40's


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Homme Scalp 20 février 2009 partie 1

Homme Scalp 20 février 2009 partie 2

Homme Scalp 20 février 2009 partie 3

Homme Scalp 20 février 2009 partie 4

Homme Scalp 20 février 2009 partie 5

ARTISTE
Nom / Projet
SOURCE
Album / Médias
TITRE
Note du producteur
LA SYNTHONISATION DES CORPS
Bob Gariépy (L’Homme Scalp)Rock DétenteIntro1C
Bernard de Montréal et Richard GlennConférenceLa synthonisation1C
THEME L’HOMME SCALPThe Incredible Bongo BandBongo Rock3E
KaterineLe 8ème cielBonjour!1E
Bette MidlerBathhouse BettyUkulele Lady2E
LE CHEQUE DE LA HONTE
Rex NeigborsNasty Rockabilly vol.2Ain’t Going That Route2E
Brian FerryLet’s Stick Together (1976)Shame Shame Shame2E
OdeursRamon Pipin’s Odeurs (1979)Chèque Baby Chèque1E
Robert CharleboisQuébec love (1969)Te v’la1C
LA CHANSON QUEBECOISE, DU REVE À L’IRREALITE
Mononc’Serge13 tounes trashLe Gala de l’ADISQ1C
Vitamine Bleue…et le chatMa chanteuse pop1C
Les Cravates MalpropresLa Vie, c’est rockeurLobotomie1C
Normand L’amourC’est pas possibleJe suis le plus1C
AU RETOUR DE JUPITER
Kevin AyersUnfairgroundCold Shoulder2E
Katzen KapellSi Tu VeuxRavspel4E
Dim DimNectarineBack from Jupiter3E
LA FERME, JEANINE
Jeanine PaquetExtrait de Radio-Canada FM octobre 1988Dévoreur insatiable de phrases creuses1C
John ZornThe Big Gundown (1985)The Sicilian Clan (2000 version)4E
Françoiz BreutUne saison voléeUne ville allongée sur le dos1E
The RoundtableFolk Is Not a Four Letter Word (2005)Scarborough Fair4E
HA NON, LULU!
The Black Lodge SingersKids’ Pow-Wow SongsThe Flinstones2E
Sol Hoopii’s Novelty TrioHonolulu To Hollywood (1928)Hano Hano Hawaii2E
René LussierLe prix du bonheurAllô Allô1C
Grandpa JonesSings His Greatest Hits (1957)I’m My Own Grandpaw1C
BIJOUX DE FAMILLE
The Danielson FamileFetch The Compass KidsThe Wheel Made Man2E
Martin LéonKiki BBQBumper à Bumper1C
AndréLes Derniers Modèles de la mode MasculineYolande Wong1C
Dan HicksSelected ShortsFirst I Lost My Marbles2E
FRANCHOUILLARDISES
Les ZourillesTragicomédie musicale non-subventionnéeRoméo et Juliette1E
Les ZourillesDéboulent et débitentClinton Fucking Family1E
Henri SalvadorH. Salvador s’amuseJ’aime Tes Genoux (Shame, Shame)1E
Les 4 BarbusLa Pince à LingeLes Casse-Paix1E
TRIBU AU COMITE : AU PLUS FORT LA PUCK
Pere UbuModern DanceThe Modern Dance2E
Tijuana BiblesApartment WrestlingGorilla Stomp2E
The RaincoatsThe Raincoats (1979)Lola2E
Nina HagenNina Hagen BandTV-Glotzer (White Punks On Dope)2E

En visite chez deux amis, j’ai concocté cette petite compilation pour agrémenter le repas. Je me suis dit qu’elle serait peut-être bien chez vous aussi – 2 CD 36 chansons, 1 heure 58 minutes 40 secondes – Ça devrait aller, ça. Certaines incongruités risquent de vous déranger les tympans. Laissez aller, ça va passer.

01. Axel Krygier – Zorzal (3:16)
02. Amestoy Trio – Bamako (4:00)
03. Estudiantina Invasora – Lagrimas Negras (6:05)
04. Maddox Brothers and Rose – Cocquita Of Laredo (2:31)
05. Robert Charlebois – Madame Bertrand (3:37)
06. Mahala Raï Banda – Mahalageasca [Bucovina Dub] (4:18)
07. Kepa Junkera – Triki-gnosis (2:50)
08. The Turtles – You Showed Me (3:16)
09. Albert Marcoeur – Elle était belle (3:34)
10. Jean-Pierre Ferland – It ain’t fair (2:04)
11. Les Charlots – Je bois (3:43)
12. Holden – Je dois m’en aller (3:47)
13. Jérôme Minière – Disque dur miniature (4:07)
14. Didier Boutin – Unis Vert (3:25)
15. Colette Maher & Georges Whellan (avec James Brown) – La technique Nadeau (5:25)
16. Maddox Brothers and Rose – Will There Be Any Stars In My Crown (2:30)
17. Donald Lautrec – Le mur derrière la grange (2:56)
18. Jean Chrétien – Gouverner est chose difficile (0:32)
19. Les 3 Bars – N’oublie jamais (2:24)
20. Pascal Comelade – The Sheik Of Araby (2:07)
21. Lucien Midnight – Major Tom (3:23)
22. Antena – Camino del sol (3:50)
23. Caumon et Luca Costa – Chanson du fond du bois (5:43)
24. Hermine Demoriane – Happy Holidays (2:48)
25. Les Nocturnes – Le goût de vivre (1:56)
26. Sanseverino – Mal ô Mains (3:00)
27. Claude Dubois – Cerveau gelé (1:53)
28. Frank Fuller – Take Me Back To Toyland (2:07)
29. Les Cyniques – Tony Mazola (2:22)
30. Ramon Pipin’s Odeurs – Douce crème (4:19)
31. Ewen Delahaye Favennec – Kisses Sweeter Than Wine (2:42)
32. Robert Charlebois – Marie-Noel (2:28)
33. Christian Côté – Na like noa like (3:06)
34. Les Reines Prochaines – Opfer dieses Liedes (4:51)
35. Carlos Ramirez – Tout l’amour (2:32)
36. Amestoy Trio – Besame Mucho (4:31)

Ma soirée chez Maud (et Martin)

poulailler

Invitation particulière aux Montréalais et mélomanes de passage :

Les New Cackle Sisters, un insolite duo vocal (et un guitariste) redonnent vie de façon magistrale aux arrangements country agricoles des DeZurik Sisters. Ces dernières ont été les vedettes de stations de radio locales de l’Illinois et du Tennesse entre 1936 et 1947. Le caractère singulier de leur style tenait à l’intégration de différentes techniques de yodle et d’imitations de cris d’animaux et d’instruments de musique dans leurs arrangements vocaux. Le résultat, d’une indéniable et rafraîchissante virtuosité, mérite d’être entendu de tous, ne serait-ce que pour ses vertus thérapeutiques.

QU’EN EST-IL DU SPECTACLE ?

Les sœurs-chanteuses sont perpétuellement côte à côte, vêtues, chaussées, coiffées et maquillées comme des apparitions sorties de la campagne américaine des années 1940. Toujours habillées pour la saison, elles ne semblent pas déguisées, seulement différentes. Silencieuses, elles ne s’expriment qu’en caquetant ou en chantant. Sur scène, leurs mouvements, leurs postures, leurs attitudes sont assorties en tout temps, sinon identiques.

Leurs chansons sont sincères et convaincantes et se succèdent à la manière des pages d’un album-photo. Elles donnent lieu à une série d’aventures poétiques aux minuscules rebondissements. Puisqu’il le faut, méthodiques et amusées, les sœurs-caqueteuses se prêtent au jeu.

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Les New Cackle Sisters
Danya Ortmann
Gabrielle Bouthillier
Jasmin Cloutier

Leurs machinistes de l’Orchestre d’Hommes-Orchestre
Bruno Bouchard
Simon Drouin
Simon Elmaleh

Le 15 octobre au Cercle, 228 rue Saint-Joseph à Québec
Les 5,6,7 novembre à l’Usine C 1345, ave Lalonde à Montréal

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Mon ami Jean-Philippe se plaisait à le surnommer Ti-tas puant! Mais c’était simplement par dérision. Parce qu’on ne voudrait surtout pas dénigrer Tito Puente, né Ernesto Antonio Puente Jr, El rey del timbal! Tito est un multi-instrumentiste de grand talent (timbales, vibraphone, congas, claves, piano, saxophone, clarinette) dont la carrière s’est étendu sur plus de 50 ans avant sa mort en 2000. Le musicien a traversé les modes dans plusieurs styles (latin jazz, cha-cha-cha, pachanga, boogaloo, salsa), mais il a fait sa renommée avec le mambo, un genre indémodable qui connait (et connaîtra) plusieurs renaissances.

Après avoir passé les années 40 ans au sein de différents orchestres (en plus de fonder le sien), Tito a appris rapidement le caractère essentiel de la danse («sans la danse, la musique ne peut être populaire», dira-t-il); il se lance dans le mambo et se tourne aussi vers le jazz et le bossa nova au milieu des années 50. Sa popularité et sa légende se cristallisent lorsqu’il écrit la célébrissime Oye Como Va qui connaîtra un énorme succès en 1970 grâce à la reprise de Carlos Santana.

Dans le cadre de cette compilation, nous nous attarderons sur une autre pièce à classer dans la thématique ‘exotique’ : Hong Kong Mambo. Encore une fois, il s’agit d’une récupération un peu ‘cheezy’ de la culture orientale. Mais ça ne manque pas de charme, vous verrez! Tassez les meubles, montez le son, écoeurez vos voisins ! C’est irrésistible.

* Merci à Serge Grenier des Cyniques pour le titre.

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Tito Puente – Hong Kong Mambo

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Petit retour sur le 10 juillet au Festival d’été de Québec.

Sous un soleil de plomb à Place d’Youville, alors que les spectateurs ne se pressaient pas devant la scène préférant les trop rares zones d’ombre, Dominic Cravic et sa bande se sont présentés pour jouer le répertoire sans âge des Primitifs du Futur. Un véritable bonheur pour la poignée de fans de l’ensemble (faciles à repérer, ils étaient littéralement scotchés à la clôture!) et assurément une découverte pour les badauds et les curieux qui ont envahi progressivement le devant de la scène.

On a découvert d’emblée un groupe très soudé, un swing ravageur, un saxophoniste de très grande qualité (Daniel Huck, non seulement excellent, mais tout un personnage!), le leader et guitariste Dominic Cravic (terriblement efficace à la pompe!), Jean-Michel Davis (percussionniste de talent et conservateur de vieille musique), François Parisi, un accordéoniste virtuose (nécessaire pour le musette), la très efficace Fay Lovsky (basse, guitare de poche, scie, theremin) et la chanteuse Claire Elzière.



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Les concerts ont été merveilleux, d’un point de vue strictement musical. Particulièrement celui de midi. Interrogés un peu plus tard par votre humble serviteur, Dominic, Daniel, Jean-Michel et Fay ont été impressionnés par la grande qualité et le professionnalisme du personnel technique autour de la scène de Place d’Youville. Un bon point pour le Festival d’été de Québec. Un beau moment, simple, souriant. De la très belle musique, des interprètes hors pair. Rendez vous chez votre disquaire et dévalisez-le de ses albums des Primitifs du Futur.

La soirée qui a suivi au pub Saint-Alexandre a été moins confortable. Le propriétaire et les organisateurs du FEQ devront repenser certaines petites choses s’il veulent répéter l’expérience de ce genre de concerts. J’ai été agressé toute la soirée par une ‘musique d’ambiance’ avant et après la première partie. Je ne vois pas vraiment ce que BLONDIE, HEART, SUPERTRAMP, PINK FLOYD, ROD STEWART venaient faire dans nos oreilles avant un concert de jazz manouche, java, musette! Interrogée là-dessus, la serveuse nous a appris que, selon son gérant, c’est le genre de musique auquel nous allions avoir droit ce soir-là!



À PROPOS DES PRIMITIFS DU FUTUR

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Daniel Huck est un homme absolument charmant. Invité à notre table, il a parlé de tout sans réserve. De la vie, des enfants, de l’amour, du vieillissement, de sa maison et de sa passion pour le jazz et les vieux disques. Et Il est très drôle sur scène: quand les spectateurs applaudissent chaleureusement, il ponctue avec un retentissant « Et encore, on se retient! »

Dominic Cravic est affable, gentil, mais j’ai senti chez lui une certaine lassitude. Alors que je lui parlais du Ukulele Club de Paris, il m’a appris que Cyrille Lefebvre (génial guitariste et fondateur du groupe) était malade et qu’il avait combattu un cancer.

Fay Lovsky a fait tourner les têtes avec ses beaux traits de néerlandaise. Je l’ai trouvée fatiguée et très réservée. Et elle ne comprenait pas mon accent québécois, je crois. Je me reprendrai par écrit. Je vous invite à rechercher ses disques solos ou à mettre la main sur son album LA BANDE DESSINÉE. Elle est plus agréable à regarder jouer du Theremin que Clara Rockmore!

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François Parisi a tenté sérieusement de m’entretenir de la situation linguistique des Québécois en Amérique en insistant sur le fait que nous allions être engloutis par les Angles un de ces jours! J’ai souri et répondu à l’accordéoniste que j’allais réfléchir à ça plus tard bien assis sur ma « rocking-chair »… Ah, les Français!

Jean-Michel Davis est définitivement la personne à rejoindre au sein des P du F, si vous avez envie de parler de vieux disques et de musique disparue des années 20. Un collectionneur et un musicien passionnant.


QUELQUES NOTES SUR LA FAUNE DU FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC:

    Les porteurs de laissez-passer et autres promoteurs en périphérie du FEQ sont facilement reconnaissables, bien au-delà de la couleur de ce qui leur pend au cou : ils sont toujours en mouvement, parlent sans arrêt et n’écoutent pas vraiment la musique.
    12 jeunes calottés, aux biceps en évidence, avec leurs blondes toutes aussi hormonisées, se sont pointés au Pub Saint-Alexandre et ont choisi de bavarder TRÈS FORT comme s’ils étaient à la brasserie du coin après les cours au CEGEP. Ils n’avaient pas remarqué le gars avec une guitare devant eux qui tentaient d’expliquer la nature ou la provenance des pièces jouées par les musiciens.

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Herbert Khaury – chanteur américain, pionnier de la renaissance du ukulele et archiviste musical aux connaissances quasi illimitées – s’est fait connaître sous le nom d’artiste Tiny Tim. Il s’est rendu célèbre pour son interprétation de « Tiptoe Through the Tulips » chantée aves une tonalité très particulière, mélange de falsetto vibrato forcé (alors qu’il possédait une voix naturelle de baryton). Après avoir exposé en public la découverte de sa nouvelle voix, Khaury va de scène en scène, à des concours de talents locaux où il se produit sous différents noms de scène (Darry Dover, Vernon Castle, Larry Love, Judas K. Foxglove) avant d’opter pour son célèbre nom de scène.

 

Tiny Tim a été malheureusement victime de son sens aigu du showbiz, du bizarre et de l’étrange. Sa célébrité tient autant à son étrange voix qu’à sa gueule particulière; il a accepté de se marier avec Victoria Mae Budinger (« Miss Vicki ») au Tonight Show de Johnny Carson, un coup publicitaire qui a attiré plus de 40 millions de téléspectateurs. 9 mois plus tard, le couple annonçait l’arrivée prochaine de la cigogne; les humoristes se sont emparés de l’histoire et s’amusaient à suggérer qu’on appelle l’enfant VicTim!

 

On est en 1969. La jeunesse baigne dans la culture flower power, l’Amérique est en mutation profonde et voilà cet étrange chose à la voix féminine qui s’intéresse au 78 tours et aux vieilles chansons du début du siècle. Tiny Tim s’est produit au célèbre Festival de l’île de Wight en 1970 devant une foule de 600,000 personnes devant lesquelles il a chanté « There’ll Always Be an England » à travers un mégaphone! Il est tombé dans l’oubli – du moins parmi le grand public – avant de renaître sur scène et sur disque en compagnie de Brave Combo, un ensemble de polka de grande qualité originaire du Texas composé de musiciens qui avaient bien compris l’essence de son immense talent, contrairement aux promoteurs véreux qui l’exploitaient ici et là.

 

À regarder les documents télévisuels de l’époque, on comprend rapidement qu’il était une commodité, un bouche-trou entre deux entrevues. Les producteurs ne mettaient pas trop d’enthousiasme à faire connaître son immense savoir et cherchaient surtout à exploiter l’aspect spectacle de sa personnalité. Et c’est là, le grand drame de Tiny Tim. Regardez-le présenter ses pièces, sérieux comme un DJ et en même temps, conscient de l’aspect dérisoire de sa présentation. Je sais, ça fait plusieurs fois que j’en parle. Mais après avoir vu une photo de son corps circuler sur internet, quelques jours après sa mort, je me suis dit que Herbert Khaury méritait bien plus que cela.

 

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J’apprends que le prochain projet de L’Orchestre d’Hommes-orchestre portera sur le répertoire du compositeur allemand Kurt Weill. Bien hâte de voir et surtout d’écouter ça. J’ai commencé à m’intéresser à ce dernier au milieu des années 80 – en plein coeur d’un véritable revival Brecht-Weill – alors que venait de paraître plusieurs compilations rendant hommage à son immense talent et à son oeuvre colossale.

Parmi celles-ci, Lost In The Stars – réalisée par l’intuitif et toujours aventureux Hal Wilner – proposait des reprises des meilleurs succès de ses pièces composées pour la scène (l’Opéra de 4 sous, Les 7 péchés capitaux, Grandeur et décadence de la ville de Mahagony) donnant lieu à des performances très rafraîchissantes de Tom Waits, Lou Reed, Sting, Stan Ridgway, Marianne Faithfull, Carla Bley, Charlie Haden et John Zorn.

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L’album permettrait aussi au grand public de rencontrer (enfin!) la superbe Dagmar Krause, chanteuse de Hambourg qui s’était précédemment fait remarquer au cours des années 70 et 80 pour son travail au sein des groupes d’avant-garde Slapp Happy, Henry Cow, Art Bears et News From Babel. Une voix extraordinaire, haut-perchée et saisissante. Dagmar a lancé deux albums marquants Supply and Demand: Songs by Brecht/Weill and Eisler et Tank Battles: The Songs of Hanns Eisler, tous deux très bien réalisés et interprétés, dans lesquels elle a laissé définitivement une marque profonde en se classant comme une des interprètes les plus vivantes d’un répertoire qui s’étend des années 20 à 50.

Et toujours à cette époque (mi-80), un producteur avisé et audacieux de Montréal a convaincu Krause de se produire en concert aux Foufounes Électriques (légendaire et excentrique club de la rue Sainte-Catherine), alors qu’elle était de passage à Toronto pour un festival consacré à l’oeuvre de Kurt Weill. Un concert fantastique qui a laissé sa trace dans mon coeur et dans celui de tous les chanceux qui étaient présents devant elle et son pianiste. Ça ressemblait à ça, sans l’orchestre:

 

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Les gens de ma génération étaient loin de se douter qu’une bonne partie de leur éducation musicale proviendrait des dessins animés qu’ils ont inlassablement regardés à la télévision au cours de leur petite enfance. Bien plus que la voix des personnages, la musique composée pour accompagner leur déplacement et leur attitude donnait lieu à des arrangements très audacieux et nous a donné accès au sens du montage, du découpage et à la précision instrumentale. Et ce, sans que nous le sachions bien sûr.

Parmi les extraordinaires compositeurs et travailleurs de l’ombre qui sculptaient ces petites merveilles se retrouvent très certainement Raymond Scott (arrangeur de génie et directeur d’orchestre de jazz et pionnier de la musique électronique), Carl Stalling (auteur trop humble des musiques des meilleurs dessins animés de la Warner Brothers) et Dave Franklin (compositeur du célèbre « The Merry-Go-Round Broke Down » qui a servi de thème pour Bugs Bunny et de la musique des petits sacripants « The Little Rascals »).

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Vous trouverez ici quelques exemples assez éloquents du travail de ces compositeurs de très grand talent. Raymond Scott - dont je vous ai déjà parlé ici et là – s’est définitivement fait connaître par sa composition POWERHOUSE créée en 1937 et inspirée par une ligne de montage en usine. Elle fut reprise plus tard de façon très efficace par les animateurs de la Warner Brothers.

Faites connaissance ensuite avec les néerlandais The Beau Hunks qui rendent hommage à la musique des LITTLE RASCALS, une série de courts métrages très populaires parus à la fin des années 20. Portez attention à leur montage de scènes de suspense et au thème GOOD OLD DAYS, magnifique par son extraordinaire naiveté.

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Et pour terminer, Carl Stalling. C’est de ce travailleur acharné et expert du montage que je tire le peu que je connais des grands airs d’opéra, des compositeurs classiques et des standards de la musique populaire du début du siècle. Constatez avec quel humeur il déconstruit LA CUCARACHA et avec quelle adresse il dirige les musiciens qui devaient travailler avec une petit oreillette et recevoir les indications avant de jouer des parties qui duraient parfois aussi peu qu’une ou deux secondes.

Rangez ça dans vos archives, pas trop loin quand même. Et si vous avez des enfants, faites leur tourner ça en fond sonore. Assurez-vous que la télé soit éteinte…

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Raymond Scott – Powerhouse
Carl Stalling – Drunk La Cucaracha
The Beau Hunks – Ah! ‘Tis Love
Carl Stalling – The High And The Flighty
The Beau Hunks – Epilogue: Shield Suspense Medley
Carl Stalling – Orchestra Gag
The Beau Hunks – Good Old Days
Carl Stalling – Powerhouse And Other Cuts From The Early 50’s

folks

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