70's


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Impossible de les faire taire. C’est vrai. Admettez! Vérifiez auprès de vos amis Français! Pas moyen de leur ceinturer le mâche-patates! Parle, parle, parle, parle, toujours quelque chose à dire, des opinions sur tout et son contraire. C’est d’ailleurs ce qui caricaturalement fait leur charme. Ils sont aussi de grands séducteurs. Pas de temps à perdre: allez, on emballe et hop! Au lit! C’est apparemment ce qu’il faut expliquer aux hommes québécois. Séduire avec assurance.

Prenons Jean Yanne, par exemple. L’acteur, auteur, réalisateur, producteur et compositeur français se dirigeait vers le journalisme, mais il a bifurqué vers le cabaret. Tout d’abord animateur de radio, l’acteur de cinéma s’est fait connaitre pour son humour grinçant et son personnage de Français moyen, râleur et égoïste (mais avec un grand cœur). Sa manière de plaisanter et de verser du vitriol sur des plaies ouvertes en a choqué plus d’un. Le public a trop souvent confondu son personnage de beauf’ avec l’acteur qui le rendait. Yanne a fait sien l’adage selon lequel passer pour un salaud aux yeux d’un imbécile est un plaisir de fin gourmet”.

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C’est pour ses obscénités comme compositeur et chansonnier que nous le retiendrons aujourd’hui. Il a entre autres commis un notamment un disque de rock sous le nom de “Johnny RockFeller et ses RockChild“, avec des titres comme “J’aime pas le rock”, “Le rock coco” et “Saint Rock”. En 1976, Jean Yanne copie abusivement la recette du ‘Je t’aime moi non plus’ de Serge Gainsbourg pour son film intitulé ‘Chobizenesse‘. Connaissez-vous quelqu’un qui jacasse autant pendant l’amour? Ah! Les Français!

Jean Yanne - Coït

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Vous êtes vous remis de vos émotions après les Frères Brosse? On est vraiment dans des affaires poussiéreuses soixante-dizardes ces derniers jours… ce n’est pas par nostalgie, je vous jure. Tant qu’à plonger, plongeons encore. Connaissez-vous Pierre Leith? Probablement pas. Originaire de Laprairie, le gars a pourtant mené son bonhomme de chemin depuis le milieu des années 1960, dans les salles de danse avant d’entreprendre une véritable carrière d’auteur-compositeur-interprète sous le nom de scène Capitaine Nô. Avec sa guitare et son harmonica, il est devenu une vedette de l’underground avec un style crû et des refrains vraiment accrocheurs et des chansons lucides et drôles sur les travers de la société et la difficulté de vivre. Un rock blues relativement inédit au Québec à cette époque où le granole était roi.

Les célèbres chansons Personne ne m’aime, Baloney et La Gaspésie sont, comme dirait la formule consacrée “incontournables”. Pour ma part, c’est avec celle-ci qu’il a définitivement imprimé mon cerveau. Hautement recommandée pour vos amis français qui désirent parfaire leur prononciation québécoise. Rien de plus urbain sale et authentique.

Ca ressemble à une droite sur la mâchoire qu’on encaisse malgré tout avec le sourire… (Gaétan Chabot, Dimanche Matin 31 aout 1975)

Quel rapport avec la Fête du Canada aujourd’hui, me dites-vous? Aucun.

Capitaine Nô - André

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La diffusion d’une pièce du premier album du groupe Aut’Chose a entraîné des réactions assez diverses (”C’est génial!” “Osti que c’est mauvais!”). Que voulez-vous, Lucien Francoeur ne fait pas toujours l’unanimité. Le poète est passé à la postérité sur un album humoristique assez décapant réalisé par les absurdistes Robert Morissette et Jean-Pierre Alonzo, mieux connus sous le nom Les Frères Brosse; l’album “Un Opéra Cric Crac Croc” paru en 1979 a déridé plus d’une fois votre Homme Scalp qui se rappelle avoir ainsi trempé pour la première fois à ce type d’humour dadaïste. Les gars sont accompagnés par l’Orchestre Sympathique de Montréal, un ensemble de jazz de grande qualité. Mettez la main là-dessus si la galette se présente à vos yeux. À part les parodies de CKOI, qui sont un peu locales, tout le reste est encore très pertinent presque 30 ans plus tard.

Les Freres Brosse - Même chose

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Le paysage musical québécois du début des années 60 a vu naître les Baronets, formé par Pierre Labelle (Windsor), René Angelil (Montréal, d’origine syrienne) et Jean Beaulne (Montréal). Le trio vocal, initialement inspiré par des groupes américains comme les Four Lads ou les Four Aces, a connu un certain succès avec quelques compositions originales, mais a vu par la suite sa carrière discographique complètement bouleversée par l’arrivée des Beatles qu’il s’est mis à copier allégrement avec des traductions françaises approximatives, mais assez joliment tournées.

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Après l’aventure des Baronets et le départ de Jean Beaulne - de plus en plus occupé par sa carrière de gérant d’artistes - Pierre Labelle et René Angelil, deux amis d’enfance, ont tenté des expériences diverses: ils ont touché à la comédie musicale et au cinéma (sans vraiment de succès) et se sont permis un album-concept assez audacieux intitulé: “Y a toujours d’la place pour un Québécois au paradis…”. Un dernier 45 tours, paru en 1971, s’est avéré le chant du cygne de leur association. Le titre de la chanson, plutôt évocateur, doit être prononcé - comme il se doit - avec une voix éraillée à la Don Corleone.

Pierre Labelle et René Angelil - J’ai un side-line payant

(Merci à Eiffel et à son blog C’était hier. L’extrait provient d’un vinyle de son inépuisable collection, une fantastique compilation au titre douteux: Les Artistes Nobel en Vacances)

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Formé au milieu des années 70, à une époque où le rock, alors en quarantaine au Québec, était éclipsé par le courant musical néo-folk issu de la contre-culture du début de la décennie, Aut’Chose a fait son apparition en opposant au retour à la terre la vie grouillante des ruelles et l’appel de la route. Le groupe - né de la rencontre du poète rock Lucien Francoeur et du guitariste de formation classique Pierre-André Gauthier - s’est distingué de tout ce qui s’est fait dans le domaine du rock au Québec avec un langage particulier et urbain et des références aux grands thèmes de la mythologie moderne (plusieurs allusions directes à Marilyn Monroe, Janis Joplin et Jim Morrison).

Les textes de Francoeur frappent l’imagination des amateurs de rock avec une poésie crûe et sans compromis :


“Écoute Susie chérie, Mick Jagger y a pas dit qu’t'étais la Reine de l’Underground, Mick Jagger y a dit qu’tu t’prenais pour la Reine de l’Underground. Ça faque les cadenas su mon bicik j’en veux pas. Claire la place, j’veux pu t’voir la face, pousse pas ta luck OK bébé.”

“La tête qui gèle, le crâne qui craque, c’é moé l’freak de Montréal, j’ai mis des ailes à mes bretelles, un stéréo dans mon cerveau, j’ai l’univers dans ma cuillère…”

“J’écris mes chansons, à la lumière de Claude Néon, j’ai passé ma vie dans des clubs de bandits, j’vas mourir comme chu né, gelé d’la tête aux pieds, avec des p’tites filles mal élevées, belles comme des chars simonisés, des grandes garces usagées, belles comme des chars volés…”

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À la sortie du premier album Prends une chance avec moé, les médias québécois ont tenté de comparer et d’opposer les groupes Beau Dommage et Aut’Chose. Selon Lucien Francoeur : “«C’était les deux pôles. D’un côté avec Beau Dommage, tu avais les p’tits “cute”, les gars à “blazer”, les enfants de bonne famille, l’establishment éventuel, le côté sain du trip; et de l’autre, avec Aut’Chose, c’était la “Main” dans son côté le plus solennel, les mangeurs de guédilles grasses, les gars de bicycles, le côté Brylcream, le coat de cuir et l’aspect voyou. Il fallait que tu te branches, d’un côté ou de l’autre. Tu ne pouvais pas être pour Francoeur et pour Rivard en même temps…”

Le groupe s’est aussi permis de citer des grands compositeurs (Nino Rota), de reprendre Brigitte Fontaine (Comme à la radio) et de composer un western humoristique qui ne manque pas de piquant:

Aut’Chose - La vie Weston

(sources : lucienfrancoeur.com, Le Parolier)

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Bien plus que les films de Sergio Leone, ce sont les musiques écrites par Ennio Morricone pour les magnifier qui ont marqué mon imaginaire. Un album en particulier figurait invariablement dans toute collection digne de ce nom: la bande originale du film ‘Mon nom est Personne’. Le spectateur que j’étais n’avais pas, à 11 ans, la distance nécessaire pour comprendre que Leone avait beaucoup donné au genre western spaghetti et à quel point il faisait tout pour en sortir. J’étais plutôt fasciné par le jeu très amusant de Terence Hill, les blagues en bas de la ceinture et les effets comiques à la Mack Sennett. Il est clair que Il mio nome e Nessuno réalisé par Tonino Valerii (Sergio a laissé le crédit de réalisateur à son assistant) était très loin de ses chefs-d’oeuvre passés (La trilogie de l’homme sans nom), bien que le film se présente comme une parodie sérieuse et un hommage aux grands du western classique, ceux qui ont contribué à sa démythification (John Ford) et à son dynamitage (Sam Peckinpah).

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Mais recourir encore une fois à l’immense talent de son compatriote italien Ennio Morricone était l’idée qui allait faire du film un grand succès. Non seulement ce dernier avait-il parfaitement compris le thème du film et le personnage de Jack Beauregard (Henry Fonda) qui marquait la fin des héros cowboys romantiques et des légendes de l’ouest, mais il avait aussi parfaitement intégré le mécanisme proposé par Leone en créant une constante et amusante auto-parodie musicale dans laquelle il recycle bon nombre de ses anciennes compositions parmi les plus célèbres. Ceci dit, Morricone a livré des mélodies terriblement efficaces pour les scènes clés du film en revisitant avec beaucoup d’humour La Chevauchée des Walkyries de Wagner, entre autres.

Ennio Morricone - The Wild Horde

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