80's


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Il y a 20 ans de cela, mes soirées de jeune homme étaient réservées à tous les samedis soirs. Non, pas de hockey à Radio-Canada, ni de coups de hanche au son de ‘Do The Hustle’ à la discothèque (une excellente alternative, j’en conviens). Je restais tranquillement chez moi en attendant la diffusion de NIGHT MUSIC, une émission de télévision permettant d’assister à des performances extraordinaires de musique populaire (dans le sens large et noble du terme) et des artistes les plus avant-gardistes de la scène musicale.

La programmation était l’affaire du légendaire producteur Hal Wilner, un homme reconnu pour son inclinaison vers le cross-over culturel et les grandes rencontres au sommet d’artistes majeurs (Bongwater accompagné par Bob Weir des Grateful Deads, Carla Bley, Steve Swallow et Karen Mantler pour accompagner Bootsy Collins, Conway Twitty avec les Residents comme vocalistes). Les commanditaires, estimant qu’ils ne vendaient pas assez de bière, ont tiré la plogue sur l’émission. J’en ai été réduit par la suite à regarder Normand Brathwaite faire son blues plate.

Un certain samedi de 1988, l’animateur David Sanborn annonce Ivo Papasov et son orchestre de mariage de la Bulgarie. Je suis tombé en bas de mon fauteuil, la gueule à terre! C’était mon premier contact avec la musique de ce pays et je vivais assurément un grand et heureux choc culturel. Le clarinettiste est un virtuose et son orchestre risque de vous scier en deux si vous n’avez pas encore été mis en contact ou confronté avec une telle complexité rythmique. Faites comme moi ce soir-là: baissez les bras et admirez. En cadeau, un extrait de son passage à Night Music et un autre de sa discographie sur étiquette Hannibal.

Ivo Papasov - Ivo’s Ruchenitsa

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Je vous ai déjà dit tout le bien que je pense de lui. Toujours charmant, toujours pertinent. Et comment ne pas être d’accord avec ce qu’il raconte?

Joseph Racaille - Nous sommes des animaux

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Je n’ai pas encore souligné le 400ème anniversaire de Québec, ma ville natale.

Alors, allons-y: 400 ans!

En même temps, se déroule présentement dans nos murs le Congrès Eucharistique International. Les dévots sont dehors et s’opposent au veau d’or; ils manifestent leur ferveur et réfléchissent à leur foi, alors qu’ils s’apprêtent à entendre l’homélie de l’Oncle Benoît. C’est le temps de sortir de la poussière un morceau extraordinaire produit en 1987 et extrait de l’album Le retour des Granules des multi-instrumentistes et compositeurs René Lussier et Jean Derome. La chanson Si tu t’ennuies du temps, écrite par André Duchesne, s’interrogeait sur l’intérêt que nous portons encore et toujours à la religion. Je pense qu’elle est toujours pertinente. *

La voix de mauvais crooner est une gracieuseté de René Lussier, la basse est assurée par Pierre Cartier, la percussion par Michel Dupire, les violons, alto et le violoncelle sont de Allyson Lyne, Chantal Rémillard, Anne Beaudry et Louise Trudel. Jean et René, SVP: à quand la trilogie des Granules? Je suis prêt à arpenter l’Oratoire à genoux pour vous en convaincre!

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Si tu t’ennuies du temps
où les princes charmants
allaient dans les églises
pour regarder les filles

Si t’ennuies vraiment
de ce moment touchant
où le peuple à genoux
dans un spasme lubrique
adorait en tremblant
la rondelle mystique

Si tu as dans ton coeur
des élans romantiques
si tu verses des pleurs
à chaque alleluia
si quelques indulgences
te rendent nostalgiques
si tous les p’tits chinois
te rappellent ton enfance

Alors, n’hésite pas
accroupis-toi devant lui
ce temps-là reviendra
il reviendra le temps
le temps des pique-niques
et des coca-cola
que l’on savourait
entre deux chemins de croix
le temps où la Vierge
apparaissait ici et là
avec ses catastrophes
et ses secrets troublants

Et s’il te manque tant
ce temps des foules soumises
alors n’hésite pas
tout est là devant toi

Prosterne-toi
un peu, un peu plus, et voilà
et toi qui pense encore
qu’après la mort
il y a le paradis
quand tu y seras
j’t'en supplie
envoie-moi des cartes postales.

(André Duchesne)

* merci à Gonzo pour l’inspiration.

Les Granules - Si tu t’ennuie du temps

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On sent peut-être une petite lassitude. Trop de nostalgie? Revenons encore une fois au New Rhythm and Blues Quartet. Ça fait maintenant presque 40 ans que les NRBQ écument les bars (une seul soirée!) et les petits théâtres sans jamais connaître la gloire et la fortune. Ils sont pourtant appelés “the greatest rock & roll band in the world” ou “the greatest bar band of all time” par leurs fans qui transforment en fête chacun de leurs spectacles.

L’album Tapdancin’ Bats (l’image ci-haut n’est pas la pochette) et son mélange de R&B, Rock & Roll, Country et Rockabilly est un bon exemple de talent et de musicalité. En particulier cette chanson qui est la définition du hit Western joué un peu mollement, mais terriblement efficace.

NRBQ - Pretty Thing

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Quand j’étais jeune adolescent, un ami de ma mère qui travaillait pour Capitol Records laissait parfois des cadeaux à la maison (entre autres choses, une paire de billets pour un concert de Gentle Giant, avouez qu’il s’agit d’un souvenir percutant!). Parmi les trésors qu’il nous laissait, je me rappelle d’un album très étrange qui commençait par le bruit d’un compteur Geiger et qui livrait des rythmes hypnotiques produits entièrement par des instruments électroniques. Il s’agissait de Radio-Activity des légendaires Kraftwerk.

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Les Allemands sont de véritables visionnaires de la musique électronique. De formation classique, Ralf Hütter et Florian Schneider ont créé une pop-électronique qui a influencé de manière considérable l’évolution de la musique des 30 dernières années, de la new-wave à la techno, en passant par le hip-hop et la house. Leur musique purement électronique s’abreuve à même la technologie qui devient ainsi moyen et source d’inspiration. L’album “Autobahn”, lancé en 1974, est un véritable tournant de l’évolution du duo qui a fait mouche en livrant une ode au réseau autoroutier allemand.

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J’ai choisi de vous présenter le classique Autobahn arrangé par The Balanescu Quartet (ensemble à cordes). Le morceau est un tel joyau que l’arrangeur impose à ses musiciens de reproduire le plus fidèlement possible les sons électroniques à même leurs instruments à cordes. Un défi habilement relevé par le violoniste et compositeur roumain.

The Balanescu Quartet - Autobahn

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Dans un tout autre ordre d’idée (musicalement et en apparence, parce que dites-vous que ce qui suit convient parfaitement à la continuité conceptuelle* de L’Homme Scalp), voici Julverne de Belgique. Formé d’étudiants en musique désireux de réinventer l’orchestre de chambre classique en y incorporant quelques ingrédients propres à la musique rock. Après deux albums (cette pièce provient du deuxième intitulé À Neuf), les instrumentistes belges ont définitivement opté pour une stratégie musique de chambre à la tangente peu sérieuse, voire parfois humoristique dans sa composition.

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Tous d’excellents musiciens, Jose Bedeur (basse), Michel Berckmans (basson), Pierre Coulon (flûte), Baudouin Dehaye (choeur), Michel Duret (clarinette), Jeannot Gillis (violon), Jean-Francois Lacroix (saxophone), Jean-Paul Laurent (piano), Charles Loos (piano), Denis Van Hecke (violoncelle) sont issus de la même veine musicale que Univers Zero et Art Zoyd en moins austère. À écouter avec attention, mais vous pouvez décroiser les jambes, quand même.


Julverne - 3 pièces apareillées - Plasticcio

* Merci FZ.

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