Cover, Hommage


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Le passage de Paul McCartney à Québec n’a pas fini de faire des vagues. En plein cœur du Festival d’été 2008 et probablement sous le coup d’un accès de chaleur, l’animateur de CKIA Jean-François Trépanier a requis les services de L’Homme Scalp dans le cadre d’une émission spéciale sur les acteurs qui chantent. J’ai aussitôt proposé ce montage sur l’œuvre des Beatles reprises par des acteurs de cinéma ou des personnages de la télévision. Pourquoi ne pas le partager avec vous? En prime, mes notes de micro. La chanson est au bas du texte.

L’univers des Scarabées ne se limite pas uniquement à John, Paul, George et Ringo! C’est aussi des milliers et des milliers de versions de leurs chansons (30 gigs dans mon ordinateur!) Pour un certain nombre de raisons - mais principalement celle de profiter de leur succès et de faire de l’argent en surfant sur la vague - certains acteurs de cinéma et de la télé ont tenté de reprendre l’oeuvre des Fab Four, sans toutefois réussir à en extraire la substantifique moelle.

Entrer dans le monde des reprises des Beatles, c’est pénétrer dans un grand trou noir. Et on n’est pas certain d’en ressortir ! Alors, Inspirons-nous du trou… on va le regarder bien comme il faut… et votre paupière devient lourde, très lourde, de plus en plus lourde, voici le bloc Scarabées on the rocks. Et ça commence avec l’acteur George Burns, mort centenaire en 1996, fumeur de cigares, qui reprend Fixing a Hole, pièce célèbre de l’album du Sergent Poivre!

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GEORGE BURNS : né Nathan Birnbaum, (tiens! un autre juif de NY qui a modifié son nom pour faire carrière à Hollywood) Burns participe à un projet douteux de Robert Stigwood, gérant des Bee Gees, qui a eu l’idée d’un film reprenant l’oeuvre maîtresse Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Très douteux!

MAY WEST : Bien plus qu’un célèbre dessert, elle chante aussi Day Tripper! Une actrice américaine de vaudeville qui a eu sa part de gloire, mais a aussi rencontré des problèmes avec la censure, en raison de ses nombreuses allusions au sexe. L’album Way Out West! (totalement étonnant) lui permet aussi de reprendre les succès des Doors et des Rolling Stones.

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PETER SELLERS : “Help” à la manière d’un sermon à la messe et “She Loves You” avec l’accent de son célèbre nazi du film Docteur Folamour. Sellers s’amuse avec la bénédiction de Ringo Starr et de George Harrison dont il était l’ami personnel.

BUGS BUNNY et ses amis : Un disque pour enfant, paru en 1995. Pas vraiment une réussite. Plutôt une basse manoeuvre commerciale de Warner Brothers. The Fool on The Hill est livrée ici à la sauce New Age! “Swami, show ‘em the way!”

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GOLDIE HAWN : L’actrice met toute la gomme dans le cadre de l’album In My Life de George Martin. Je trouve ça personnellement d’un mauvais goût extraordinaire! L’actrice n’écoute pas vraiment ce qu’elle est en train de dire. A Hard Day’s Night will not make you feel all right.

BING CROSBY : Oui, Bing lui-même, le roi des ventes de disques, avec sa voix basse qui rappelle à quel point le marshmallow est un produit de haut de gamme! Le gars a l’air d’être entré en studio en s’ennuyant profondément! Hey Jude manque cruellement de sincérité. Le tout noyé dans un arrangement de corde franchement puant! Once again : «Give Paul a Chance!»

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WILLIAM SHATNER : Le capitaine Kirk s’est senti poète et reprend avec toute la fougue de l’acteur de théâtre le classique surréaliste Lucy In The Sky With Diamond de John Lennon. Désolé John, mais Shatner est bien plus surréaliste que toi!

JOE PESCI : L’acteur minuscule des films de Scorsese a connu une carrière de chanteur. Il a lancé cette version de “Got to get you into my life” en 1972 sous le nom Little Joe Ritchie!

Burns, West, Sellers, Bugs, Hawn, Crosby, Shatner, Pesci - To help Jude fix a day up the hill or in the sky, she would love you to get him into her life or out of a hard day’s night

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Petit lundi blafard et terne. Je me sens comme un mal de mer. Une autre de Robert Stevie Moore devrait me remettre les idées en place. Qui est-il? J’en ai parlé ici et . Les curieux iront voir. RSM a le don de revisiter les grands classiques à sa manière. Celui-ci est une énigme depuis toujours pour moi. Demandez aux vieux pops de votre connaissance (je parle ici des baby boomers vieillissants qui deviennent nostalgiques à la seule mention de leurs glorieuses années 60) de vous chanter quelques lignes de A Whiter Shade of Pale de Procol Harum. Vous aurez droit à des paroles plutôt floues et incompréhensibles.

We skipped a light fandango,
Turned cartwheels ‘cross the floor.
I was feeling kind of seasick,
But the crowd called out for more.
The room was humming harder,
As the ceiling flew away
.

Hmmm! Pas certain, là. En tout cas, la mélodie est belle. Vous constaterez toutefois que RSM n’a pas tenu compte du caractère quasi-religieux de l’arrangement original.

Robert Stevie Moore - A Whiter Shade of Pale

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Petty Booka. Aussi connu sous Petty and Booka. Comme son nom l’indique, le groupe musical japonais est composé de deux filles (devinez leur prénom) qui chantent et jouent du ukulele. Le duo a passé une bonne partie de sa carrière à interpréter des classiques du ukulele hawaïen (pour en découvrir plus sur l’instrument, je vous dirige immédiatement - majuscule-clique sous Windows - vers cet article) et aussi à revoir des classiques de la culture rock and roll. Les deux membres originales du groupe ont quitté et ont été remplacées par Chiba et Saitama.

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L’album Ukelele Lady (il faudra consacrer un article à cette chanson des années 20, reprise par à peu près tout le monde, dont le comédien Peter Sellers entre autres) regorge de reprises intéressantes, légères et ô combien touchantes. En particulier celle-ci, une ballade de l’album Rain Dogs de Tom Waits. Ça fait changement de la voix graveleuse de Tom et c’est très rafraîchissant. Tiens, je vais aller me concocter un petit drink bien frais!

Petty Booka - Hang Down Your Head

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Après quelques jours passés dans la musique actuelle (que le percussionniste Pierre Tanguay préfère appeler ‘la musique du futur’), plongeons plus légèrement dans les eaux boueuses - et ô combien nettoyantes - de la musique légère à consommation rapide. Un phénomène toujours étonnant de la fin des années 60 (et de la désillusion progressive résultant de l’échec de plusieurs des utopies propres à cette époque merveilleuse) est la récupération sans vergogne des éléments les plus florissants de la musique psychédélique et de la culture flower power par une industrie du disque qui cherchait par tous les moyens à réaliser LE crossover lui permettant de faire le plus d’argent possible.

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Et pour démontrer le phénomène, portons notre attention sur une oeuvre magnifique - et en même temps complètement inutile - de l’ensemble vocal The Brothers Four. Bob Flick, John Paine, Mike Kirkland et Dick Foley, des jeunes gens bien propres qui se sont rencontrés à l’université de Washington, ont fondé le groupe folk américain en 1957 à Seattle. Ils ont connu leur période de gloire avec un premier album, un contrat chez Columbia et des passages fréquents à la télévision. Mais leur étoile a rapidement pâli avec l’arrivée de chanteurs folk un peu plus aventureux (les Américains disent “edgy”), de Bob Dylan et de l’invasion britannique. Mais ils ont tenté bien sûr, sous les conseils d’un gérant sans scrupule, de profiter de la manne hippie. Ils faut bien vivre, voyez-vous.

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The Brothers Four - Revolution

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Tant qu’à faire dans le nostalgique, prenons le temps de souligner le passage de Mary Hopkin au firmament des étoiles (ça y est, ils vont m’embaucher à Musicographie!) de la musique pop en 1968. Elle doit le début de sa carrière au mannequin Twiggy qui l’a vue participer à l’émission Opportunity Knocks et l’a recommandée à Paul McCartney. Et comme le hasard fait bien les choses, Po-Paul cherchait des artistes à produire au sein de sa toute nouvelle étiquette Apple Records. La Galloise impressionne tout le monde avec sa voix cristalline (elle se produisait déjà dans les pubs folks de son pays et de la Grande-Bretagne) et elle enregistre avec Paul la chanson Those Were The Days, un tube qui atteint le sommet des palmarès en Angleterre et aux États-Unis. Malgré une compétition féroce avec Sandie Shaw (voir YouTube ci-bas), elle en est l’interprète la plus connue. Voilà pour l’enregistrement du succès (5 versions suivent plus bas). Mais, comme d’habitude, “There is more to it!”.

Peut-être ne le saviez vous pas, mais cette chanson s’appelle en réalité Дорогой длинною (Dorogoi Dlinnoyu, si votre russe est un peu rouillé) et qu’elle a été écrite par Boris Fomin sur un texte du poète Konstantin Podrevskii. La chanson rappelle une époque où régnait la jeunesse et un idéalisme romantique. Tellement fort comme concept, qu’elle a été réécrite en anglais par Gene Raskin, qui fréquentait alors le White Horse Tavern; bien sûr sa version parle de l’âge d’or du folk qui ne reviendra plus, à l’époque de Bob Dylan, Tom Paxton, Phil Ochs, les Clancy Brothers et Tommy Makem. C’était le bon temps, “those were the days”.

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Elle a aussi été reprise en français par Dalida, Vicky Leandros (Le temps des fleurs), les américains The Fifth Dimension, par les Leningrad Cowboys (pour le film de Aki Kaurismäki) et en Allemand par Hopkin elle-même ainsi que par Karel Gott. La chanson a même été massacrée par Ground Zero, en format ‘musique actuelle’.

Mary Hopkin - Those Were The Days

* Le cri du coeur : “Maudite nostalgie!” est protégé par droit d’auteur et appartient à Madame D.G. que j’embrasse ici tendrement.

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Les lecteurs réguliers de cette page et les auditeurs de l’émission de radio L’Homme Scalp (jadis sur les ondes de CKRL) savent que j’affectionne particulièrement les albums produits par Robert Stevie Moore. Bien sûr parce qu’il est un bon musicien, original et créatif; mais aussi parce qu’il a ce ‘je ne sais quoi’ qui fait la marque des vrais artistes. Moore fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il veut.

Robert Stevie Moore, de la famille du bassiste Scotty Moore (qui accompagnât Elvis, rien de moins!), est aussi celui qui fondait, dans les années 80 un club de cassette assez unique. L’artiste était déjà reconnu pour son travail de rafistoleur de studio maison, de retapeur de bandes maîtresses et d’enregistrement lo-fi; mais il a eu la bonne idée d’inviter les artistes en herbe comme lui à faire parvenir leurs cassettes ou de contribuer à des oeuvres collectives en ajoutant simplement leur partie à des oeuvres pré-existantes déjà entamées en multipistes. Ce qui signifiait à l’époque que les artistes n’avaient même pas besoin de se rencontrer. Génial, surtout pour des musiciens qui devaient travailler avec le strict minimum (pour ne pas dire sur le B.S!!!)

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Donc, encore dans une reprise d’un grand classique, RS nous livre sa version d’une bagatelle célèbre de Ludwig Van Beethoven, une pièce pour piano solo en La mineur que le compositeur avait réservée à une certaine Thérèse… mais a dû prudemment se résoudre à la dédiée à une autre.

Robert Stevie Moore - Für Elise

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En 1996, l’étiquette indépendante Parallel World publiait l’album Cambodian Rocks, une collection étonnante de rock de garage et de musique psychédélique cambodgienne des années 60 et 70; n’eut été de la curiosité de Paul Wheeler (un touriste américain, du genre qui pose des questions et qui va au bout de ses passions), ce nouvel idiome musical n’aurait probablement jamais vu le jour (parmi nous du moins).

Wheeler, en transit entre le Japon et son pays natal, est en Asie du Sud. Une camionnette s’arrête pour le faire monter alors qu’il faut du pouce au Cambodge. L’Américain remarque que le conducteur fait jouer inlassablement des cassettes de musique fuzz-punk-rock de son pays et Wheeler fait par la suite l’acquisition d’une pelletée de cassettes du même genre sur la rue. De retour à Phnom Penh, il est déjà passablement accroché à ce rock quasi infectieux et commence à compiler les connaissances et les informations sur sa production; la musique doit entre autres beaucoup à la culture acid-rock britannique et americaine de son époque, mais ne se contente pas seulement de copier, mais de lui invigorer une partie essentielle de sa culture locale. On peut imaginer que les artistes se sont abreuvés à même la radio des Forces Armées Américaines et les musiciens ne se sont pas gênés pour utiliser (parfois de façon abusive) l’orgue, le fuzz, le wah-wah et toutes ces inventions qui ont révolutionné le rock au cours de cette période bénie.

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On peut aussi présumer que les musiciens et artistes entendus sur la compilation en question n’ont reçu aucune rémunération pour l’exploitation de leur musique et qu’ils ont probablement été assassinés par le régime des Khmers Rouges qui a pris le pouvoir au milieu des années 70. Un extrait, en espérant que vous aurez la curiosité de ramasser cet album s’il vous tombe sous la main. Vous reconnaitrez l’air, je crois…

Ros Sereysothea - Wolly Polly

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Aujourd’hui, une reprise. Et de mon propre blogue à part ça. Ça provient de la page du 1er novembre 2007, alors que j’écrivais un texte à propos des instruments à vent, particulièrement les basses. J’aime tellement la pièce que je vous la repasse, pour ceux qui n’ont pas lu l’article.

Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

Premièrement, un vidéo de l’artiste en concert et en bas de page un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

Shirley Anne a accompagné des présentations du chef-d’oeuvre documentaire Nanook of the North, a tourné et endisqué avec les groupes Orkester Ben Jeger, L’Ensemble Rayé, Nimal, Bratko Bibic and Madleys et tourne avec le spectacle musical HonkyStonky.

Shirley Anne Hoffmann - Over the Rainbow

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