Cover, Hommage


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Tant qu’à faire dans le nostalgique, prenons le temps de souligner le passage de Mary Hopkin au firmament des étoiles (ça y est, ils vont m’embaucher à Musicographie!) de la musique pop en 1968. Elle doit le début de sa carrière au mannequin Twiggy qui l’a vue participer à l’émission Opportunity Knocks et l’a recommandée à Paul McCartney. Et comme le hasard fait bien les choses, Po-Paul cherchait des artistes à produire au sein de sa toute nouvelle étiquette Apple Records. La Galloise impressionne tout le monde avec sa voix cristalline (elle se produisait déjà dans les pubs folks de son pays et de la Grande-Bretagne) et elle enregistre avec Paul la chanson Those Were The Days, un tube qui atteint le sommet des palmarès en Angleterre et aux États-Unis. Malgré une compétition féroce avec Sandie Shaw (voir YouTube ci-bas), elle en est l’interprète la plus connue. Voilà pour l’enregistrement du succès (5 versions suivent plus bas). Mais, comme d’habitude, “There is more to it!”.

Peut-être ne le saviez vous pas, mais cette chanson s’appelle en réalité Дорогой длинною (Dorogoi Dlinnoyu, si votre russe est un peu rouillé) et qu’elle a été écrite par Boris Fomin sur un texte du poète Konstantin Podrevskii. La chanson rappelle une époque où régnait la jeunesse et un idéalisme romantique. Tellement fort comme concept, qu’elle a été réécrite en anglais par Gene Raskin, qui fréquentait alors le White Horse Tavern; bien sûr sa version parle de l’âge d’or du folk qui ne reviendra plus, à l’époque de Bob Dylan, Tom Paxton, Phil Ochs, les Clancy Brothers et Tommy Makem. C’était le bon temps, “those were the days”.

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Elle a aussi été reprise en français par Dalida, Vicky Leandros (Le temps des fleurs), les américains The Fifth Dimension, par les Leningrad Cowboys (pour le film de Aki Kaurismäki) et en Allemand par Hopkin elle-même ainsi que par Karel Gott. La chanson a même été massacrée par Ground Zero, en format ‘musique actuelle’.

Mary Hopkin - Those Were The Days

* Le cri du coeur : “Maudite nostalgie!” est protégé par droit d’auteur et appartient à Madame D.G. que j’embrasse ici tendrement.

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Les lecteurs réguliers de cette page et les auditeurs de l’émission de radio L’Homme Scalp (jadis sur les ondes de CKRL) savent que j’affectionne particulièrement les albums produits par Robert Stevie Moore. Bien sûr parce qu’il est un bon musicien, original et créatif; mais aussi parce qu’il a ce ‘je ne sais quoi’ qui fait la marque des vrais artistes. Moore fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il veut.

Robert Stevie Moore, de la famille du bassiste Scotty Moore (qui accompagnât Elvis, rien de moins!), est aussi celui qui fondait, dans les années 80 un club de cassette assez unique. L’artiste était déjà reconnu pour son travail de rafistoleur de studio maison, de retapeur de bandes maîtresses et d’enregistrement lo-fi; mais il a eu la bonne idée d’inviter les artistes en herbe comme lui à faire parvenir leurs cassettes ou de contribuer à des oeuvres collectives en ajoutant simplement leur partie à des oeuvres pré-existantes déjà entamées en multipistes. Ce qui signifiait à l’époque que les artistes n’avaient même pas besoin de se rencontrer. Génial, surtout pour des musiciens qui devaient travailler avec le strict minimum (pour ne pas dire sur le B.S!!!)

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Donc, encore dans une reprise d’un grand classique, RS nous livre sa version d’une bagatelle célèbre de Ludwig Van Beethoven, une pièce pour piano solo en La mineur que le compositeur avait réservée à une certaine Thérèse… mais a dû prudemment se résoudre à la dédiée à une autre.

Robert Stevie Moore - Für Elise

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En 1996, l’étiquette indépendante Parallel World publiait l’album Cambodian Rocks, une collection étonnante de rock de garage et de musique psychédélique cambodgienne des années 60 et 70; n’eut été de la curiosité de Paul Wheeler (un touriste américain, du genre qui pose des questions et qui va au bout de ses passions), ce nouvel idiome musical n’aurait probablement jamais vu le jour (parmi nous du moins).

Wheeler, en transit entre le Japon et son pays natal, est en Asie du Sud. Une camionnette s’arrête pour le faire monter alors qu’il faut du pouce au Cambodge. L’Américain remarque que le conducteur fait jouer inlassablement des cassettes de musique fuzz-punk-rock de son pays et Wheeler fait par la suite l’acquisition d’une pelletée de cassettes du même genre sur la rue. De retour à Phnom Penh, il est déjà passablement accroché à ce rock quasi infectieux et commence à compiler les connaissances et les informations sur sa production; la musique doit entre autres beaucoup à la culture acid-rock britannique et americaine de son époque, mais ne se contente pas seulement de copier, mais de lui invigorer une partie essentielle de sa culture locale. On peut imaginer que les artistes se sont abreuvés à même la radio des Forces Armées Américaines et les musiciens ne se sont pas gênés pour utiliser (parfois de façon abusive) l’orgue, le fuzz, le wah-wah et toutes ces inventions qui ont révolutionné le rock au cours de cette période bénie.

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On peut aussi présumer que les musiciens et artistes entendus sur la compilation en question n’ont reçu aucune rémunération pour l’exploitation de leur musique et qu’ils ont probablement été assassinés par le régime des Khmers Rouges qui a pris le pouvoir au milieu des années 70. Un extrait, en espérant que vous aurez la curiosité de ramasser cet album s’il vous tombe sous la main. Vous reconnaitrez l’air, je crois…

Ros Sereysothea - Wolly Polly

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Aujourd’hui, une reprise. Et de mon propre blogue à part ça. Ça provient de la page du 1er novembre 2007, alors que j’écrivais un texte à propos des instruments à vent, particulièrement les basses. J’aime tellement la pièce que je vous la repasse, pour ceux qui n’ont pas lu l’article.

Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

Premièrement, un vidéo de l’artiste en concert et en bas de page un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

Shirley Anne a accompagné des présentations du chef-d’oeuvre documentaire Nanook of the North, a tourné et endisqué avec les groupes Orkester Ben Jeger, L’Ensemble Rayé, Nimal, Bratko Bibic and Madleys et tourne avec le spectacle musical HonkyStonky.

Shirley Anne Hoffmann - Over the Rainbow

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Il est sur toutes les bouches, dans tous les salons; critiques, musiciens, artistes de toutes disciplines, tous se réclament de lui. Sa voix grince à la radio, il reçoit des prix, il fait l’objet de films bizarres; on assiste à un revival en bonne et dûe forme de Robert Zimmerman. Bob Dylan est IN.

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Je vous ai déjà parlé de son émission Theme Time Radio Hour sur les ondes de XM Radio Satellite (qui est disponible ici, remerciez-en ses fans finis) et peut-être de ses écarts dans plusieurs autres formes d’art. Mais il faudra aussi sérieusement considérer l’oeuvre très particulière conçue, mise en scène et réalisée par Todd Haynes.

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Le film I’m Not There est non seulement très réussi, très cohérent, mais il a aussi la qualité d’effleurer une oeuvre artistique qui couvre cinq décennies avec délicatesse et à-propos. L’auteur aborde quelques aspects de la personnalité de Dylan en permettant à ses acteurs d’y ajouter une dimension personnelle. Tapez-vous le film et dégustez les performances inouies de Heath Ledger, Christian Bale et Cate Blanchett.

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En pleine période de promotion, The Weinstein Company et la station de radio WFUV ont eu l’excellente idée de présenter un concert hommage pour faire connaître les musiciens qui ont participé à l’excellente bande sonore du film et permettre aussi à plusieurs de ses acteurs de tâter de la scène et livrer leur propre interprétation de l’artiste et de ses chansons.

L’événement historique a eu lieu mercredi le 7 novembre 2007 au Beacon Theatre de New York et a réuni sur scène My Morning Jacket, Calexico, The Roots, J. Mascis, Mason Jennings, Yo La Tengo, Stanley “Buckwheat” Dural, Glen Hansard & Marketa Irglova, Mark Lanegan, John Doe, Michelle Shocked & Jimmy LaFave, Dan Hicks & The Hot Licks, Joe Henry, Terry Adams Rock & Roll Quartet, Al Kooper & Funky Faculty, Ian Ball & Olly Peacock, Lee Ranaldo & the Million Dollar Bashers et leurs invités spéciaux Todd Haynes et Heath Ledger.

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“But I was not there…” direz-vous. Pour pallier à ce non-problème, l’Homme Scalp vous présente une version condensée des deux disques qui seront tirés du spectacle. J’ai privilégié certains artistes peu connus et j’ai aussi édité le contenu LIVE qui rendait l’écoute un peu fastidieuse.

I’m Not There - The Concert (version éditée)

La liste de chansons:

01. Michael Dorf - Introduction
02. Mira Billotte & Million Dollar Bashers - As I Went Out One Morning
03. Jim James & Calexico - Goin’ to Acapulco
04. Joe Henry & Calexico - Senor
05. Mark Lanegan & Calexico - Man In The Long Black Coat
06. Chris Bailey & the Million Dollar Bashers - Maggie’s Farm
07. Dan Hicks and the Hot Licks - Subterranean Homesick Blues
08. Ian Ball & Olly Peacock - Don’t Think Twice, I’ts Allright
09. Edward Sharpe and the Magnetic Zeros - All I Really Wanna Do
10. Lee Renaldo & the Million Dollar Bashers - Can’t Leave Her Behind
11. Terry Adams - Rainy Day Women
12. Yo La Tengo & Friends - I Wanna Be Your Lover
13. Joe Doe & the Million Dollar Bashers - Ballad of a Thin Man
14. The Roots - Masters of War

Pet Sounds

Selon Sir Paul McCartney, légendaire scarabée bientôt dépouillé de ses millions, il s’agirait de la plus belle chanson jamais écrite. Bien qu’elle soit légèrement pompeuse, je suis assez d’accord avec cette évaluation de God Only Knows des Beach Boys.

Parce qu’on a affaire à un authentique ‘chef d’oeuvre’. La pièce a été composée par Brian Wilson, le texte est de Terry Asher et le chant principal est assuré par Carl Wilson, frère de l’autre. Techniquement très achevée, elle est de loin un des morceaux les plus sophistiqués jamais composés alors par les Beach Boys. Non seulement y reconnait-on la signature légendaire des ‘gars de plage’, mais elle dévoile aussi un arrangement absolument superbe et une orchestration impeccable (accordéon, violon, violoncelle, cuivres et bois) du genre à faire rougir George Martin. La rumeur étant que Paul aurait été tellement saisi par l’album Pet Sounds (1966) qu’il se serait mis à l’écriture de Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band. The rest is history.

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Dégustez donc l’originale ainsi que plusieurs versions. Notez particulièrement celle de Julia Nunes (vidéo YouTube), une jeune et hyper talentueuse pratiquante du ukulele dont le talent me rend sans voix (merci à rapaz pour la plogue!).

Considérez tout d’abord Petra Haden, violoniste américaine de grand talent. La madame a un bagage musical considérable alors qu’elle n’a pas encore atteint la quarantaine. Fille du contrebassiste Charlie Haden, elle a contribué aux albums des Decemberists, Beck, Mike Watt, les Foo Fighters, Green Day, Yuka Honda et avec ses soeurs violoncelliste Tanya et bassiste Rachel au sein des Haden Triplets. Elle a récemment commis un arrangement de Sell Out des Who pour un choeur a capella de 10 femmes.

Switchfoot offre un assez bel arrangement du classique God Only Knows, très fidèle à l’original. Le groupe est originaire de San Diego. Les gars ont eu quasiment peur de toucher à la pièce, c’est vous dire comment elle est parfaite.

La version d’Elvis Costello provient d’un enregistrement de sa tournée avec le quatuor à cordes The Brodsky Quartet alors que l’ensemble se produisait en spectacle au New York Town Hall en 1993. L’arrangement est intelligent, calibré, plein de belles trouvailles. Mais la voix de EC risque de ne pas plaire à tout le monde.

Pour ceux qui comme moi auraient noté le talent de Julia Nunes, sachez qu’elle génère beaucoup d’attention sur Youtube et qu’elle a déjà son propre site web et lancé un album autoproduit.

Petra Haden - God Only Knows

The Beach Boys - God Only Knows

Switchfoot - God Only Knows

Elvis Costello and The Brodsky Quartet - God Only Knows

Oui, oui. Je sais. Pas trop bavard, par les temps qui courent. Que voulez-vous… des obligations et très occupé. Dois-je le répéter? Ce blog n’existe que dans un contexte de plaisir. So wait for the shit to come!

En passant, je tiens à aviser que je ne vous parlerai pas du massacre annuel de la Saint-Valentin. Ça m’énerve trop. Si vous saviez ce que nous avons fait, moi et madame, je ne suis pas certain que vous vous en remettriez… c’était pourtant très romantique.

Je suis en très de faire du gros ménage sur mon ordinateur. Et le toujours très suave et élégant Dick Cheese (pas certain que je veux vous la traduire, celle-là!) m’amuse comme toujours avec des réinterprétations de classiques du cinéma et de la télévision. En attendant la prochaine page, voici pour votre bon plaisir un thème bien connu. Dédié aux nerds de la G des **** !

Écoutez ça: Richard Cheese - Darth Vader’s Theme

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Le parcours du mélomane est ponctué de ces petits moments où la découverte fait place au plaisir pur causé la plupart du temps par un simple sursaut de curiosité. Prenez cet album The Flat Earth de Thomas Dolby paru en 1984. En plus de développer tranquillement un goût pour l’éclectisme, j’étais conditionné à cette époque par la musique pop qui était offerte par le marché aux gens de ma génération. Et je ne saurais vous dire exactement comment je suis arrivé à mettre la main sur cet album; tout ce que je sais, c’est qu’enregistré sur un ruban dioxyde de Chrome et lu dans le Walkman, ça sonnait pas rien qu’un peu, ça sonnait beaucoup.

Thomas Dolby est un petit prodige de la production et des claviers; le britannique avait déjà pété la baraque de la chanson pop avec She Blinded Me With Science (mon dieu! je me relis et je trouve que je commence à ressembler à un VJ de Musique Plus!) avant de lancer ce deuxième disque, une réussite à tout point de vue. La pièce I Scare Myself attira rapidement mon attention; un enrobage latino-américain, un bijou de production, la voix excellente et surtout un solo de trombone TRÈS efficace! Et j’adore le trombone. Le fait qu’il s’agissait d’une reprise était de moindre importance.

Thomas Dolby - I Scare Myself

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Des années plus tard, je tombe par hasard sur l’album It Happened One Bite d’un certain Dan Hicks (la galette, retrouvée en usagée, dans un magasin de la rue Saint-Jean) a vite fait de m’intéresser. Hicks offre un swing-jazz largement inspiré du Hot Club of the France livré en plus avec un humour de bon aloi. Je commence à ramasser tout ce que je peux sur le bonhomme et je découvre un musicien hors pair, du bonbon pour les oreilles.

C’est à l’écoute de son album Striking It Rich que… bingo! je tombe à nouveau sur I Scare Myself et que je comprend ce qui a accroché Dolby. Un texte simple, une ambiance mexico-western, une complainte triste et lancinante, une mélodie construite sur deux accords, tout ça de façon efficace. Genre de pièce qui vous marque au fer rouge. Pour finir de m’achever, Dan Hicks est ensuite invité de mon émission fétiche NIGHT MUSIC diffusée à l’époque sur les ondes de la CBC (je vous en reparlerai) et le gars est aussi sympathique que je l’avais imaginé. Intelligent, vif, subtil et surtout TRÈS COOL.

Je suis obligé de remercier Thomas Dolby; c’est par SON intérêt pour la pièce que s’est ouvert pour moi une porte vers une certaine forme de swing-jazz-bluegrass et un musicien légendaire dont je peux très certainement affirmer qu’il a marqué la musique américaine.

Dan Hicks - I Scare Myself

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