80's


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Officer! est un autre de ces innombrables OVNIs de la musique rock occidentale et l’album Ossification est toujours une rareté, quoique mes recherches m’apprennent que l’album paraîtra probablement cette année en ré-édition (telle est la rumeur au sein de la communauté bloguienne). De quoi s’agit-il?

Le groupe est un projet piloté par le britannique Mick Hobbs avec le concours d’une pléthore de musiciens et créateurs des États-Unis et de la Grande-Bretagne évoluant dans la sphère ‘musique actuelle‘, une planète de plus en plus large d’artistes dédiés à défoncer les barrières ou, moins prétentieusement, à faire simplement ce qu’ils ont envie de faire de façon auto-produite. Hobbs - bassiste, guitariste, percussionniste et musicien touche-à-tout - a fréquenté des artistes de la scène Canterbury et Rock In Opposition, en plus de produire du rock assez radical; il s’est ici entouré de Bill Gilonis (clarinette), Felix Fiedorowicz (basson), Andy Bole (guitare), Catherine Jauniaux (vocaliste extraordinaire), Tom Cora (violoncelliste de génie), Zeena Parkins (harpe électrique) et Georgie Born (violoncelle).

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L’album, enregistré en Angleterre et paru sur le label français AYAA en 1984, est un véritable petit bijou inclassable, un peu rock, un peu chanson, un peu folk, un peu électronique et tout ça à la fois. On peut parler de musique de pop bien ficelée, avec des arrangements allant de la musique de chambre au folk grano manière Incredible String Band. On s’attache rapidement à plusieurs pièces, dont celle-ci chantée par Judy Carter. Étrange, syncopée… et obsédante. Une frange toujours intéressante de la musique britannique.

Officer! - Anagrams


* La photo des membres du groupe The Work, Mick Hobbs est le 3ème à partir de la gauche.

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Il fête son 60ème anniversaire en 2008. Je pourrais vous présenter Lars Gustav Gabriel Hollmer en expliquant d’entrée de jeu que le pianiste, accordéoniste et compositeur suédois a une influence plus que considérable sur la musique rock progressive contemporaine et racinaire (entendre par là folk) de son pays; vous dire que le Suédois a endisqué des oeuvres majeures au sein de la demi-douzaine de groupes auxquels il a participé (Samla Mammas Manna, Zamla Mammaz Manna, von Zamla, Ramlösa Kvällar, Fem Söker En Skatt,Looping Home Orchestra, Accordion Tribe et les Québécois de La Fanfare Pourpour) pendant plus de 40 ans, en plus de collaborer avec les meilleures musiciens de la planète folk et improvisée; qu’il est le spécialiste des signatures rythmiques irrégulières et qu’il fait preuve d’une certaine audace improvisationnelle; qu’il défie toute classification, mais que sa musique a déjà été comparée à celle de Nino Rota, Robert Wyatt, Brian Eno et du Penguin Cafe Orchestra.

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Mais je préfère exprimer, de façon plus personnelle, une sympathie complète et totale envers le musicien de Uppsala. Ses mélodies, faussement naïves, me vont droit au coeur et ses délires rythmiques provoquent chez moi joie et allégresse (on se croirait à Noël!). Lars est capable de vous scier en deux en composant des lignes thématiques simples qui sont par la suite développées avec génie et lyrisme; et le compositeur est capable de vous tirer les larmes avec des images mélodiques d’une efficacité foudroyante.

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Le problème pour le critique, c’est que la musique de Lars Hollmer ne cadre nulle part. La qualifier de «rock progressif» est aussi productif que de comparer les Beatles à un groupe de blues ou décrire Stockhausen comme un pianiste de films muets. Et soyons bien clairs : il ne s’agit pas de musique traditionnelle suédoise! Il faut aller au-delà de tels raccourcis. Lars Hollmer n’emprunte aucun raccourci. L’écoute révèle des images – des chants religieux dans une église, un lac gelé, une bicyclette brisée, des jeux d’enfant, l’innocence, la tristesse. Tout comme Astor Piazzolla, Lars Hollmer est un compositeur sérieux qui utilise le vocabulaire de la musique populaire traditionnelle pour définir à son tour son propre vocabulaire. L’espièglerie galopante et l’enthousiasme contagieux de Lars laisse parfois place à l’expression la plus éloquente que je connaisse de la solitude. Ce n’est pas peu dire. Innocence, tristesse, une bicyclette brisée. Un compositeur peut-il vraiment rêver de plus?

— Fred Frith

Lars Hollmer - Vendeltid

© Le jeu de mot “tapez suédois” appartient en droits au groupe Les Batinses que je remercie drette-là.

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Ça s’est produit devant mes yeux, au 7ème Festival
International de Musique Actuelle de Victoriaville
en octobre 1989. Nous étions quelques centaines de spectateurs à attendre les yeux ouverts les artistes Iva Bittova et Pavel Fajt. Originaires de la République de Tchécoslovaquie (comme on l’appelait à cette époque), la violoniste et le percussionniste sont montés sur scène et ont offert une performance époustouflante de la musique issue de leur collaboration, une mixture audacieuse de rock moderne, de folklore gitan et slave.

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Le charme de Iva fut particulièrement dévastateur. Sa technique de violoniste est non seulement irréprochable, mais aussi très avant-gardiste; et cette voix pleine et riche ne se contentait pas de livrer des chants traditionnels, mais aussi de faire preuve d’un sens aigu de l’expression théâtrale. Bittova a mis tout son corps dans la performance. C’était… “in your face”!

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Soufflée, ébahie, la foule a réagi bruyamment avec une ovation toute aussi soutenue qu’elle était méritée. La violoniste est revenue quelques années plus tard avec le guitariste Vladimír Václavek avec qui elle a présenté les pièces du double album Bílé Inferno.

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Ça vaut la peine de partager avec vous ce que la violoniste appelle “son propre folklore personnel”… Voici en premier lieu, un extrait du film Step Across The Border écrit et réalisé par les documentaristes Nicolas Humbert et Werner Penzel qui ont illustré de façon brillante l’univers du guitariste anglais Fred Frith. La scène se passe dans une chambre d’hôtel à Bern en mars 1989. Fred écoute Pavel Fajt (guitare acoustique) et Iva Bittová (voix et violon). Une inter-relation simple et percutante entre deux formes d’expression artistique: la musique improvisée et le cinéma direct. La pièce s’appelle Morning Song. Ensuite, une pièce de la violoniste extraite de son premier album en solo Divna Slecinka.

Iva Bittova - Divna Slecinka

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Etron Fou Leloublan est un groupe rock progressif de l’avant-garde musical français. Ses membres ont créé 5 albums studio et 1 album en spectacle au cours d’une carrière qui s’est étalonnée entre 1976 et 1985. Ils sont venus à mes oreilles alors que le groupe était à son meilleur avec un album assez fantastique intitulé Les Sillons de la Terre où on retrouvait entre autres Le Lavabo, une chanson assez obsédante merci.

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L’ensemble a fait sa marque avec un sens de la dérision que n’aurait pas renié Alfred Jarry et a par la suite évolué très rapidement au contact des autres formations européennes issues du mouvement Rock In Opposition (Henry Cow, Univers Zero, Stormy six, Samla Mammas Manna), un collectif destiné à développer un réseau parallèle de distribution, de promotion et d’organisation de concerts. La formule développée par le bassiste Ferdinand Richard, le saxophoniste Bruno Meillier, la claviériste Jo Thirion et le batteur Guigou Chenevier était très efficace: Free Jazz, Free Rock, Punk, New Wave et théâtre burlesque. Les lignes mélodiques, simples et répétitives au premier abord, se révèlent vite d’une étonnante complexité avec de nombreuses cassures rythmiques. Un cocktail assez délirant.

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Une chanson de cette époque, très belle d’ailleurs. Dans laquelle Guigou livre des souvenirs de jeunesse.

Etron fou Leloublan - L’enfance de Guigou

Faire le ménage de ses disques, ça vaut toujours la peine. Tiens, j’écoute présentement un coffret magnifique couvrant la carrière du prolifique Richard Thompson, grand bonze du folk britannique. Le guitariste ne manque pas d’humour et il livre en plein concert un furieux ‘Ça plane pour moi‘ en hommage à l’entubeur belge Plastic Bertrand qui l’a rendu célèbre.

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Un carton de ce genre a TOUJOURS une origine, voyez-vous. Et malheureusement pour ses fans finis, Plastic Bertrand n’a pas du tout composé la chanson, il n’en a tiré que les paroles françaises. Cette chanson a été créée par Alan Ward pour son groupe Elton Motello; les paroles, jugées trop ‘risquées’ (expression anglaise signifiant “trop sexuelles”) avec des allusions au sex oral et à la transexualité, elle ne pouvait aller bien plus loin qu’un 45 tours sur étiquette Lightning Records. Dans son incarnation initiale, Elton Motello était formé de Robert ‘Nobby’ Goff à la batterie, Alan Ward comme chanteur, Mike Butcher à la guitare et un certain Dess à la basse.

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Deux producteurs belges, flairant la bonne affaire, ont décidé en entendant le riff TRÈS accrocheur (je vous mets au défi de résister) de reprendre la pièce, en y soustrayant bien sûr les paroles controversées pour les transformer en une bouillie incompréhensible que les amateurs de punks francophones se sont empressés de prendre pour du grand génie da-daiste! Et, encore plus intéressant, ils ont embaûché comme chanteur Roger Jouret, ci-devant appelé Plastic Bertrand.

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The rest is history… comme on dit. Bien sûr que Plastic/Jouret en a fait un succès mondial. La preuve en est que plusieurs reprises de la chanson ont été publiées depuis lors et voici donc la chanson dans plusieurs de ses incarnations, incluant l’originale, suivie de deux reprises identiques et de 16 adaptations de la version française, par des artistes français, allemands, américains et anglais.

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Merci à Plastic Bertrand, un pilleur de génie.


Elton Motello - Jet Boy, Jet Girl

Chron Gen - Jet Boy, Jet Girl

The Softies - Jet Boy, Jet Girl

Plastic Bertrand - Ça plane pour moi

Les Sans Culotte - Ça plane pour moi

Leila K - Ça plane pour moi

Pigloo - Ça plane pour moi

Richard Gotainer - Ça plane pour moi

Thee Headcoatees - Ça plane pour moi

Paula - Ça plane pour moi

LTNO and The Dead Sexy, Inc - Ça plane pour moi

Spider Nick and The Mad Dogs - Ça plane pour moi

Sonic Youth - Ça plane pour moi

The Presidents of The USA - Ça plane pour moi

The BossHoss - Ça plane pour moi

The Humphries - Ça plane pour moi

Telex - Ça plane pour moi

Richard Thompson - Ça plane pour moi

Tears - Ça plane pour moi

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Dernière heure : à l’émission Ça manque à ma culture, diffusée sur les ondes de Télé-Québec le 27 mars 2008, Guy A. Lepage y est allé de sa version personnelle du tube de Plastic Bertrand. À entendre surtout pour l’énergie du groupe The Porn Flakes qui l’accompagne.

Ajout du 9 décembre 2008 : D’autres infos recueillies sur Wikipedia laissent à penser que la chanson est un succès underground en français au départ et qu’il a été adapté ensuite en anglais par Elton Motello. La fille de Nobby Goff m’écrit pour une correction (que j’ai effectuée). Allez donc lire ceci et ceci pour en avoir le coeur net.

Guy A Lepage - Ça plane pour moi

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Il est sur toutes les bouches, dans tous les salons; critiques, musiciens, artistes de toutes disciplines, tous se réclament de lui. Sa voix grince à la radio, il reçoit des prix, il fait l’objet de films bizarres; on assiste à un revival en bonne et dûe forme de Robert Zimmerman. Bob Dylan est IN.

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Je vous ai déjà parlé de son émission Theme Time Radio Hour sur les ondes de XM Radio Satellite (qui est disponible ici, remerciez-en ses fans finis) et peut-être de ses écarts dans plusieurs autres formes d’art. Mais il faudra aussi sérieusement considérer l’oeuvre très particulière conçue, mise en scène et réalisée par Todd Haynes.

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Le film I’m Not There est non seulement très réussi, très cohérent, mais il a aussi la qualité d’effleurer une oeuvre artistique qui couvre cinq décennies avec délicatesse et à-propos. L’auteur aborde quelques aspects de la personnalité de Dylan en permettant à ses acteurs d’y ajouter une dimension personnelle. Tapez-vous le film et dégustez les performances inouies de Heath Ledger, Christian Bale et Cate Blanchett.

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En pleine période de promotion, The Weinstein Company et la station de radio WFUV ont eu l’excellente idée de présenter un concert hommage pour faire connaître les musiciens qui ont participé à l’excellente bande sonore du film et permettre aussi à plusieurs de ses acteurs de tâter de la scène et livrer leur propre interprétation de l’artiste et de ses chansons.

L’événement historique a eu lieu mercredi le 7 novembre 2007 au Beacon Theatre de New York et a réuni sur scène My Morning Jacket, Calexico, The Roots, J. Mascis, Mason Jennings, Yo La Tengo, Stanley “Buckwheat” Dural, Glen Hansard & Marketa Irglova, Mark Lanegan, John Doe, Michelle Shocked & Jimmy LaFave, Dan Hicks & The Hot Licks, Joe Henry, Terry Adams Rock & Roll Quartet, Al Kooper & Funky Faculty, Ian Ball & Olly Peacock, Lee Ranaldo & the Million Dollar Bashers et leurs invités spéciaux Todd Haynes et Heath Ledger.

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“But I was not there…” direz-vous. Pour pallier à ce non-problème, l’Homme Scalp vous présente une version condensée des deux disques qui seront tirés du spectacle. J’ai privilégié certains artistes peu connus et j’ai aussi édité le contenu LIVE qui rendait l’écoute un peu fastidieuse.

I’m Not There - The Concert (version éditée)

La liste de chansons:

01. Michael Dorf - Introduction
02. Mira Billotte & Million Dollar Bashers - As I Went Out One Morning
03. Jim James & Calexico - Goin’ to Acapulco
04. Joe Henry & Calexico - Senor
05. Mark Lanegan & Calexico - Man In The Long Black Coat
06. Chris Bailey & the Million Dollar Bashers - Maggie’s Farm
07. Dan Hicks and the Hot Licks - Subterranean Homesick Blues
08. Ian Ball & Olly Peacock - Don’t Think Twice, I’ts Allright
09. Edward Sharpe and the Magnetic Zeros - All I Really Wanna Do
10. Lee Renaldo & the Million Dollar Bashers - Can’t Leave Her Behind
11. Terry Adams - Rainy Day Women
12. Yo La Tengo & Friends - I Wanna Be Your Lover
13. Joe Doe & the Million Dollar Bashers - Ballad of a Thin Man
14. The Roots - Masters of War

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Le parcours du mélomane est ponctué de ces petits moments où la découverte fait place au plaisir pur causé la plupart du temps par un simple sursaut de curiosité. Prenez cet album The Flat Earth de Thomas Dolby paru en 1984. En plus de développer tranquillement un goût pour l’éclectisme, j’étais conditionné à cette époque par la musique pop qui était offerte par le marché aux gens de ma génération. Et je ne saurais vous dire exactement comment je suis arrivé à mettre la main sur cet album; tout ce que je sais, c’est qu’enregistré sur un ruban dioxyde de Chrome et lu dans le Walkman, ça sonnait pas rien qu’un peu, ça sonnait beaucoup.

Thomas Dolby est un petit prodige de la production et des claviers; le britannique avait déjà pété la baraque de la chanson pop avec She Blinded Me With Science (mon dieu! je me relis et je trouve que je commence à ressembler à un VJ de Musique Plus!) avant de lancer ce deuxième disque, une réussite à tout point de vue. La pièce I Scare Myself attira rapidement mon attention; un enrobage latino-américain, un bijou de production, la voix excellente et surtout un solo de trombone TRÈS efficace! Et j’adore le trombone. Le fait qu’il s’agissait d’une reprise était de moindre importance.

Thomas Dolby - I Scare Myself

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Des années plus tard, je tombe par hasard sur l’album It Happened One Bite d’un certain Dan Hicks (la galette, retrouvée en usagée, dans un magasin de la rue Saint-Jean) a vite fait de m’intéresser. Hicks offre un swing-jazz largement inspiré du Hot Club of the France livré en plus avec un humour de bon aloi. Je commence à ramasser tout ce que je peux sur le bonhomme et je découvre un musicien hors pair, du bonbon pour les oreilles.

C’est à l’écoute de son album Striking It Rich que… bingo! je tombe à nouveau sur I Scare Myself et que je comprend ce qui a accroché Dolby. Un texte simple, une ambiance mexico-western, une complainte triste et lancinante, une mélodie construite sur deux accords, tout ça de façon efficace. Genre de pièce qui vous marque au fer rouge. Pour finir de m’achever, Dan Hicks est ensuite invité de mon émission fétiche NIGHT MUSIC diffusée à l’époque sur les ondes de la CBC (je vous en reparlerai) et le gars est aussi sympathique que je l’avais imaginé. Intelligent, vif, subtil et surtout TRÈS COOL.

Je suis obligé de remercier Thomas Dolby; c’est par SON intérêt pour la pièce que s’est ouvert pour moi une porte vers une certaine forme de swing-jazz-bluegrass et un musicien légendaire dont je peux très certainement affirmer qu’il a marqué la musique américaine.

Dan Hicks - I Scare Myself

 

… cause I can’t stand the heath!

Le comédien Heath Ledger a été retrouvé mort dans un appartement de New York. Au lendemain de l’événement, un chauffeur de taxi me faisait part de “son deuil” face à cette ‘triste nouvelle’: “Imaginez monsieur, sa carrière était en pleine explosion… et si jeune!”  Par la suite, sur les ondes de LCN, les lectrices nous abreuvent d’images et de reportages en direct sur la nouvelle et ponctuent leur propos de “Ouf! C’est triste! On est en plein désarroi…”  À la radio, un animateur fait jouer en direct les reportages de CNN et la voix grincante de Larry King.

J’ai envie de leur demander: Qui est ce Heath Ledger? Le connaissez-vous personnellement? Faites-vous partie de la famille? Combien de degrés de séparation entre vous et le défunt? Aimeriez-vous ça, avoir une vie? Comment pourriez-vous manifester autant de charité envers vos semblables au sein de VOTRE communauté? N’allez pas me traiter d’insensible. Je pleure encore après quelques années le décès de mon père. Mais Heath Ledger? Connais pas, dans le fond.

Je laisse ici à Barnes and Barnes, des iconoclastes américains, le soin de résumer en chanson ma pensée.

Barnes and Barnes - When You Die

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