Folk


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Sur une note plus légère, il semblerait que Britney Spears aurait retrouvé sa taille de guêpe. N’est-ce pas absolument fantastique? Pourquoi vivre dans l’incertitude quant à l’avenir de la race humaine, quand des nouvelles aussi rafraîchissantes apparaissent dans le paysage médiatique! Ce qui me fait penser que je dois absolument vous parler du projet millénariste de Richard Thompson.

Le guitariste britannique s’est fait demander en 1999 par le magazine Playboy de dresser la liste des 10 plus grandes chansons du millénaire. “Quelle bande d’hypocrites!” s’est-il dit. “Ils ne s’intéressent probablement qu’aux 20 dernières années!” Et il a immédiatement entrepris de leur fournir une liste des meilleures pièces étalées sur 1000 ans, une lente progression musicale de la musique médiévale jusqu’à Britney Spears. Il n’a bien sûr jamais entendu parler des éditeurs de Playboy par la suite.

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Le résultat a donné lieu à l’élaboration d’un excellent concert - Richard Thompson - 1000 Years of Popular Music - toujours en tournée présentement. Accompagné par la chanteuse-claviériste Judith Owen et la percussioniste Debra Dobkin, Thompson offre des interprétations magnifiques de “Sumer Is Icumen In” écrit en 1260, “King Henry V’s Conquest of France” du 15ème siècle, “Blackleg Miner” du 19ème et de “Orange Colored Sky” de Nat King Cole. Et bien sûr du classique de Britney.

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Richard Thompson - Oops! I Did It Again

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Ça va faire les niaiseries à propos des divas de ce monde. Revenons aux racines, encore une fois. Voici une voix. Une vraie voix. Complètement craquante, tellement elle est sincère. Celle de Hiram “Hank” King Williams, chanteur, guitariste et compositeur américain, devenu une icône de la musique country et du rock et l’un des plus influents musiciens du XXe siècle.

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“Quand j’écris à propos de Hank Williams qu’il est ‘cent étages plus haut que moi dans la tour de la chanson’, ce n’est pas par modestie. Je sais où Hank Williams se situe dans l’histoire de la chanson populaire. Des chansons comme Your Cheatin’ Heart sont sublimes, et en comparaison je me considère comme un bien piètre écrivain.”— Leonard Cohen

Hank Williams - Ramblin’ Man

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J’apprends de la bouche même de l’ami Gonzo que Neil Young s’arrête au Centre Bell de Montréal le 1er décembre prochain dans le cadre d’une grande tournée nord-américaine qu’il entame en octobre. Le Loner sera accompagné des musiciens Ben Keith, Rick Rosas, Chad Cromwell, Anthony Crawford et Pegi Young.

Rien que du bon…

Je suis ému de l’apprendre. Et je le serai encore plus quand je verrai ça. J’en palpite, faudra ajuster le pacemaker. Parce que j’aurai toujours Neil Young dans les tripes. Afin de vous mettre en appétit, une extraordinaire version de Long May You Run, inspirée par un accompagnement judicieux et les voix de Nicolette Larson et d’Astrid Young (sa soeur); et tant qu’à y être un solo inspiré - toujours en concert - avec Crazy Horse et une pièce totalement obsédante Powderfinger. Une vraie morsure, un direct au coeur. Du rentre-dedans, pas trop de dentelle.

Neil Young - Long May You Run (Unplugged)

Neil Young - Powderfinger (Live Rust)

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En 1999, Debashish Bhattacharya (de Calcutta) et Bob Brozman (de New York) montaient sur la scène de Place d’Youville dans le cadre du Festival d’Été de Québec pour offrir une série de concerts hors du commun et absolument inoubliables qui se sont transformés soir après soir en évènements dont on peut très certainement dire qu’ils ont ouvert les oreilles et élargi les horizons musicaux des spectateurs présents.

Les deux musiciens combinent un répertoire unique et une connaissance unique des sonorités et des techniques dont peu de guitaristes peuvent se vanter, avec une capacité exceptionnelle de compréhension de l’univers des musiciens qui les accompagnent et un sens du détail rare. De leur association résulte une musique riche en improvisation et une approche cohérente de la dynamique orient/occident et une redéfinition des rôles rythmique et mélodique attribués conventionnellement aux duos de guitares.

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Brozman, en ethnomusicologue averti, avait bien pris la peine d’expliquer à l’auditoire de Québec à quel point il se sentait humblement privilégié de partager la scène avec un musicien de la trempe de Debashish. Bhattacharya a développé entre autres un instrument innovateur : la “Hindustani slide guitar“. Il s’agit d’une guitare Hofner à laquelle il a ajouté une plateforme de bois tout le long du manche permettant l’ajout de 17 cordes à résonance sympathique, ajoutant des possibilités rythmiques et harmoniques des plus intéressantes (en tout, 22 cordes !). Debashish Bhattacharya est probablement un des plus grands joueurs de guitare slide; sa technique et sa sensibilité ont complétement envouté la foule et des années plus tard, j’en suis à peine revenu.

Debashish Bhattacharya / Bob Brozman - Maa

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Márta Sebestyén et son ensemble Muszikas ouvrent aux mélomanes quelque peu aventureux la porte sur le monde fascinant de la musique hongroise. Il faut remercier les disquaires audacieux qui ont permis aux albums de l’étiquette Hungaroton de côtoyer les productions nord-américaines et françaises au milieu des années 80, à défaut de quoi je n’aurais jamais eu la chance d’entendre le groupe hongrois spécialiste du répertoire traditionnel magyar.

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L’essentiel de la musique folk hongrois a survécu à deux guerres mondiales, la dissolution de l’empire austro-hongrois, et l’imposition du socialisme soutenu par l’État. On peut en attribuer le mérite à Zoltán Kodály, un compositeur, ethnomusicologue et pédagogue de renom et au célèbre Béla Bartók. Kodály et Bartók ont parcouru la Transylvanie rurale au début du siècle pour noter et transcrire les chansons du folklore traditionnel. Bartók s’est plus tard servi de plusieurs de ces mélodies dans ses propres travaux modernistes; il a entre autres choses établi une distinction très nette entre la “musique savante hongroise jouée par les Tziganes” et la “musique paysanne”.

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Márta Sebestyén a découvert le fruit de ces recherches alors qu’elle remportait un concours de chant; accompagnée par Muszikas, elle a entrepris de redonner vie à cette musique si particulière (ornementations mélodiques et rythmiques, influences turque, asiatique et tchèque,transpositions audacieuses). Jetez une oreille (et même les deux) aux albums de l’ensemble qui roule sa bosse depuis plus d’un quart de siècle. Vous risquez d’être quelque peu déroutés par les détours que prend l’accompagnement rythmique; portez attention au gardon, un instrument de percussion qui ressemble un peu à un violoncelle avec 3 cordes seulement.

Muzsikas a remporté le WOMEX Award 2008 pour avoir réussi à préserver l’héritage culturel hongrois pendant plus de 35 ans.

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Muzsikas - Hidegen Fujnak a Szelek

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J’écrivais - en avril 2008 - à propos de la musique (et de la carrière inexistante ici) de la tubiste Shirley Anne Hoffmann. Elle partage sa vie avec le compositeur, producteur et multi-instrumentiste Momo Rossel qui a ravi le public de Victoriaville dans les années 90 avec son groupe Nimal. Accompagné par les américains Tom Cora et Pippin Barnett, du slovène Bratko Bibic et du suisse Jean Vin Huguenin, Momo Rossel a livré avec Voix de surface un album extraordinaire et une vision très personnelle de la direction à prendre pour faire évoluer la musique Folk en y infusant une dose d’énergie propulsée par des musiciens de très haut niveau et une instrumentation très variée (guitare, bouzouki, vielle à roue, accordéon, basse, violoncelle, batterie).

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Probablement un des albums les plus excitants qu’il m’ait été donné d’entendre. Momo a développé plusieurs autres projets avec ses amis et collaborateurs - Shirley Anne Hofmann (euphonium), Gilles Vincent Rieder (percussion), Cédric Vuille (clarinette) - que je vous invite à découvrir par le biais de l’étiquette LabelUsines.

Nimal - In Tenda

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Fiez-vous sur moi, Hazmat Modine va sortir de New York un de ces quatre ! Cet ensemble pas ordinaire a été fondé dans la Grosse Pomme par l’harmoniciste diatonique Wade Schuman qui s’est inspiré de la musique des bourgades de l’Amérique rurale entre les années 20 et 60 (je sais, la palette est large) en fusionnant ses éléments les plus racinaires (Country Blues, Swing, Klezmer, New Orleans R&B et Jamaican Rocksteady) et par une utilisation plus que judicieuse de deux harmonicas diatoniques, d’une guitare, d’un cymbalom roumain, d’un sheng chinois, d’une claviola, d’une guitare hawaïenne, d’une trompette, d’un tuba et de percussions variées.

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Ça fait beaucoup penser aux Cheap Suit Serenaders ou aux Primitifs du Futur (du moins dans son intention), mais la facture est vraiment très bien ancrée dans la tradition américaine. La proposition musiciale d’Hazmat Modine tient autant du jazz d’avant-garde, que du rockabilly ou du western swing. Elle est aussi teintée d’influences moyen-orientale, africaine et hawaïenne. Wade Schuman a aussi avoué son admiration pour le groupe Huun-Huur-Tu de Mongolie qui s’est fait connaître pour son utilisation judicieuse du chant de gorge, une technique vocale ahurissante permettant au chanteur de produire deux notes en même temps en utilisant la résonnance harmonique créée par l’interaction du placement des muscles de la gorge et de la langue dans le palais.

Hazmat Modine m’a fait penser immédiatement à Tom Waits, mais après écoute attentive on a vraiment affaire à des artistes originaux et authentiques, véritablement dédiés à la transmission d’une certaine tradition américaine qui témoigne de la vivacité du melting pot culturel new-yorkais.

Hazmat Modine - It Calls Me

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La musique composée par Neil Young pourrait se définir comme “du folk-rock acoustique mâtiné de country“, c’est du moins ce que laisse entendre une biographie de l’encyclopédie Wikipédia. Mais c’est bien plus que cela, vous vous en doutez bien. Le Torontois de naissance Neil Percival Young a contribué - après ses débuts avec The Squires, le succès naissant de Buffalo Springfield et la gloire du quatuor Crosby, Stills, Nash & Young - à une partie assez considérable du vocabulaire musical de L’Homme Scalp.

Facilement reconnaissable par sa voix haut-perchée, une guitare omniprésente et des textes très personnels, Young est responsable d’un engouement certain pour le folk acoustique; on lui doit entre autres un respect essentiel pour la musique country, l’invention d’une forme de rock grunge bien avant les balbutiements des petits-culs de Seattle et la confirmation qu’un artiste a parfaitement le droit de s’aventurer dans le territoire de création qu’il veut bien occuper, au moment jugé opportun, sans demander l’avis aux requins de l’industrie.

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En dépit de plusieurs tragédies personnelles (maladies graves, divorce, deux garçons atteints de handicaps moteur et mental, disparition brutale d’amis), Neil Young poursuit sa carrière de musicien depuis plus de 40 ans. Chaque album est particulièrement marqué par le contexte du moment présent et parfois politiquement engagé. Il a reçu le Prix de l’Académie Charles-Cros pour son album Harvest qui est cité comme un des plus grands albums de l’histoire. Choisir une pièce représentative de son oeuvre implique une décision trop douloureuse, tellement son catalogue est riche et foisonnant. En voici une, comme ça à tout hasard, toute simple.

Neil Young - One Of These Days

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