Avant-garde


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Originaire de Rouyn-Noranda, le duo Geneviève et Matthieu s’est fait connaître avec 3 albums qui ont permis d’exprimer leur désinvolture et de diffuser le produit de leur démarche unique, un savant mélange d’arts plastiques, de poésie, de performance, d’humour et de mélodies. Leur propension à l’originalité se traduit sur scène par une explosion visuelle extravagante et improvisée. Leur statut public demeure toutefois confidentiel et il est largement temps de les faire connaître. Aussi, je recommande chaudement les albums Mélodies et Crions notre joie, ainsi que leur dernière galette Rouge-gorge parue en 2007.

Genevieve et Mathieu - Blue-jeans

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Un autre extrait de la série Filmworks de John Zorn. Rappelons que le projet permet au compositeur new-yorkais d’écrire et de livrer une musique de films à des producteurs de cinéma indépendants qui peuvent ainsi l’exploiter dans leurs oeuvres. Le musicien (qui est aussi directeur de l’étiquette Tzadik) se réserve toutefois le droit d’éditer ses oeuvres lui-même sur disque. La pièce Shanghai a été créée pour le film Port of Last Resort (titre original Zuflucht in Shanghai, réalisé et produit par Joan Grossman et Paul Rosdy), un documentaire sur les réfugiés juifs qui ont émigré à Shanghai après avoir fui l’Allemagne nazie dans les années 30. L’album FilmWorks VIII permet d’entendre le talent remarquable des musiciens qui accompagnent le compositeur dans ses aventures: Min Xiao-Fen (pipa), Greg Cohen (contrebasse), Erik Friedlander (violoncelle), Kenny Wollesen (batterie, percussions, vibraphone) et Marc Ribot (guitare).

John Zorn - Shanghai

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Quand j’étais jeune adolescent, un ami de ma mère qui travaillait pour Capitol Records laissait parfois des cadeaux à la maison (entre autres choses, une paire de billets pour un concert de Gentle Giant, avouez qu’il s’agit d’un souvenir percutant!). Parmi les trésors qu’il nous laissait, je me rappelle d’un album très étrange qui commençait par le bruit d’un compteur Geiger et qui livrait des rythmes hypnotiques produits entièrement par des instruments électroniques. Il s’agissait de Radio-Activity des légendaires Kraftwerk.

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Les Allemands sont de véritables visionnaires de la musique électronique. De formation classique, Ralf Hütter et Florian Schneider ont créé une pop-électronique qui a influencé de manière considérable l’évolution de la musique des 30 dernières années, de la new-wave à la techno, en passant par le hip-hop et la house. Leur musique purement électronique s’abreuve à même la technologie qui devient ainsi moyen et source d’inspiration. L’album “Autobahn”, lancé en 1974, est un véritable tournant de l’évolution du duo qui a fait mouche en livrant une ode au réseau autoroutier allemand.

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J’ai choisi de vous présenter le classique Autobahn arrangé par The Balanescu Quartet (ensemble à cordes). Le morceau est un tel joyau que l’arrangeur impose à ses musiciens de reproduire le plus fidèlement possible les sons électroniques à même leurs instruments à cordes. Un défi habilement relevé par le violoniste et compositeur roumain.

The Balanescu Quartet - Autobahn

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Il Gran Teatro Amaro est la version acoustique d’un projet beaucoup plus rock et éclaté de Francois-Régis Cambuzat et Roberta Possamai fondateurs d’un groupe appelé The Kim Squad, fortement influencé par Crime & the City Solution (Nick Cave). Après avoir écumé la scène indépendante italienne, le vocaliste et l’accordéonniste se lancent dans un projet plus léger destiné à être joué dans les bars et sur la rue, les fêtes, les vernissages et même les funérailles. Plus amer et fortement théâtral, Il Gran Teatro Amaro secoue son public et n’accepte pas le comportement parfois passif ou peu intéressé des spectateurs dans les lieux publics; Francois Cambuzat invective les spectateurs bruyants, s’assoit à leur table, boit leur vin et raconte de longues histoires pour convaincre le public.

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Le groupe a eu la chance d’être repéré par l’étiquette Recommended Records et a endisqué “Port Famine”, “Hotel Brennessel”, “Piazza Orphelins” et “La Vie en Rouge” avant de s’éteindre de sa belle mort au milieu des années 90. Pas eu la chance de voir ça par chez nous, bien sûr. Les producteurs locaux sont trop occupés à présenter des spectacles hommage à des artistes décatis et à gaver le public de leur soupe imbuvable. Mais un jour, nous vaincrons! En attendant, voici une petite pièce très charmante extraite de l’album “Piazza Orphelins” pour souligner l’existence de ces artistes de grand talent.

C’est la 45ème pièce de la compilation Musique Pas d’Air. Le hasard fait bien les choses, car L’Homme Scalp célèbre son 45ème anniversaire demain 1er juin.

Il Gran Teatro Amaro - Ritik Ma Na-Rif Uyn

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L’idée était premièrement de réunir des musiciens de grand talent. Des gens qui sont des maîtres de leur instrument, mais qu’il est impossible de cantonner dans un style trop précis. À vrai dire, le genre de personnes que détestent les critiques paresseux collectionneurs de termes abusifs et vaseux (”le pape du jazz”, “le Miles de sa génération”, “le Pat Metheny de la musique actuelle”, vous voyez un peu le genre). Alors voilà : Ça s’est produit en 1987. Une rencontre étonnante entre les américains Henry Kaiser (guitare), John French (batterie) et les britanniques Fred Frith (guitare, basse, violon) et Richard Thompson (guitare). 2 albums (Live, Love, Larf & Loaf et Invisible Means) et une tournée américaine pour faire saliver les amateurs.

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Tous des musiciens accomplis, aux intérêts très divers (et à l’horaire chargé). Mais de véritables artistes, selon moi. Thompson a quelque peu réduit le penchant avant-gardiste des trois autres, mais a aussi par le fait même teinté le résultat final avec sa touche folk-rock et son humour très particulier. Amusant parfois (une reprise de Surfin’ USA) et la plupart du temps joué avec élégance et virtuosité (The Second Time), avec en prime des pièces qui nous ont permis de découvrir des cultures différentes (Hai Sai Oji-San de Shoukichi Kina).

French, Frith, Kaiser, Thompson - Lizard’s Tail

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Je viens de remarquer - après consultation de la programmation - la présence de Cyro Baptista au Festival d’Été de Québec 2008. il s’agit du fantastique percussionniste brésilien des innombrables projets du compositeur arrangeur saxophoniste new-yorkais John Zorn. Je vous dis ça comme ça (en passant, parce qu’on y reviendra): Allez le voir et l’entendre.

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Pendant ce temps-là, on va savourer une petite pièce savamment ficelée, comme seule Zorn peut le faire. Dans le cadre de la série Filmworks, il s’est amusé à livrer sa propre version de ce qui serait, selon lui, une véritable bande sonore pour les films de son choix. Des projet réels ou fictifs. Pour illustrer la carrière de l’artiste Maya Deren, Zorn a agencé des ambiances minimalistes, du easy-listening et des petits motifs courts et répétitifs. C’est efficace et encore une fois très réussi. L’album s’appelle Filmworks X - In the mirror of Maya Deren. y entend Erik Friedlander (violoncelle), Jamie Saft (piano, claviers, wurlitzer), Cyro Baptista (percussions) et John Zorn (saxophone et percussions sur quelques titres).

John Zorn - Haiti

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