90's


01-tom-400.jpg

Est-ce que je dois vraiment vous convaincre d’écouter Tom Waits? Thomas Alan Waits - compositeur, chanteur, réalisateur musical, musicien et acteur américain - a produit plus de 21 albums, a collaboré à une dizaine de musiques de films, en plus de participer, comme acteur, à 22 films long-métrage (Sylvester Stallone, Francis Ford Coppola, Jim Jarmusch, Terry Gilliam, Wim Wenders, Robert Altman, Roberto Benigni). Waits débute comme chanteur de night-club avec ses ballades de crooner, mi-parlées, mi-chantées sur fond de jazz, et fait preuve d’un lyrisme éloquent, alors qu’il évoque, dans un style qui rappelle celui de Raymond Chandler ou de Charles Bukowski, le monde désabusé des bars enfumés (Closing Time, The Heart of Saturday Night, Small Change, Foreign Affairs, Blue Valentine).

02-tom-400.jpg

Après une longue collaboration avec les réalisateurs américains Francis Ford Coppola (Rusty James, Outsiders, One From The Heart, Cotton Club et Dracula) et Jim Jarmush ((Down by Law, Coffee and Cigarettes), Tom Waits produit une série d’albums beaucoup moins conventionnels dans lesquels il propose une instrumentation éclectique et un sens de la composition et du théâtre qui font de Swordfishtrombones, Rain Dogs et Frank’s Wild Years des oeuvres modernes et exceptionnelles qui tiennent encore la route 20 ans plus tard.

Quelques années plus tard, Waits se lance dans la réalisation de son album The Black Rider en compagnie de l’écrivain et raconteur extraordinaire William S. Burroughs; le disque confirme entre autres son intérêt croissant pour le théâtre.

03-tom-burroughs-image012.jpg

Cette courte biographie est insuffisante pour expliquer à quel point Tom Waits est en parfaite concordance artistique avec son temps et laisse tranquillement sa marque sur l’univers théâtral et musical américain. Je vous laisse la pièce Just The Right Bullet qui a en plus un petit côté Ennio Morricone que je trouve particulièrement efficace.

Tom Waits - Just the Right Bullets

2052777759_1baa9011b0_o.jpg

J’avais l’habitude, il y a quelques années, d’arrêter dire bonjour aux gens de chez Sillons. Un disquaire indépendant de la rue Cartier à Québec (et en passant, ce genre de boutique est de plus en plus rare, alors arrêtez-y pour faire vos provisions). Et nous avons commenté en long et en large l’extraordinaire talent de ce jeune homme, Rufus Wainwright. Et je vais pour une fois passer sous silence tout l’aspect ‘fils de et fils de’… seulement vous dire que ça sort de ses mains et de sa bouche avec une telle aisance que c’en est consternant. Une belle voix - un peu nasillarde - et des compositions qui ne manquent pas de panache.

492px-rufus_wainwright.jpg

Bien que Rufus mène une carrière assez considérable aujourd’hui, je reviens constamment à ce premier disque un peu naïf, à la sentimentalité grandiloquente. Accompagné d’excellents producteurs (Pierre Marchand, Jon Brion) et d’arrangeurs de génie (Van Dyke Parks), il a produit là un album très réussi qui tient encore la route 10 ans plus tard.

Rufus Wainwright - In My Arms

sptfc063.jpg

Poursuivons avec CRO MAGNON. Et enfargeons-nous encore une fois dans une description réductrice de la musique produite ici par ces artistes belges: “musique de chambre urbaine avec influence folk“, qu’en dites-vous? Disons que je vous aurais normalement introduit plus doucement à la musique très particulière des compositeurs de ce côté-là de la musique moderne, mais il s’agira aujourd’hui d’une petite saucette.

Host unlimited photos at slide.com for FREE!

Si vous appréciez les compositions habiles et intelligentes de Art Zoyd, Univers Zéro et The Penguin Cafe Orchestra, Cro Magnon a ce qu’il vous faut en qualité, en finesse d’éxécution avec une touche d’humour qui rend le tout très comestible. On est définitivement dans un univers de musique classique, mais on est pas très loin du jazz, du folk et du rock. Pas de batterie, mais rythmiquement très fort.

Goûtez-moi ça!

Cro Magnon - Matonge

01-jep-470-l-hd.jpg

Aujourd’hui, une reprise. Et de mon propre blogue à part ça. Ça provient de la page du 1er novembre 2007, alors que j’écrivais un texte à propos des instruments à vent, particulièrement les basses. J’aime tellement la pièce que je vous la repasse, pour ceux qui n’ont pas lu l’article.

Le trombone! Oui! Pour faire savant, voici: Un instrument à air et à embouchure, muni d’une coulisse avec laquelle le musicien allonge ou raccourcit la colonne d’air en vibration pour modifier la hauteur des sons. L’instrument a un registre plus grave que celui d’une trompette et plus élevé que celui du tuba. Sa forme allongée courbée comme un «S» est immédiatement reconnaissable; il est aussi de la même famille que l’euphonium et on l’entend dans de nombreux genres musicaux, de la musique classique au jazz, en passant par la salsa, le ska, le funk, la musique militaire, les orchestres d’harmonie et les fanfares.

Premièrement, un vidéo de l’artiste en concert et en bas de page un extrait du premier album de la tromboniste et euphoniste Shirley Ann Hoffmann, une canadienne exilée en Suisse qui a passé ses années d’apprentissage à user son instrument sur les planches du célèbre (et aujourd’hui disparu) Vieux Munich de Montréal. Pas besoin de vous présenter le morceau (un classique), mais goûtez-moi l’interprétation subtile et l’arrangement qui tourne autour de quelques notes de la ligne de basse.

Shirley Anne a accompagné des présentations du chef-d’oeuvre documentaire Nanook of the North, a tourné et endisqué avec les groupes Orkester Ben Jeger, L’Ensemble Rayé, Nimal, Bratko Bibic and Madleys et tourne avec le spectacle musical HonkyStonky.

Shirley Anne Hoffmann - Over the Rainbow

hula_hawaiian_pizza.jpg

Poursuivons notre route en maintenant cette approche apaisante. Vous ai-je fait part de mon désarroi devant l’attitude condescendante adoptée par mes contemporains lorsqu’ils sont exposés à la musique hawaïenne? L’autre jour, alors que je m’esbaudissais emphatiquement sur les prouesses du Ukulele Club de Paris (voir l’article et les réactions à ce sujet), un collègue de travail a affiché un sourire quelque peu douteux avant de me lancer sans trop réfléchir : “Ah oui, la musique hawaïenne… c’est bien celle qu’on entend dans les films d’Elvis Presley, n’est-ce-pas?”. Je l’ai épargné, mais je me retenais à peine de lui asséner un discours appuyé sur la qualité et le respect élémentaire envers la culture et la musique des Îles.

art4dx.jpg

La musique hawaïenne, quelque soit sa déclinaison, charme à tout coup avec son célèbre glissando qui fait sourire et est devenu sa marque de commerce. Mais il faut la respecter, surtout si on met en rapport la petitesse de l’état américain d’où elle provient et la richesse culturelle qu’elle représente. Pour comprendre son extraordinaire héritage, on doit tenir compte de la musique folk traditionnelle dans son essence même: une large variété de chants et de musiques destinés à des danses hautement ritualisées appelées hula. Elle sert à exprimer le bonheur, la joie, l’adoration divine, communiquer la généalogie, la mythologie, accompagner les jeux et les fêtes.

01-page_po_hula_01_0706051713_id_34486.jpg

Il existe peu de mots précis dans la langue hawaïenne pour expliquer la musique à proprement parler, mais le vocabulaire devient élaboré quand vient le temps de parler du rythme, des instruments, des styles et de la production vocale. La musique hawaïenne est simple melodiquement et rythmiquement, mais est riche et complexe dans sa poésie et dans la subtilité des styles vocaux. Elle s’est considérablement transformée par acculturation quand les non-hawaïens ont commencé à arriver sur l’île: les cowboys mexicains parlant espagnols auraient fortement influencé la création musicale (notamment par l’introduction de certains instruments à cordes et possiblement aussi par le chant falsetto) et les Portugais auraient aussi mis du leur en apportant le braguinha, un petit instrument à 4 cordes, précurseur du ukulele.

brozman_title.jpg

Je vais un jour vous plonger dans le bain avec une compilation de mon crû, mais en attendant voici deux musiciens extraordinaires, grands pratiquants de la technique Slack Key Guitar: Bob Brozman - un américain à qui je dois mon intérêt approfondi pour le genre musical et un guitariste de génie - et Cyril Pahinui, fils du légendaire Gabby Pahinui, de qui il a repris l’héritage en perpétuant la tradition musicale honolulienne. La pièce Coquette provient de leur album Four Hands Sweet And Hot et je vous défie de conserver toute trace de mauvaise humeur après avoir écouté ça.

emcyrilpahinui1.jpg

Cyril Pahinui et Bob Brozman - Coquette

c6a65ce5.jpg

En train de feuilleter l’horaire de l’édition 2008 du Festival de cinéma des 3 Amériques, je tente de me bâtir une programmation personnelle des films à ne pas manquer. Tiens, un volet intitulé REGARD SUR LE CINÉMA DES PREMIÈRES NATIONS! Sommes-nous en train de faire du chemin quant à notre perception des indiens d’Amérique? On pourrait conclure positivement à la lumière de quelques indices, mais j’ai une nature patiente (et parfois pessimiste) et je crois plutôt que nous avons beaucoup de chemin à faire (surtout quand je mesure mon abyssale ignorance de l’histoire des peuples autochtones).

arnait_lg.jpg

Vous me voyez venir, j’imagine. J’ai envie, là tout de suite, sans prétention d’illustrer le chemin déjà parcouru avec quelques chansons bien de chez nous.

Muriel Milard - Il n’y a plus de sauvages au Canada

murielmillard.jpg

Un petit trésor de ma collection pour commencer. J’ai vu la madame à paillette pour la première fois dans le spécial Bye Bye de fin d’année à Radio-Canada avant de la voir terminer lamentablement sa carrière quand elle a pris la surréelle décision de peindre ses amis et connaissance en clown! (”c’t'était correct”, selon son frère!). J’ai longtemps pensé que cette chanson aurait pu pimenter de grands reportages radiophoniques sur la situation autochtone au Canada.

Madeleine Chartrand - Ani Kuni

3807.jpg

On ne peut passer à côté de ce trésor de la chanson pop. Les gens de ma génération la chante depuis leur enfance et le succès est demeuré vissé dans l’inconscient collectif des Québécois. Pas à dire, la fille de Michel et Simone avait scoré dans le mille.

Claude Péloquin - Monsieur l’Indien

peloquin-photo_nom290.jpg

Ceci dit, Madeline Chartrand ne faisait que fumer de la marijuana. Peut-on en dire autant du poète Péloquin et sa prose étrange… l’auteur était obsédé par la surpopulation mondiale et s’était donné comme mandat de ‘dire quelque chose’ aux autochtones. C’est fait.

Richard Desjardins - Nataq

desjardins1.jpg

Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit sur le poète, auteur et pamphlétaire de l’Abitibi? Je vais aller voir son nouveau brûlot intitulé ‘Le Peuple Invisible’. Il a dérangé ma bonne conscience à jamais avec un texte percutant sur l’album LE TRÉSOR DE LA LANGUE de René Lussier.

indienne1.jpg

Wampanoags, Paranokets
Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Je continue: Naragansetts
Béotuks, Péquots. Je fais une pause.

L’Espagne, la France, l’Angleterre,
Déjà là c’est plus reposant.
Pour discuter vocabulaire,
Faut commencer par être vivant.

Pour assurer notre survie
On a tué bien des personnes.
Leurs noms ne sont pas tous écrits
Dans les registres de la Couronne.

Si j’ai le droit de parler français?
Du fond de mon coeur, des os de mon corps,
Va demander ça aux Iroquois.
Pis profites-en, y en reste encore.

eagle.jpg

WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush affirme ne regretter nullement d’avoir lancé il y a cinq ans jour pour jour l’invasion de l’Irak, malgré son “coût humain et financier élevé” - près de 4.000 soldats américains tués et 500 milliards de dollars dépensés. Alors que la question d’un retrait éventuel des forces américaines d’Irak est au centre de la bataille électorale entre les candidats à sa succession, Bush a estimé “compréhensible” le débat sur l’opportunité de cette aventure militaire et ses chances de succès.

bush.jpg

GWB a mis ses GWG, chaussé ses bottes, noué sa cravate et a répété son discours, inlassablement. Et, avouons-le, George en a tenu des discours douteux (voir audio plus bas). Pendant ce temps, les démocrates continuent à hésiter entre deux candidats au fort potentiel; ô scandale, nous découvrons que Barack Obama aurait manqué de respect envers le drapeau! Hmmm… à vous de juger. Mais je vous conseillerais premièrement de porter attention à la lamentable interprétation de l’hymne national: êtes-vous certain qu’il ne s’agit pas d’un malaise? Et si Obama avait été pris de violentes crampes intestinales à l’écoute de cette horreur interprétée avec la subtilité mammouthesque d’un candidat de l’émission American Idol?

Tant qu’à célébrer un tel anniversaire, portons attention plutôt au Star Spangled Banner. Les paroles ont été composées par le poète Francis Scott Key et ont été extraites de ‘Defence of Fort McHenry’ après son bombardement à Chesapeake Bay par les navires anglais en 1812. La musique provient d’une chanson à boire britannique écrite par John Stafford Smith. Le texte comporte 4 strophes et seul le premier est normalement chanté par ses interprètes.

defence_of_fort_mhenry_broadside.jpg

L’hymne est bien sûr chanté lors de compétitions sportives majeures et pendant les cérémonies protocolaires; comme c’est souvent le cas des chants patriotiques, il est repris de diverses façons avec un degré de respect tout aussi variable. En voici quelques versions, mais juste avant, pour mettre la table, quoi de mieux que la fine prose de George W. Bush?

The George W. Bush Singers - War in Iraq

Tiny Tim - Star Spangled Banner

Chevy Chase - Nat’l Anthem

Betty Dylan - Star Spangled Banner

01-farmers_marketcd.jpg

La musique des Balkans, de l’Europe de l’est, de l’Asie Centrale et celle des pays du Nord ont beaucoup attiré mon attention au cours des dernières décennies. Je dois en attribuer la responsabilité au légendaire producteur Joe Boyd et les merveilleux albums publiés par l’étiquette Hannibal à qui je dois cette infection quasi permanente, ainsi que les courageux distributeurs North Side de Minneapolis qui ont été les premiers à faire connaître la nouvelle musique en provenance de la Suède, de Finlande, de la Norvège et du Danemark.

02-farmers4.jpg

Et il y a aussi ce fameux samedi soir où je suis tombé en bas de mon fauteuil en regardant la performance époustouflante du clarinettiste Ivo Papasov de Bulgarie lors de son passage à l’émission Night Music. Son ensemble offrait une musique absolument stupéfiante, avec des mélodies bulgares traditionnelles et des changements de signature rythmique essouflants et un quelque peu déroutants pour nos oreilles occidentales. Et l’animateur le présentait comme un ‘Wedding Band’ !

03-farmers1.jpg

Les amateurs de jazz et les mélomanes scandinophiles en ont tout autant pour leur argent avec Farmers Market de Norvège: changements rythmiques, patrons mélodiques orientaux, improvisation et humour. La musique de ce groupe délirant est un mélange de folklore bulgare, de standards de jazz et de musique populaire des dernières décennies. Pour ceux qui ne peuvent absolument pas se passer des dénominations génériques, on pourrait classer le genre dans la catégorie “Speed/Balkan/Boogie” (c’est d’ailleurs le titre de leur premier CD). Précisons toutefois que Stian Carstensen, Nils-Olav Johansen, Jarle Vespestad, Trifon Trifonov et Finn Guttormsen se réclament plutôt de la tradition R & B (Roumain & Bulgare!)

05-farmers_market_270.jpg

Je laisse à votre curiosité le soin de trouver leurs albums (ils se retrouvent dans les sections jazz et world de votre disquaire préféré; je vous recommande chaudement l’album paru chez Winter & Winter même si c’est un peu cher) mais voici deux pièces (extraites de Musikk Fra Hybridene paru en 1997) qui sont assez enlevantes: la première Gankino Horo est à prendre avec du thé et des petits biscuits… je vous dis, un vrai moment de douceur. Relaxez… et portez tout de même attention au batteur en début de pièce qui signale la rythmique: musique des Balkans à la sauce Metallica. Bonne chance!

Le deuxième morceau est un moment d’anthologie musicale: ça s’appelle Les Mystères Des Guitares Grand Prix (en référence au Mystère Des Voix Bulgares du Trio Bulgarka) et on peut y entendre 25 citations différentes de la musique populaire des dernières années en 3 minutes 11 secondes. Pouvez-vous en identifier quelques unes? Amusez-vous. Les deux morceaux qui suivent sont dédiés à tous ceux qui ont pouffé de rire en entendant François Pérusse massacrer l’expression ‘Jazz Scandinave’…

Farmers Market - Gankino Horo

Farmers Market - Les Mysteres Des Guitares Grand Prix

Page précédante · Page suivante