre son extraordinaire héritage, on doit tenir compte de la musique folk traditionnelle dans son essence même: une large variété de chants et de musiques destinés à des danses hautement ritualisées appelées hula. Elle sert à exprimer le bonheur, la joie, l’adoration divine, communiquer la généalogie, la mythologie, accompagner les jeux et les fêtes.

01-page_po_hula_01_0706051713_id_34486.jpg

Il existe peu de mots précis dans la langue hawaïenne pour expliquer la musique à proprement parler, mais le vocabulaire devient élaboré quand vient le temps de parler du rythme, des instruments, des styles et de la production vocale. La musique hawaïenne est simple melodiquement et rythmiquement, mais est riche et complexe dans sa poésie et dans la subtilité des styles vocaux. Elle s’est considérablement transformée par acculturation quand les non-hawaïens ont commencé à arriver sur l’île: les cowboys mexicains parlant espagnols auraient fortement influencé la création musicale (notamment par l’introduction de certains instruments à cordes et possiblement aussi par le chant falsetto) et les Portugais auraient aussi mis du leur en apportant le braguinha, un petit instrument à 4 cordes, précurseur du ukulele.

brozman_title.jpg

Je vais un jour vous plonger dans le bain avec une compilation de mon crû, mais en attendant voici deux musiciens extraordinaires, grands pratiquants de la technique Slack Key Guitar: Bob Brozman - un américain à qui je dois mon intérêt approfondi pour le genre musical et un guitariste de génie – et Cyril Pahinui, fils du légendaire Gabby Pahinui, de qui il a repris l’héritage en perpétuant la tradition musicale honolulienne. La pièce Coquette provient de leur album Four Hands Sweet And Hot et je vous défie de conserver toute trace de mauvaise humeur après avoir écouté ça.

emcyrilpahinui1.jpg

Cyril Pahinui et Bob Brozman – Coquette

         

« Il est né il y a plus d’un siècle; bien qu’il fait penser à un jouet et malgré son apparence de guitare miniature, l’ukulélé réunit à lui seul et sous un faible volume tous les rêves exotiques de paradis terrestre ». *

Après l’avoir entendu sur nombre de vieux albums, de 78 tours, joué par d’innombrables fantaisistes de la scène et du cinéma, je n’ai véritablement craqué pour l’ukulélé qu’après avoir entendu Tiny Tim interpréter ‘I Got You Babe’; armé d’un seul et ridicule petit instrument, le très étrange troubadour des années 60 livrait de sa voix haut perchée le double discours ô combien fromagé de Sonny and Cher!

Mon deuxième coup de coeur est venu de Joseph Racaille et de Cyril Lefebvre; les deux comparses, après plusieurs aventures électrifiées, électronifiées ou pas (ZNR, Video Aventure) ont offert chacun leur tour de véritables trésors d’albums dédiés à la musique oubliée, bien qu’inoubliable.

Ensuite Bob Brozman s’est occupé d’allumer le feu et d’entretenir ma passion pour la musique des îles. À la suite d’une conversation avec le guitariste américain – installé en résidence à Québec pour la tenue de plusieurs soirées passionnante avec René Lacaille dans le cadre du Festival d’Été - j’ai appris de la bouche de Brozman l’étonnante théorie selon laquelle la musique des pays occidentaux (et impérialistes) avait été créée pour aider les soldats à garder le pas (en langage musical, on parle d’un tempo 4/4, 1-2-3-4 et on recommence), alors que les musiciens insulaires du sud avaient inventé le contre-temps, un tempo issu d’une musique qu’il qualifiait de ‘défensive’ étant donné la nature même de leur pays conquis.  En bon ethno-musicologue qu’il est et pour illustrer son propos, Brozman tapait des mains sur sa poitrine ou martelait de ses doigts le charango, un petit instrument bolivien à 10 cordes.

Il faut aussi souligner l’univers des néotraditionnalistes comme Robert Crumb et ses Cheap Suits Serenaders, Les Primitifs du Futurs et tout récemment le Ukulele Club de Paris. Ces derniers offrent d’ailleurs un environnement musical totalement enivrant et dépaysant, bien que très instructif pour les mélomanes aventureux. Tous issus d’univers mélodiques distincts et éclectiques, Dominic Cravic (guitariste d’Henri Salvador et de Pierre Barouh), Cyril Lefebvre, Fay Lovsky (une artiste accomplie des Pays-Bas), Silvano Michelino, Joseph Racaille (accompagnateur d’Arthur H), Pierre Sangra, Bradney Scott (bassiste d’Arthur H et de J. Racaille) et Tony Truant (guitariste des Wampas) écument les scènes européennes avec les chansons de leur album Manuïa et autres pièces du répertoire traditionnel des années 30 et 40.

                               

** « Longtemps indissociable de la légèreté facétieuse et du décor tropical en faux-semblant des vaudevilles hollywoodiens, l’ukulélé a été boudé, voire méprisé au cours de ces dernières années… Pourtant, petit et maniable, joli autant que modeste, aisément transportable, tout à la fois facile à jouer et digne des plus grandes virtuosités malgré ses quatre cordes et ses quelques frettes, l’ukulélé ne devait-il pas redevenir l’instrument moderne par excellence? De fait, fétiche du renouveau culturel des peuples maoris, chemise aloha en bannière du Tiki Art, arme absolue de la dérision musicale, il effectue aujourd’hui un come-back retentissant… »

Voici 4 pièces extraites de l’album Manuia du Ukulele Club de Paris. La dernière est probablement un hommage à Penguin Cafe Orchestra…

Ma princesse des mers du sud

Java javanaise

Chigadaging

Manchot rade septet

________________________________________________

 * celle-là, bien trouvé provient du site web du Ukulele Club de Paris!

** texte de présentation du site MySpace du Ukulele Club de Paris.