Festival d'été de Québec


J’allais oublier KISS. Je pense qu’un compte-rendu de cette soirée est purement inutile. Des images peut-être. Assez efficace que la bouille de cet émule de Gene croisé sur la rue Saint-Joseph.



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Ça s’est passé sur les Plaines en territoire canadien. Employons donc le terme à la mode au sein de la communauté journalistique musicale. Ainsi je pose la question: à qui devrons-nous référer quand viendra le temps de déterminer l’artiste le plus « fédérateur » du FEQ?

Kiss? Sting? Placido Domingo? Non.
The Lost Fingers? Vous n’y êtes pas du tout.

La palme revient sans contredit à Brian Setzer. N’allez pas croire qu’un ensemble de cuivres (2 sax alto, 2 sax ténor, 4 trompettes, 4 trombones), un contrebassiste, un batteur et deux choristes produira de la musique de chochotte! Parlons plutôt de rock and roll endiablé, d’un swing ravageur, d’un orchestre de bonne humeur, tout ce qu’il faut pour que ça décolle.

Le public était aux anges. Des petits jeunes à la patte lousse, des quinquagénaires qui trippent fort avec un grand sourire dans la face. Setzer fait ce qu’il veut, et ce depuis toujours. C’est comme ça depuis ses débuts avec les Stray Cats – alors qu’on s’emmerdait avec la pop plate des années 80, Setzer nous envoyait Rock This Town, rappelez-vous! – et ça se poursuit encore aujourd’hui avec beaucoup de classe.





Le matériel du BSO est tellement juteux qu’on ne voit pas comment le spectacle peut tomber: Pipeline, Stray Cat Strut, Ring Ring Ring, Gene & Eddie, Jump Jive & Wail et Sleepwalk, le grand classique de Santo and Johnny.

Et quel extraordinaire guitariste, faut-il le rappeler. Setzer ne se contente pas d’aligner les solos, il harmonise les pièces à sa guise avec une facilité déconcertante, tout en se permettant des citations assez amusantes de temps en temps (ouverture avec le thème de Batman, Stray Cat Strut enchaîné avec la Panthère Rose de Henry Mancini, un extrait du Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakov).

Je vous parlais de Sam Butera il y a quelques temps. Le saxophoniste a fait sa marque aux côtés de Louis Prima, particulièrement sur Jump Jive and Wail. C’est à eux que rend hommage Setzer.

Brian Setzer Orchestra (live) – Jump Jive an’ Wail

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Petit retour sur le 10 juillet au Festival d’été de Québec.

Sous un soleil de plomb à Place d’Youville, alors que les spectateurs ne se pressaient pas devant la scène préférant les trop rares zones d’ombre, Dominic Cravic et sa bande se sont présentés pour jouer le répertoire sans âge des Primitifs du Futur. Un véritable bonheur pour la poignée de fans de l’ensemble (faciles à repérer, ils étaient littéralement scotchés à la clôture!) et assurément une découverte pour les badauds et les curieux qui ont envahi progressivement le devant de la scène.

On a découvert d’emblée un groupe très soudé, un swing ravageur, un saxophoniste de très grande qualité (Daniel Huck, non seulement excellent, mais tout un personnage!), le leader et guitariste Dominic Cravic (terriblement efficace à la pompe!), Jean-Michel Davis (percussionniste de talent et conservateur de vieille musique), François Parisi, un accordéoniste virtuose (nécessaire pour le musette), la très efficace Fay Lovsky (basse, guitare de poche, scie, theremin) et la chanteuse Claire Elzière.



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Les concerts ont été merveilleux, d’un point de vue strictement musical. Particulièrement celui de midi. Interrogés un peu plus tard par votre humble serviteur, Dominic, Daniel, Jean-Michel et Fay ont été impressionnés par la grande qualité et le professionnalisme du personnel technique autour de la scène de Place d’Youville. Un bon point pour le Festival d’été de Québec. Un beau moment, simple, souriant. De la très belle musique, des interprètes hors pair. Rendez vous chez votre disquaire et dévalisez-le de ses albums des Primitifs du Futur.

La soirée qui a suivi au pub Saint-Alexandre a été moins confortable. Le propriétaire et les organisateurs du FEQ devront repenser certaines petites choses s’il veulent répéter l’expérience de ce genre de concerts. J’ai été agressé toute la soirée par une ‘musique d’ambiance’ avant et après la première partie. Je ne vois pas vraiment ce que BLONDIE, HEART, SUPERTRAMP, PINK FLOYD, ROD STEWART venaient faire dans nos oreilles avant un concert de jazz manouche, java, musette! Interrogée là-dessus, la serveuse nous a appris que, selon son gérant, c’est le genre de musique auquel nous allions avoir droit ce soir-là!



À PROPOS DES PRIMITIFS DU FUTUR

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Daniel Huck est un homme absolument charmant. Invité à notre table, il a parlé de tout sans réserve. De la vie, des enfants, de l’amour, du vieillissement, de sa maison et de sa passion pour le jazz et les vieux disques. Et Il est très drôle sur scène: quand les spectateurs applaudissent chaleureusement, il ponctue avec un retentissant « Et encore, on se retient! »

Dominic Cravic est affable, gentil, mais j’ai senti chez lui une certaine lassitude. Alors que je lui parlais du Ukulele Club de Paris, il m’a appris que Cyrille Lefebvre (génial guitariste et fondateur du groupe) était malade et qu’il avait combattu un cancer.

Fay Lovsky a fait tourner les têtes avec ses beaux traits de néerlandaise. Je l’ai trouvée fatiguée et très réservée. Et elle ne comprenait pas mon accent québécois, je crois. Je me reprendrai par écrit. Je vous invite à rechercher ses disques solos ou à mettre la main sur son album LA BANDE DESSINÉE. Elle est plus agréable à regarder jouer du Theremin que Clara Rockmore!

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François Parisi a tenté sérieusement de m’entretenir de la situation linguistique des Québécois en Amérique en insistant sur le fait que nous allions être engloutis par les Angles un de ces jours! J’ai souri et répondu à l’accordéoniste que j’allais réfléchir à ça plus tard bien assis sur ma « rocking-chair »… Ah, les Français!

Jean-Michel Davis est définitivement la personne à rejoindre au sein des P du F, si vous avez envie de parler de vieux disques et de musique disparue des années 20. Un collectionneur et un musicien passionnant.


QUELQUES NOTES SUR LA FAUNE DU FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC:

    Les porteurs de laissez-passer et autres promoteurs en périphérie du FEQ sont facilement reconnaissables, bien au-delà de la couleur de ce qui leur pend au cou : ils sont toujours en mouvement, parlent sans arrêt et n’écoutent pas vraiment la musique.
    12 jeunes calottés, aux biceps en évidence, avec leurs blondes toutes aussi hormonisées, se sont pointés au Pub Saint-Alexandre et ont choisi de bavarder TRÈS FORT comme s’ils étaient à la brasserie du coin après les cours au CEGEP. Ils n’avaient pas remarqué le gars avec une guitare devant eux qui tentaient d’expliquer la nature ou la provenance des pièces jouées par les musiciens.

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L’année dernière, à peu près à la même date, j’écrivais à quel point le nouvel album des PRIMITIFS DU FUTUR était une bénédiction. Je vous réfère à ce texte si vous hésitez encore à les voir à Place d’Youville le 10 juillet et en fin de soirée au Pub Saint-Alexandre.

Malgré son caractère en apparence vieillot, l’univers des Primitifs du Futur en est un que doivent absolument connaître les plus jeunes. Tout un pan de la culture populaire française envoyé avec simplicité, humour et une virtuosité décapante. Guitares (beaucoup!), ukulele, scie musicale, thérémine, accordéon, bandonéon, xylophone, vibraphone, harmonica, cuivres, contrebasse, joués par des gens sincères et totalement dédiés à leur art et au plaisir de le transmettre. Une tribu de musiciens branchés sur le jazz, la java, les bandes dessinées, l’esprit français, pris dans son sens le plus positif, héritage des immigrés italiens et de l’Auvergne.

Du bonbon! Je vous dis !

QUI ? OÙ ? QUAND ?

Les Primitifs du Futur, 10 juillet, Place D’Youville 12:00 (midi) et Pub Saint-Alexandre en soirée

Primitifs du Futur (E.Berelowitsch)



Les Primitifs du Futur – Menage a trois, Spooky Cat

Les Primitifs du Futur – La valse hindoue

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Festival d’été de Québec : journée d’ouverture

Un public prudent choisira à coup sûr le doublé Pink Martini – The Lost Fingers. Le premier (un ensemble de 12 musiciens de Portland Oregon) offrant du matériel de très grande qualité (3 albums tous excellents), une instrumentation parfaite et la voix troublante de China Forbes. Quant aux « Doigts Perdus« , que dire de plus que tout ce qui a été écrit depuis la parution de leur premier album? Je conseillerais aux esprits chagrins (ils sont nombreux) de mettre de côté tout le bataclan ‘musique pop’ et de tourner leur intérêt vers l’aspect jazz manouche qui est nettement plus intéressant. Les guitares sont jouées avec une fluidité renversante.

Les promeneurs (ils sont de tous les publics, car ils doivent se déplacer d’une scène à l’autre) rencontreront fort probablement l’Orchestre d’hommes-orchestre sur leur chemin. Cherchez un camion Chevrolet 1963 et vous les trouverez: accompagnés des Cackle Sisters, ils offrent un théâtre et un imaginaire musical hors du commun (Orgue à klaxons, souliers à claquettes sur le toit, aileron musical, portes qui grincent, antenne magnétique, yodel agricole, moteur). Pour ma part, je le répète, il s’agit d’une révélation. Respectueux d’un riche passé musical en Amérique du Nord, l’OHO a le mérite de réactualiser un trésor oublié.

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Les plus aventureux seront certainement à Place D’Youville pour danser avec Los de Abajo – un orchestre déjà qualifié de « punk tropical » dans la presse musicale mondiale – des jeunes mexicains qui proposent une combinaison de rock, de salsa, de reggae et de cumbia. Décoiffant, explosif et revendicateur ! Ou peut-être descendront-ils au théâtre Impérial sur la rue Saint-Joseph pour voir et entendre le quatuor américain DeVotchKa afin de connaître enfin les responsables de l’extraordinaire musique du film Little Miss Sunshine (manouche, grecque, slave, boléro, punk et folk).

Et n’oubliez pas M (Chédid est son nom de famille). Le prodigieux guitariste et compositeur français est cette année l’artiste en résidence au Grand Théâtre de Québec. Il est possible de le voir plusieurs soirs dans le cadre d’une série de concerts-laboratoires très justement intitulés Labo-M. Détail intéressant: les spectateurs sont debout sur la scène de la salle Louis-Fréchette! Autre détail: M présente le premier de ses 3 concerts un jour avant le début du FEQ soit le 8 juillet.

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QUI ? OÙ ? QUAND ?

Pink Martini, Scène Bell 20:15
The Lost Fingers, Scène Bell 22:15
L’Orchestre d’hommes-orchestre, rue Saint-Jean

Du lundi au vendredi : entre 18 h et 23 h
Samedi et dimanche : entre 13 h et 23 h

Los de Abajo, Place D’Youville 19:30
DeVotchKa, Impérial de Québec 21:05
M, Grand Théâtre de Québec, 20:30 (8,9,10 juillet)



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