50's


Un autre soir magique de concert improbable : le batteur Steve Arguëlles et ses potes du groupe The Recyclers se produisaient au Palais Montcalm pour notre ‘enjoiement personnel!’ Le groupe venait tout juste de casser la baraque du bar-spectacle D’Auteuil (qu’est-ce qu’on s’ennuie!) en accompagnement de Katerine, alors que ce dernier incarnait avec brio son personnage de dandy fini. Mais ces temps sont finis, du moins pour les gens de ma génération. Ces moments deviennent de plus en plus rares dans Québec la tranquille. Those were the days, my friend…

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Arguëlles, très subtil, manipulait les peaux et les cymbales avec talent. Quel batteur extraordinaire, quelle finesse dans l’exécution. Cerise sur le sundae, le gars prend le micro pour le titre de la prochaine pièce et annonce à peu près ceci: “Marilyn Monroe la chantait: My Heart Belongs To Daddy“. Et j’ai vraiment adoré. Et je me suis dépêché de trouver la composition sous toutes ses formes par la suite.

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Tout le monde pense à la blonde et pulpeuse Marilyn, mais on oublie trop souvent une autre chanteuse, encore plus sulfureuse celle-là. Et Julie London a marqué la musique et l’imagination populaire tout autant avec des pochettes évocatrices, mais surtout une voix chaude hors du commun que les hommes de l’époque ne pouvaient ignorer. De son véritable nom Gayle Peck, la chanteuse a atteint le sommet de la célébrité dans les années 50 avec Cry Me A River, dont elle a été la première interprète.

Julie London - My Heart Belongs To Daddy

Bon, tant qu’à y être, un karaoke de la madame! Oui, monsieur! On déguste.

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Toujours dans le but d’éduquer les masses laborieuses, poursuivons l’exploration des contrées sauvages de la musique américaine avec une question simple: qu’est-ce que le Western Swing ?

Je dirais qu’il s’agit en premier lieu d’une extraordinaire mixture de ‘musique de violoneux’, fusionnée à plusieurs styles de jazz, de blues et de musique populaire, destinée essentiellement à un public amateur de danse. Une combinaison éclectique de musique rurale folk, de western, de polka, mélangée à du swing à la sauce Django, mâtinée de jazz et de blues de New Orleans et jouée la plupart du temps par un ’string band’ endiablé accompagné souvent à la batterie, au saxophone, au piano et surtout à la steel guitar, ce dernier instrument étant essentiel à la sonorité parfaitement reconnaissable de cette musique typique du sud-ouest des États-Unis.

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Herbert Clayton Hank Penny en est un excellent interprète et practicien, en plus d’être un joueur de banjo accompli et de cumuler une carrière de comédien à la télévision dans les 50. Il est à l’origine des Radio Cowboys, a formé les Plantation Boys à la radio pendant la deuxième guerre mondiale, avant de lancer l’album Hillbilly Be-Bop, un classique de l’étiquette Ace Records qui s’est retrouvé (tout à fait par hasard) entre mes mains alors que j’étais en train de les salir dans un magasin de disques de l’ouest de Montréal.

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Hank Penny a développé son sens du comique en travailant dans les clubs et dans les casinos, mais il a surtout intégré sa passion du jazz (une musique essentiellement noire) à son country swing qui en est ainsi devenu encore plus populaire. Ont évolué autour de lui les Merle Travis, Jimmy Wyble et Jaye P. Morgan, tous virtuoses, musiciens et chanteurs passionnés de cet idiome musical. Je vous défie de rester de mauvaise humeur.

Hank Penny - These Wild Wild Women

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On va se détendre un peu. Après un décompte rapide, je crois bien posséder une trentaine de versions de Fever, un classique pop du milieu des années 50. La chanson, d’abord lancée par Little Willie John est devenu un standard de la musique pop après l’ajout de paroles par Peggy Lee qui en a fait un succès encore plus grand.

Fever est le meilleur exemple de la pièce à l’écriture parfaite que rêvent de pondre les faiseux de cash de l’industrie du disque. La mélodie et le rythme accrochent et vous vissent le cerveau dans le temps de le dire. Reprise par James Brown, Michael Bublé, Sam Butera, Ray Charles, The Cramps, The Doors, Bob Dylan, Brian Eno, Ella Fitzgerald, les Grateful Dead, The Jam, Tom Jones, La Lupe, Madonna, Bette Midler, Nina Hagen, Rita Moreno, les Neville Brothers, Elvis Presley, Quincy Jones, les Pussycat Dolls ou Suzi Quatro, elle demeure intègre et se suffit à elle-même.

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J’en sors une du tas parce qu’elle s’est présentée au bout de mes doigts, c’est tout. Mais c’est une excellente version. Armando ‘Buddy’ Greco est un musicien trop talentueux qui n’a probablement jamais réussi à composer pour lui-même, mais qui posséde le don rare de réarranger et réinterpréter à peu près n’importe quoi dans à peu près n’importe quel genre. Le natif de Philadelphie peut aussi mettre sur sa feuille de route un concert devant la reine Elizabeth II en compagnie d’un certain groupe de jeunes gens originaires de Liverpool…

Claquez vos doigts et transformez votre salon en karaoke!

Buddy Greco - Fever

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En train de feuilleter l’horaire de l’édition 2008 du Festival de cinéma des 3 Amériques, je tente de me bâtir une programmation personnelle des films à ne pas manquer. Tiens, un volet intitulé REGARD SUR LE CINÉMA DES PREMIÈRES NATIONS! Sommes-nous en train de faire du chemin quant à notre perception des indiens d’Amérique? On pourrait conclure positivement à la lumière de quelques indices, mais j’ai une nature patiente (et parfois pessimiste) et je crois plutôt que nous avons beaucoup de chemin à faire (surtout quand je mesure mon abyssale ignorance de l’histoire des peuples autochtones).

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Vous me voyez venir, j’imagine. J’ai envie, là tout de suite, sans prétention d’illustrer le chemin déjà parcouru avec quelques chansons bien de chez nous.

Muriel Milard - Il n’y a plus de sauvages au Canada

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Un petit trésor de ma collection pour commencer. J’ai vu la madame à paillette pour la première fois dans le spécial Bye Bye de fin d’année à Radio-Canada avant de la voir terminer lamentablement sa carrière quand elle a pris la surréelle décision de peindre ses amis et connaissance en clown! (”c’t'était correct”, selon son frère!). J’ai longtemps pensé que cette chanson aurait pu pimenter de grands reportages radiophoniques sur la situation autochtone au Canada.

Madeleine Chartrand - Ani Kuni

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On ne peut passer à côté de ce trésor de la chanson pop. Les gens de ma génération la chante depuis leur enfance et le succès est demeuré vissé dans l’inconscient collectif des Québécois. Pas à dire, la fille de Michel et Simone avait scoré dans le mille.

Claude Péloquin - Monsieur l’Indien

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Ceci dit, Madeline Chartrand ne faisait que fumer de la marijuana. Peut-on en dire autant du poète Péloquin et sa prose étrange… l’auteur était obsédé par la surpopulation mondiale et s’était donné comme mandat de ‘dire quelque chose’ aux autochtones. C’est fait.

Richard Desjardins - Nataq

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Qu’est-ce qui n’a pas été dit ou écrit sur le poète, auteur et pamphlétaire de l’Abitibi? Je vais aller voir son nouveau brûlot intitulé ‘Le Peuple Invisible’. Il a dérangé ma bonne conscience à jamais avec un texte percutant sur l’album LE TRÉSOR DE LA LANGUE de René Lussier.

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Wampanoags, Paranokets
Est-ce que ça vous dit quelque chose?
Je continue: Naragansetts
Béotuks, Péquots. Je fais une pause.

L’Espagne, la France, l’Angleterre,
Déjà là c’est plus reposant.
Pour discuter vocabulaire,
Faut commencer par être vivant.

Pour assurer notre survie
On a tué bien des personnes.
Leurs noms ne sont pas tous écrits
Dans les registres de la Couronne.

Si j’ai le droit de parler français?
Du fond de mon coeur, des os de mon corps,
Va demander ça aux Iroquois.
Pis profites-en, y en reste encore.

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Je vous faisais entendre il y a quelques jours la voix pénétrante de Ken Nordine. Le style narratif sur disque, c’est du bonbon!  Il y a quelques années, la narration en musique permettait aux non-chanteurs de se faire valoir. Il s’agissait de déclamer en utilisant une voix basse et profonde afin de convaincre l’auditeur de porter attention à une histoire passionnante. Un concept qui s’est avéré efficace et lucratif pour le marché du disque Western. Et ce, bien avant l’arrivée de Sergio Leone et de la musique d’Ennio Morricone.

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Dans le genre, on ne peut passer à côté de ‘Big Bad John’, une chanson dramatico-comique (ou l’inverse, c’est selon) rendue célèbre en anglais par Jimmy Dean et reprise par des dizaines d’interprètes (dont Johnny Cash, Tex Williams et Tennessee Ernie Ford. J’ai choisi de vous présenter celle de Homer and Jethro, un peu moins connue et légèrement modifiée. Le public québécois a eu droit à la version  particulière de Réal Giguère qui l’a endisquée sous le titre ‘Gros Jambon’ (avouez que ça lui allait bien!) et aussi par Léo Rivest, le straightman de Claude Blanchard.

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Tant qu’à présenter des exemples de chansons narratives, il y a aussi ‘Ghost Riders in The Sky’ rendue célèbre par L’Homme en Noir, mais qui rencontre toute sa dimension musicale lorsque interprétée par le groupe Kaleidoscope. Écoutez ça, c’est très prenant. Le succès sans précédant de ces deux pièces explique peut-être la mise en marché de la chanson ‘Ringo’ par l’acteur canadien Lorne Greene de la série Bonanza. La compagnie de disques n’a pas pris de chance et a immédiatement réclamé l’enregistrement d’une version en francais pour le marché québécois. Ça ne manque pas de charme et c’est en même temps un peu ‘corny’ comme disent les Américains.

Homer and Jethro - Big Bad John

Réal Giguère - Gros Jambon

Johnny Cash - Ghost Riders in The Sky

Kaleidoscope - Ghost Riders in The Sky

Lorne Greene - Ringo (french version)

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Rien de tel que la lecture du Journal de Québec pour bien entamer la journée. À preuve, regardez-moi ceci:

Sadomasochisme
La séance a mal tourné

Une Montréalaise de 39 ans est morte samedi soir après s’être rendue chez un résidant d’un quartier cossu de Saint-Bruno pour une séance de sadomasochisme qui aurait mal tourné. Selon les premiers éléments d’enquête policière, elle* se livrait à des pratiques sexuelles particulières avec le résidant du très chic «Sommet Trinité» lorsque son décès est survenu, vers 19h30. «Ils se seraient adonnés à des pratiques sexuelles hors du commun. Nous avons saisi plusieurs objets qui s’apparentent à des articles de torture, mais nous ne donnerons pas plus de détails pour le moment», a expliqué l’agent Martin Simard, de la police de Longueuil.

Bon. J’ai déjà la musique pour accompagner la suite des choses.

Bonne journée.

* 080306 - à la demande d’une amie de la jeune femme, j’ai décidé de ne plus afficher son identité (et ainsi modifié le texte paru dans la Presse). Les règles du Web sont claires; en tout respect et à la première plainte, on opère. Mes salutations à la personne qui s’est manifesté et je l’invite à ré-écrire.

Tom Lehrer - The Masochism Tango

Je faisais mention il y a deux semaines de la série Ultra-Lounge que je ne peux que vous recommander chaudement (excellente musique instrumentale issue des belles années de Capitol Records). Et je me dois d’y revenir parce que la source est littéralement intarissable. Aussi bien vous mettre en contexte.

Alors que je préparais (en compagnie de monsieur Boisbriand) une émission de radio uniquement consacrée à la musique de Noël, nous sommes tombés sur une pièce cachée non-identifiée sur la pochette (c’était la grande mode il y a quelques années de laisser traîner des petits trésors en fin d’album afin d’en augmenter la valeur marchande).

Pour tout vous dire, le fait d’ignorer les détails rendait la pièce encore plus intéressante. Encore une fois, comme dans le cas de Claude Steben (voir page précédente sur le sujet) l’audition tourna rapidement à la répétition obsessive. La voix, l’orgue… tout était là! Un homme à l’accent vaguement espagnol sérénade doucement dans les oreilles de sa douce “Do You Remember Darling…”

Dans le délire qui s’ensuivit, nous nous sommes mis à rêvasser sur son identité. Imaginer le Casanova en Dracula tombeur nous faisait hurler de rire. Et nous étions convaincus de l’humour fin des compilateurs de ces enregistrements Capitol des années 50; nous les imaginions en train d’éditer la compilation et avoir autant de plaisir que nous à l’écoute de cette inquiétante sérénade.

J’ai finalement découvert qu’il s’agissait de Renzo Cesana, un acteur italien au portefolio plus que confidentiel (beaucoup de télévision en fin de carrière) et la chanson “Violets For Your Furs” était en réalité une ballade écrite par Tom Adair et mise en musique par Matt Dennis. Frank Sinatra en avait tiré une version suave et dégoulinante pour son album Songs For Young Lovers. Avouez que chantée comme ça, avec la voix d’un séducteur fini, c’est beaucoup mieux. Pas spécifiquement Noël, je sais. Mais quand même une atmosphère hivernale indéniable…

Ça me rappelle les interludes de TVA lorsque je m’endormais devant le film de fin de soirée. Et que je me réveillais soudain à la musique totalement surréelle de Marc Legland et son organ à pédale qui nous rappelait qu’on devait aller au lit…

 

Utilisons une expresssion à la mode : Dans le monde merveilleux et hétéroclite de la musique de Noël, Lindley Armstrong “Spike” Jones est un in-con-tour-na-ble! Les lecteurs de ce blogue savent que je l’ai déjà présenté. Spike fait partie des musiciens et compositeurs qui ont absolument redéfini la musique instrumentale aux États-Unis avec des revues qui tenaient autant du cirque que de l’opéra. All I Want For Christmas is My Two Front Teeth est devenu très rapidement un grand classique de la chanson de Noël. Même ma perruche apprécie et siffle en choeur avec le petit gars pas de dent!

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