60's


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Ils n’auraient pu faire carrière très longtemps avec leur nom d’origine. Les fabricants d’affiche, des gens qui n’ont pas de temps à perdre, se seraient peut-être bidonné en inscrivant le Quatuor vocal des Compagnons de Route sur la programmation des salles de spectacles. Mais dites-vous qu’ils se sont probablement dilaté la rate encore plus en entendant les chansons tout à fait renversantes des mieux-nommés Les Quatre Barbus.

Le groupe vocal français, dont le style rappelle celui des illustres Frères Jacques, interprète principalement des chansons traditionnelles, des chansons paillardes (des versions expurgées pour le commerce, et des versions non-expurgées sous le manteau) ainsi que des adaptations de musique classique détournées (un peu à la manière du jazz vocal, les arrangeurs reprennent les thèmes et la mélodie en y ajoutant des paroles de leur crû) dont le meilleur exemple est sans contredit leur fameux succès La pince à linge sur la 5e symphonie de Beethoven.

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Les 4 barbus étaient Jacques Tritsch (basse), Marcel Quinton (baryton), Pierre Jamet (ténor) et Georges Thibaut (contreténor). Aussi incroyable que ça puisse paraître, à l’exception d’un superbe coffret-double paru en 1997, rien de la vaste discographie du groupe n’a été réédité. Extrait de la dite compilation, voici une pièce plutôt rare (parue seulement en 45-tours) aux accents gogo-jazz-orgue-sexy. Les paroles sont superbes.

Les Quatre Barbus - Les casse-paix

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Tirons le rideau de cette sélection québécoise avec une gloire locale et un petit pas de côté. Les Mégatones ont à juste titre révolutionné le milieu des orchestres de danse en incorporant l’Echolette, cet outil indispensable à tout musicien désireux d’imiter la fameux son de guitare amplifié des légendaires Ventures. Denis Champoux et ses camarades du Collège des Jésuites ont fait leur début au Centre des Loisirs Saint-Sacrement sous le nom Les Thunderbirds, avant d’être rebaptisé sous leur dénomination atomique par Jacques Boulanger.


Le groupe a fait son chemin des salles de danse à la radio de CHRC, en passant par les salles de spectacles de la région de Québec jusqu’aux studios d’enregistrement, avec des instrumentaux enlevés, des reprises de grands classiques et des compositions qui sont devenues rapidement les préférées du public, dont celle-ci, rééditées plusieurs fois en 45 tours, un standard du genre que de nombreux orchestres de fin de semaine à la grandeur du Québec ont utilisées comme thème d’intermission.

(source : Québec Info Musique)

Les Megatones - Rideau S.V.P.

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Quelques pas en arrière dans la discothèque: de retour aux albums poussiéreux qui sentent le garage humide. Il faut bien trouver une utilité à ces choses de plastique noires de 30 centimètres. Avant d’animer le formidable quizz Le travail à la chaîne en compagnie du ‘grand argentier’ Jacques Houde entre 1972 et 1979 et de participer à la construction du grand univers psychotronique télévisuel et cinématographique québécois (Amour, délices et cie, De un à dix, Garden Party, 100 % bio), Serge Laprade a connu un certain succès sur scène et à la radio avec les chansons ‘Tout le monde en route’, ‘Je reviendrai dans mon village’ et ‘T’embrasser’ en plus de devenir Découverte masculine de l’année 1964. Il a cassé la baraque avec ‘Capri, c’est fini’ avant de se tourner plus tard vers la radio. Laprade vous explique ici l’essence même de ses préoccupations avec une chanson qui dit ce qu’elle a à dire…

Serge Laprade - Vive le Palmarès

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Petit lundi blafard et terne. Je me sens comme un mal de mer. Une autre de Robert Stevie Moore devrait me remettre les idées en place. Qui est-il? J’en ai parlé ici et . Les curieux iront voir. RSM a le don de revisiter les grands classiques à sa manière. Celui-ci est une énigme depuis toujours pour moi. Demandez aux vieux pops de votre connaissance (je parle ici des baby boomers vieillissants qui deviennent nostalgiques à la seule mention de leurs glorieuses années 60) de vous chanter quelques lignes de A Whiter Shade of Pale de Procol Harum. Vous aurez droit à des paroles plutôt floues et incompréhensibles.

We skipped a light fandango,
Turned cartwheels ‘cross the floor.
I was feeling kind of seasick,
But the crowd called out for more.
The room was humming harder,
As the ceiling flew away
.

Hmmm! Pas certain, là. En tout cas, la mélodie est belle. Vous constaterez toutefois que RSM n’a pas tenu compte du caractère quasi-religieux de l’arrangement original.

Robert Stevie Moore - A Whiter Shade of Pale

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Après quelques jours passés dans la musique actuelle (que le percussionniste Pierre Tanguay préfère appeler ‘la musique du futur’), plongeons plus légèrement dans les eaux boueuses - et ô combien nettoyantes - de la musique légère à consommation rapide. Un phénomène toujours étonnant de la fin des années 60 (et de la désillusion progressive résultant de l’échec de plusieurs des utopies propres à cette époque merveilleuse) est la récupération sans vergogne des éléments les plus florissants de la musique psychédélique et de la culture flower power par une industrie du disque qui cherchait par tous les moyens à réaliser LE crossover lui permettant de faire le plus d’argent possible.

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Et pour démontrer le phénomène, portons notre attention sur une oeuvre magnifique - et en même temps complètement inutile - de l’ensemble vocal The Brothers Four. Bob Flick, John Paine, Mike Kirkland et Dick Foley, des jeunes gens bien propres qui se sont rencontrés à l’université de Washington, ont fondé le groupe folk américain en 1957 à Seattle. Ils ont connu leur période de gloire avec un premier album, un contrat chez Columbia et des passages fréquents à la télévision. Mais leur étoile a rapidement pâli avec l’arrivée de chanteurs folk un peu plus aventureux (les Américains disent “edgy”), de Bob Dylan et de l’invasion britannique. Mais ils ont tenté bien sûr, sous les conseils d’un gérant sans scrupule, de profiter de la manne hippie. Ils faut bien vivre, voyez-vous.

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The Brothers Four - Revolution

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Raymond Scott - de son vrai nom Harry Warnow (tiens un autre artiste au nom à consonnance juive qui a préféré taire ses origines) - est un Américain de Brooklyn, ingénieur électronicien, musicien jazz et véritable pionnier oublié de la musique électronique.

De nature curieuse, je lis les génériques d’émissions de télé; je me rappelle avoir remarqué à la fin des cartoons de Warner Brothers, en plus du génial Carl Stalling, la mention de Raymond Scott comme auteur de la musique des meilleurs dessins animés de Daffy Duck, Bugs Bunny et leurs amis de Loony Toons. Un de ses thèmes les plus célèbres, celui de Powerhouse écrit au milieu des années 30 a été utilisé des dizaines de fois par les concepteurs de WB, tellement il était efficace. Arrangeur et directeur de son célèbre Raymond Scott Quintette, il a fait un malheur sur les planchers de danse et parmi les amateurs de jazz avec des compositions très audacieuses. Disons qu’il s’agissait de ses emplois ‘de jour’.

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Parce que quand il rentrait chez lui, Scott cultivait ses autres passions. La technologie et l’électronique. Des années avant la commercialisation du synthétiseur par Robert Moog, Raymond Scott a perfectionné plusieurs instruments permettant de générer des effets sonores, en plus de développer le Clavivox et l’Electronium. Au début des années 60, Scott lance Soothing Sounds For Baby, une série d’albums destinés à endormir les enfants, et compose des petites pièces répétitives et minimalistes sur une base séquentielle, inaugurant sans le savoir un mouvement qui allait éclore des années plus tard avec Steve Reich et Philip Glass. Et faire naître aussi une enveloppe sonore qui allait devenir la marque de commerce des allemands Kraftwerk.

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Au milieu des années 40, Scott devient un des rares directeurs d’orchestre a posséder son propre studio d’enregistrement. Et c’est dans les installations de Manhattan Research, Inc qu’il compose, quelques années plus tard, une série de petites pièces ‘alimentaires’ pour le marché publicitaire en offrant ses services aux grandes entreprises (détergents Vim, pastilles Vicks). Elles sont compilées sur l’extraordinaire livre-coffret MANHATTAN RESEARCH INC qui regroupe ces enregistrements produits entre 1953 et 1969. On peut très certainement dire de Raymond Scott qu’il a fait entrer la musique américaine dans la modernité, rien de moins. Un pionnier que je vous invite à connaître autant pour son génie d’arrangeur de jazz, que pour son talent de visionnaire de la musique électronique.

Amis mélomanes aventureux ou simplement aux curieux de passage, je ne peux que vous inviter à consulter l’extraordinaire site web consacré à la vie et à l’oeuvre de Raymond Scott. Mettez ça dans vos signets, à lire tranquillement.

Raymond Scott - Vicks Formula 44

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