Country Swing


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Les lecteurs de l’HS qui auront téléchargé le concert hommage à Bob Dylan dans le cadre du lancement du film I’m Not There auront probablement remarqué la présence (remarquable) de Dan Hicks et ses Hot Licks qui ont livré un excellent Subterranean Homesick Blues. Dan Hicks est un vétéran de la scène folk; depuis ses débuts avec les Charlatans au milieu des années 60, jusqu’à aujourd’hui avec les Hot Licks, il présente une forme de swing jazz (respectueusement inspiré de Django Reinhardt) qui vaut véritablement le détour pour tout amateur de musique qui se respecte.

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Hicks a, entre autres, un sens de l’humour décapant et ses musiciens font preuve d’une virtuosité évidente. En plus du violoniste Sid Page, il s’est adjoint les services des chanteuses Naomi Ruth Eisenberg et Maryann Price, cette dernière affichant un style ressemblant à celui de Anita O’Day. Le disque culminant du groupe est très certainement l’album Last Train to Hicksville, que je vous recommande chaudement. Dan Hicks connait depuis les 10 dernières années une véritable renaissance et a lancé quelques albums réalisés avec le concours de plusieurs amis musiciens: notons entre autres la présence de Elvis Costello, Rickie Lee Jones, Bette Midler, Tom Waits et Brian Setzer sur l’album Beatin’ the Heat.

Dan Hicks and The Hot Licks - My Old Timey Baby

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Toujours dans le but d’éduquer les masses laborieuses, poursuivons l’exploration des contrées sauvages de la musique américaine avec une question simple: qu’est-ce que le Western Swing ?

Je dirais qu’il s’agit en premier lieu d’une extraordinaire mixture de ‘musique de violoneux’, fusionnée à plusieurs styles de jazz, de blues et de musique populaire, destinée essentiellement à un public amateur de danse. Une combinaison éclectique de musique rurale folk, de western, de polka, mélangée à du swing à la sauce Django, mâtinée de jazz et de blues de New Orleans et jouée la plupart du temps par un ’string band’ endiablé accompagné souvent à la batterie, au saxophone, au piano et surtout à la steel guitar, ce dernier instrument étant essentiel à la sonorité parfaitement reconnaissable de cette musique typique du sud-ouest des États-Unis.

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Herbert Clayton Hank Penny en est un excellent interprète et practicien, en plus d’être un joueur de banjo accompli et de cumuler une carrière de comédien à la télévision dans les 50. Il est à l’origine des Radio Cowboys, a formé les Plantation Boys à la radio pendant la deuxième guerre mondiale, avant de lancer l’album Hillbilly Be-Bop, un classique de l’étiquette Ace Records qui s’est retrouvé (tout à fait par hasard) entre mes mains alors que j’étais en train de les salir dans un magasin de disques de l’ouest de Montréal.

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Hank Penny a développé son sens du comique en travailant dans les clubs et dans les casinos, mais il a surtout intégré sa passion du jazz (une musique essentiellement noire) à son country swing qui en est ainsi devenu encore plus populaire. Ont évolué autour de lui les Merle Travis, Jimmy Wyble et Jaye P. Morgan, tous virtuoses, musiciens et chanteurs passionnés de cet idiome musical. Je vous défie de rester de mauvaise humeur.

Hank Penny - These Wild Wild Women

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Je vous faisais entendre il y a quelques jours la voix pénétrante de Ken Nordine. Le style narratif sur disque, c’est du bonbon!  Il y a quelques années, la narration en musique permettait aux non-chanteurs de se faire valoir. Il s’agissait de déclamer en utilisant une voix basse et profonde afin de convaincre l’auditeur de porter attention à une histoire passionnante. Un concept qui s’est avéré efficace et lucratif pour le marché du disque Western. Et ce, bien avant l’arrivée de Sergio Leone et de la musique d’Ennio Morricone.

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Dans le genre, on ne peut passer à côté de ‘Big Bad John’, une chanson dramatico-comique (ou l’inverse, c’est selon) rendue célèbre en anglais par Jimmy Dean et reprise par des dizaines d’interprètes (dont Johnny Cash, Tex Williams et Tennessee Ernie Ford. J’ai choisi de vous présenter celle de Homer and Jethro, un peu moins connue et légèrement modifiée. Le public québécois a eu droit à la version  particulière de Réal Giguère qui l’a endisquée sous le titre ‘Gros Jambon’ (avouez que ça lui allait bien!) et aussi par Léo Rivest, le straightman de Claude Blanchard.

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Tant qu’à présenter des exemples de chansons narratives, il y a aussi ‘Ghost Riders in The Sky’ rendue célèbre par L’Homme en Noir, mais qui rencontre toute sa dimension musicale lorsque interprétée par le groupe Kaleidoscope. Écoutez ça, c’est très prenant. Le succès sans précédant de ces deux pièces explique peut-être la mise en marché de la chanson ‘Ringo’ par l’acteur canadien Lorne Greene de la série Bonanza. La compagnie de disques n’a pas pris de chance et a immédiatement réclamé l’enregistrement d’une version en francais pour le marché québécois. Ça ne manque pas de charme et c’est en même temps un peu ‘corny’ comme disent les Américains.

Homer and Jethro - Big Bad John

Réal Giguère - Gros Jambon

Johnny Cash - Ghost Riders in The Sky

Kaleidoscope - Ghost Riders in The Sky

Lorne Greene - Ringo (french version)

Dans les années 80, les mélomanes partagaient leur musique en réalisant des cassettes artisanales contenant une sélection de pièces agencées selon le goût du compilateur. Incroyable ce que nous arrivions à produire avec une platine à cassette et quelques disques vinyles (les plus jeunes n’arrivent pas à me croire!)

Je dois remercier Jean-François pour sa fameuse cassette contenant quelques étrangetés dont en particulier cette chanson fort amusante: I’m My Own Grandpa de Homer & Jethro. Le duo humoristique formé de Homer Haynes et Jethro Burns avait fait pas mal de millage en 1948 avec cette chanson au texte échevelé construit sur une histoire de famille étonnante. L’auteur du texte fait la démonstration qu’en tant que beau-père de sa propre belle-mère, il était devenu en réalité son propre grand-père!

La chanson, écrite par Dwight Latham et Moe Jaffe, a aussi été reprise par Guy Lombardo, Ray Stevens, Tom Arnold et même Willie Nelson! Et il en va de la chanson comme dans tous les autres secteurs de la culture: pour paraphraser Lavoisier “rien ne se perd, rien ne se crée”. Alors qu’on croyait à un coup de génie des compositeurs, on constate après quelques recherches que la pièce à une histoire plus qu’intéressante et contient plusieurs déclinaisons. Lisez-moi ceci ou bedon cela pour en avoir le coeur net ou pour allumer votre curiosité. Et on m’apprend aussi (merci à J.C. pour l’info) que Philip J. Fry de la série Futurama prétend aussi être son propre grand-père… ça n’a plus de fin!

My Own grandfather by Mark Twain

After long years as a bachelor I was tired of being alone and married a widow with a grown daughter. My father fell in love with the daughter and took her as his wife. This made me my own son-in-law and my stepdaughter became my mother. After a year my wife gave birth to a son. Now, my son was my father’s brother-in-law and at the same time my uncle, since he was my stepmother’s brother. But my father’s wife also gave birth to a son. So this was my brother and also my grandson, since he was the son of my daughter. This meant I’d married my grandmother, since she was the mother of my mother. As my wife’s husband, I was also her grandson. And since the husband of a grandmother is always a grandfather, I am my own grandfather.

Et si la chanson apparaît à prime abord incompréhensible, dites-vous qu’il est possible de consulter un schéma pour la comprendre. Allez voir cette page si vous avez la nostalgie du tableau noir.

Écoutez : Homer and Jethro - I’m My Own grandpa

Ceci dit, je suis toujours surpris de constater le recours au ‘hasard’ dans les cas d’accusation de plagiat. Et mon étonnement fut encore plus grand quand j’ai entendu un jour Robert Charlebois nous sérénader une histoire tout à fait similaire dans une pièce ‘originale’ écrite par Laval Bélanger et publiée sur l’album LE CHANTEUR MASQUÉ. Avouez qu’on reste surpris quand on connait déjà la chanson de Homer & Jethro.

Et je me suis toujours demandé si Charlebois et Bélanger avaient plagié consciemment, ou s’il s’agit d’un hasard. Jugez-en par vous-même!

Écoutez: Robert Charlebois - Famille composée

J’ai découvert Sam Bush par un ami musicien qui pratique lui aussi sur ce petit instrument fascinant qu’est la mandoline. Et ça s’adonne que l’américain de Bowling Green Kentucky en est un de ses meilleurs exécutants. Bush est apprécié un peu partout dans le milieu des amateurs de New Grass comme étant LE mandoliniste par excellence. Sa version de Let It Snow! Let It Snow! Let It Snow! ne manque pas de punch, c’est le cas de le dire.

Ça provient d’un album de la série ‘A Very Special Christmas’ dont les profits sont versés à l’organisation des Olympiques Spéciaux et l’album A Very Special Acoustic Christmas’ avait l’intérêt de présenter un menu tout étoile de l’idiome Country/Western/Bluegrass avec, entre autres, Earl Scruggs, Ralph Stanley, Ricky Skaggs et Willie Nelson.

“Some people say a man is made outta’ mud
A poor man’s made outta’ muscle and blood
Muscle and blood and skin and bones
A mind that’s a-weak and a back that’s strong”

You load sixteen tons, what do you get?
Another day older and deeper in debt.
Saint Peter, don’t you call me, ’cause I can’t go;
I owe my soul to the company store…

Ces paroles légendaires sont les premiers mots de la chanson Sixteen Tons, celle par qui j’ai entendu la voix magnifique de Tennessee Ernie Ford. Grande carrière à la radio, sur disque et à la télévision. Un grand monsieur plutôt straight, propre de sa personne. J’ai une tonne de chansons de Noël country; celle-là, écrite et publiée en 1951, est originale et bien tournée.

A Rootin Tootin Santa Claus