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Il y a quelques temps, je suis tombé sur une compilation hommage (une autre) à l’album Rubber Soul, une oeuvre des Beatles parue il y a 40 ans. La compilation, “This Bird Has Flown”, offrait des versions assez intéressantes des pièces du célèbre classique des Fab Four. Je me suis dit qu’il en manquait une, anecdotique et amusante. Comblons cette lacune, mes amis!

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En 1969, le Grammy Awards “Best Contemporary Pop Performance Chorus” était attribué au directeur de chorale Alan Copeland pour un arrangement audacieux mêlant habilement - et ce 40 ans avant l’invention du mash-up - le classique Mission Impossible (de Lalo Schifrin) et le très populaire Norwegian Wood (de Lennon et McCartney) dans un medley chanté passionnément par les Alan Copeland Singers. La pièce peut paraître un peu ridicule aujourd’hui, mais spécifiquement d’un point de vue de producteur, c’est TRÈS efficace.

Alan Copeland - Mission Impossible Theme Norwegian Wood

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Je ne suis pas encore capable de calculer combien de versions je possède de cette incroyable chanson. Écrite le 5 juin 1948 par Stan Jones, on parle de Ghost Riders In The Sky comme étant la meilleure chanson Country & Western jamais écrite. Si vous avez besoin d’une chanson pour débuter votre apprentissage du monde de la chanson western, c’est celle-là qu’il vous faut. Définitivement, comme diraient les joueurs de hockey!

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Elle raconte l’histoire d’un cowboy et de sa vision d’un troupeau sauvage - des animaux aux yeux rouges! - cavalant dans le ciel poursuivi par les fantômes de cow-boys damnés. Il doit changer ses manières s’il ne veut pas un jour être condamné à les suivre éternellement “trying to catch the Devil’s herd across these endless skies”… (quelle image!)

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Les versions, donc, sont innombrables. J’avais le choix entre Vaughn Monroe, Bing Crosby, Marty Robbins, Johnny Cash, Peggy Lee, Spike Jones and his City Slickers, Gene Autry (si vous êtes curieux, j’en ai déjà glissé une à travers le blogue de l’HS). J’ai plutôt choisi une obscure version d’un large ensemble au panache impressionnant. Montez le son un peu et fermez les yeux!

Vocal Majority - Ghost Riders In The Sky

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Solomon Feldthouse, David Lindley, Chris Darrow et Chester Cril ont fondé Kaleidoscope, un des rares groupes de rock psychédélique composé de multi-instrumentistes à inclure des morceaux de Cab Calloway et Duke Ellington à leur répertoire. La célèbre pièce Beacon From Mars a fortement influencé le guitariste Jimmy Page - qui a fondé Led Zeppelin par après - en raison d’un solo feedback mémorable. Le groupe a enregistré 4 albums avec cette formation, en plus de resurgir avec When Scopes Collide en 1977 dont j’ai précédemment extrait les pièces Ghost Riders in The Sky et Man Of Constant Sorrow (voir cette page-ci et cette page-là).

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Il y avait quand même du bon à cette époque grano-le-la-là et psychédélique.

Kaleidoscope - Life Will Pass You By

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Tant qu’à faire dans le nostalgique, prenons le temps de souligner le passage de Mary Hopkin au firmament des étoiles (ça y est, ils vont m’embaucher à Musicographie!) de la musique pop en 1968. Elle doit le début de sa carrière au mannequin Twiggy qui l’a vue participer à l’émission Opportunity Knocks et l’a recommandée à Paul McCartney. Et comme le hasard fait bien les choses, Po-Paul cherchait des artistes à produire au sein de sa toute nouvelle étiquette Apple Records. La Galloise impressionne tout le monde avec sa voix cristalline (elle se produisait déjà dans les pubs folks de son pays et de la Grande-Bretagne) et elle enregistre avec Paul la chanson Those Were The Days, un tube qui atteint le sommet des palmarès en Angleterre et aux États-Unis. Malgré une compétition féroce avec Sandie Shaw (voir YouTube ci-bas), elle en est l’interprète la plus connue. Voilà pour l’enregistrement du succès (5 versions suivent plus bas). Mais, comme d’habitude, “There is more to it!”.

Peut-être ne le saviez vous pas, mais cette chanson s’appelle en réalité Дорогой длинною (Dorogoi Dlinnoyu, si votre russe est un peu rouillé) et qu’elle a été écrite par Boris Fomin sur un texte du poète Konstantin Podrevskii. La chanson rappelle une époque où régnait la jeunesse et un idéalisme romantique. Tellement fort comme concept, qu’elle a été réécrite en anglais par Gene Raskin, qui fréquentait alors le White Horse Tavern; bien sûr sa version parle de l’âge d’or du folk qui ne reviendra plus, à l’époque de Bob Dylan, Tom Paxton, Phil Ochs, les Clancy Brothers et Tommy Makem. C’était le bon temps, “those were the days”.

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Elle a aussi été reprise en français par Dalida, Vicky Leandros (Le temps des fleurs), les américains The Fifth Dimension, par les Leningrad Cowboys (pour le film de Aki Kaurismäki) et en Allemand par Hopkin elle-même ainsi que par Karel Gott. La chanson a même été massacrée par Ground Zero, en format ‘musique actuelle’.

Mary Hopkin - Those Were The Days

* Le cri du coeur : “Maudite nostalgie!” est protégé par droit d’auteur et appartient à Madame D.G. que j’embrasse ici tendrement.

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Vous rappelez-vous du sympathique personnage de la punaise de sacristie développé par Guy A. Lepage dans le cadre de l’émission Rock et Belles Oreilles? Oui, celui-là. La madame dans le jubée qui a mis trop de parfum et de fond de teint et surtout sa voix de crécelle énervante quand elle entonne des chants religieux!

Madame Elva Miller me fait inmanquablement penser à ça à chaque fois. Elle est un véritable phénomène, une pionnière de la chanson mauvaise à mettre sur le même piédestal que la québécoise Madame Saint-Onge dont le succès est toutefois beaucoup plus confidentiel. Au début de sa carrière, un publiciste a osé écrire: “…Mrs. Elva Miller of Claremont is the most exciting singing sensation since the Beatles.” Pas sûr.

En bonne aspirante chanteuse, Ms. Miller a fait des pieds et des mains pour faire sa place dans le monde artistique. On peut dire dans son cas qu’elle s’est battue pendant plus de 58 ans avant de lancer son premier album. On lui a fréquemment conseillé d’abandonner la chanson, mais elle a tenu bon et a même étudié le chant pendant 7 ans au Pomona College. Et contre toute attente, madame Miller a vendu 250,000 copies d’un album essentiellement composé de grands succès et de reprises de classiques célèbres. Sans oublier une apparition mémorable au Ed Sullivan Show.

Rock On, Grandma!

Ms. Miller - The Girl From Impanema

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Le développement de l’industrie du disque a fait naître l’expression consacrée ‘One Hit Wonder’. Admettez avec moi que ça dit ce que ça a à dire: On peut traduire ça aujourd’hui par ‘La saveur du jour’; on parle ici des artistes qui ont fait mouche avec UNE SEULE et unique chanson qui est devenue leur signature, leur trademark par lequel on les reconnait systématiquement. Le producteur de disque et faiseur de chansons Jerry Samuels est entré très rapidement dans cette catégorie en atteignant le top 5 des palmarès ‘novelty’ avec “They’re Coming to Take Me Away Ha-Haaa!” sous le pseudonyme Napoleon XIV.

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Entre 1956 et 1965, Samuels gagnait sa vie dans l’ombre et écrivait des tubes pour Johnnie Ray, Doris Day, The Chantels et Sammy Davis Jr. Mais il rêvait - comme le veut le cliché habituel - de devenir une star; après quelques tentatives ratées, il concocte en 1966 la chanson They’re Coming to Take Me Away sous le nom de plume Napoleon XIV, contraction de l’empereur Napoleon et du roi Louis XIV (pas mégalo du tout!) et le succès a été foudroyant. Samuels a tenté de capitaliser sur le phénomène de la maladie mentale (thème central de la chanson en question), avec un album très intéressant paru chez Warner et réédité par Rhino Records. On dénote entre autres une utilisation très intéressante des techniques de studio (ruban à vitesse accélérée ou décelérée) et des titres hilarants (I’m In Love With My Little Red Tricycle, Photogenic, Schizophrenic You, Let’s Cuddle Up In My Security Blanket et The Place Where The Nuts Hunt The Squirrels).

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Anecdote intéressant, tant qu’à souligner le travail de monsieur Samuels: Une compilation de plusieurs dizaines de versions de la chanson circule sur le réseau internet; on y retrouve la célèbre pièce interprétée dans toutes les langues sous différentes incarnations. La copie et l’imitation, vous le savez probablement, sont l’hommage suprême. N’est-il pas?

Napoleon XIV - They’re Coming To Take Me Away, Ha-haaaa!

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En 1996, l’étiquette indépendante Parallel World publiait l’album Cambodian Rocks, une collection étonnante de rock de garage et de musique psychédélique cambodgienne des années 60 et 70; n’eut été de la curiosité de Paul Wheeler (un touriste américain, du genre qui pose des questions et qui va au bout de ses passions), ce nouvel idiome musical n’aurait probablement jamais vu le jour (parmi nous du moins).

Wheeler, en transit entre le Japon et son pays natal, est en Asie du Sud. Une camionnette s’arrête pour le faire monter alors qu’il faut du pouce au Cambodge. L’Américain remarque que le conducteur fait jouer inlassablement des cassettes de musique fuzz-punk-rock de son pays et Wheeler fait par la suite l’acquisition d’une pelletée de cassettes du même genre sur la rue. De retour à Phnom Penh, il est déjà passablement accroché à ce rock quasi infectieux et commence à compiler les connaissances et les informations sur sa production; la musique doit entre autres beaucoup à la culture acid-rock britannique et americaine de son époque, mais ne se contente pas seulement de copier, mais de lui invigorer une partie essentielle de sa culture locale. On peut imaginer que les artistes se sont abreuvés à même la radio des Forces Armées Américaines et les musiciens ne se sont pas gênés pour utiliser (parfois de façon abusive) l’orgue, le fuzz, le wah-wah et toutes ces inventions qui ont révolutionné le rock au cours de cette période bénie.

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On peut aussi présumer que les musiciens et artistes entendus sur la compilation en question n’ont reçu aucune rémunération pour l’exploitation de leur musique et qu’ils ont probablement été assassinés par le régime des Khmers Rouges qui a pris le pouvoir au milieu des années 70. Un extrait, en espérant que vous aurez la curiosité de ramasser cet album s’il vous tombe sous la main. Vous reconnaitrez l’air, je crois…

Ros Sereysothea - Wolly Polly

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The Bonzo Dog Doo-Dah Band est un des premiers groupes britanniques issus des collèges artistiques dans les années 60. Son humour très particulier a fait des ravages dès le départ et a suscité un culte toujours existant quoique discret au cours des 20 dernières années. Ses membres ont fait mouche et ont marqué le monde de la télévision avec l’émission Do Not Adjust Your Set; ils ont réussi à attirer l’attention du petit monde de la musique pop anglaise avec des satires plus que délirantes.

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Les principaux conducteurs de cet étrange véhicule ont été Vivian Stanshall, Neil Innes, Roger Ruskin Spear, Vernon Dudley Bohay-Nowell, Sam Spoons et `Legs’ Larry Smith
. Ont gravité autour de ces étranges hurluberlus: The Rutles, The Monty Python, The Beatles (particulièrement Paul McCartney), Traffic (particulièrement Steve Winwood), Keith Moon, Tony Stratton-Smith, Captain Beefheart, John Peel et Eric Clapton.

Je vous recommande très chaudement la compilation Cornology qui résume très efficacement la carrière de ces fous.

Tiens, avalez-moi ça!

Bonzo Dog Doo Dah Band - Canyons Of Your Mind

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