40's


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On ne passe pas à côté de cet extraordinaire iconoclaste de la musique américaine. J’ai craqué pour sa musique le jour où j’ai entendu Der Fuerher’s Face, une chanson commandée par Walt Disney pour le dessin animé de propagande Donald Duck in Nutzi Land. J’étais crampé lorsque j’ai entendu les onomatopées, les bruits de bouche et les percussions; encore plus quand j’ai compris qu’elles étaient l’oeuvre d’une vraie personne et complètement estomaqué quand j’ai compris qu’elles étaient le fruit de l’imagination débordante de Lindley Armstrong Jones, fils d’un agent des chemins de fer de la compagnie Southern Pacific, un garçon si maigre qu’on le comparaît à un clou de rail (‘rail spike’ en anglais).

Percussionniste, multi-instrumentiste et arrangeur de grand talent, Spike Jones a fondé au début des années 40, l’ensemble Spike Jones and The City Slickers avec le chanteur Del Porter, le violoniste Carl Grayson, le chanteur et trompettiste George Rock, le clarinettiste et chanteur Mickey Katz et les vocalistes Doodles Weaver et Red Ingle. L’orchestre fait du plaisir sa principale motivation et propose entre autres d’assassiner les grands classiques de la musique et de réinterpréter des succès connus sous des formes inusitées. Spike a entre autres parodié le succès Ghost Riders in The Sky (”Encore!” me dites-vous…) en imitant un chanteur alcoolique et en ridiculisant son auteur Vaughn Monroe; il a aussi joué l’ouverture du Guillaume Tell de Rossini sur des ustensiles de cuisine.

Le groupe a eu sa propre émission de télé sur NBC et CBS entre 1954 et 1961. On y voyait Spike Jones sautiller en agitant des cloches de vaches, jouant du klaxon, de la corne de brume, puis du xylophone pour finir par tirer en l’air avec un pistolet. Un des instruments utilisé - le ‘latrinophone’ - était en fait un siège de cuvette de toilettes avec des cordes (Rock et Belles Oreilles peut se rhabiller!). Spike a largement influencé l’humoriste Stan Freberg, The Goons, les Beatles, Frank Zappa, The Bonzo Dog Doo-Dah Band, The Roto Rooter Goodtime Christmas Band et Weird Al” Yankovic qui lui rend hommage dans le document ci-dessus.

Spike Jones - Cocktails for Two

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Raymond Scott - de son vrai nom Harry Warnow (tiens un autre artiste au nom à consonnance juive qui a préféré taire ses origines) - est un Américain de Brooklyn, ingénieur électronicien, musicien jazz et véritable pionnier oublié de la musique électronique.

De nature curieuse, je lis les génériques d’émissions de télé; je me rappelle avoir remarqué à la fin des cartoons de Warner Brothers, en plus du génial Carl Stalling, la mention de Raymond Scott comme auteur de la musique des meilleurs dessins animés de Daffy Duck, Bugs Bunny et leurs amis de Loony Toons. Un de ses thèmes les plus célèbres, celui de Powerhouse écrit au milieu des années 30 a été utilisé des dizaines de fois par les concepteurs de WB, tellement il était efficace. Arrangeur et directeur de son célèbre Raymond Scott Quintette, il a fait un malheur sur les planchers de danse et parmi les amateurs de jazz avec des compositions très audacieuses. Disons qu’il s’agissait de ses emplois ‘de jour’.

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Parce que quand il rentrait chez lui, Scott cultivait ses autres passions. La technologie et l’électronique. Des années avant la commercialisation du synthétiseur par Robert Moog, Raymond Scott a perfectionné plusieurs instruments permettant de générer des effets sonores, en plus de développer le Clavivox et l’Electronium. Au début des années 60, Scott lance Soothing Sounds For Baby, une série d’albums destinés à endormir les enfants, et compose des petites pièces répétitives et minimalistes sur une base séquentielle, inaugurant sans le savoir un mouvement qui allait éclore des années plus tard avec Steve Reich et Philip Glass. Et faire naître aussi une enveloppe sonore qui allait devenir la marque de commerce des allemands Kraftwerk.

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Au milieu des années 40, Scott devient un des rares directeurs d’orchestre a posséder son propre studio d’enregistrement. Et c’est dans les installations de Manhattan Research, Inc qu’il compose, quelques années plus tard, une série de petites pièces ‘alimentaires’ pour le marché publicitaire en offrant ses services aux grandes entreprises (détergents Vim, pastilles Vicks). Elles sont compilées sur l’extraordinaire livre-coffret MANHATTAN RESEARCH INC qui regroupe ces enregistrements produits entre 1953 et 1969. On peut très certainement dire de Raymond Scott qu’il a fait entrer la musique américaine dans la modernité, rien de moins. Un pionnier que je vous invite à connaître autant pour son génie d’arrangeur de jazz, que pour son talent de visionnaire de la musique électronique.

Amis mélomanes aventureux ou simplement aux curieux de passage, je ne peux que vous inviter à consulter l’extraordinaire site web consacré à la vie et à l’oeuvre de Raymond Scott. Mettez ça dans vos signets, à lire tranquillement.

Raymond Scott - Vicks Formula 44

Dans les années 80, les mélomanes partagaient leur musique en réalisant des cassettes artisanales contenant une sélection de pièces agencées selon le goût du compilateur. Incroyable ce que nous arrivions à produire avec une platine à cassette et quelques disques vinyles (les plus jeunes n’arrivent pas à me croire!)

Je dois remercier Jean-François pour sa fameuse cassette contenant quelques étrangetés dont en particulier cette chanson fort amusante: I’m My Own Grandpa de Homer & Jethro. Le duo humoristique formé de Homer Haynes et Jethro Burns avait fait pas mal de millage en 1948 avec cette chanson au texte échevelé construit sur une histoire de famille étonnante. L’auteur du texte fait la démonstration qu’en tant que beau-père de sa propre belle-mère, il était devenu en réalité son propre grand-père!

La chanson, écrite par Dwight Latham et Moe Jaffe, a aussi été reprise par Guy Lombardo, Ray Stevens, Tom Arnold et même Willie Nelson! Et il en va de la chanson comme dans tous les autres secteurs de la culture: pour paraphraser Lavoisier “rien ne se perd, rien ne se crée”. Alors qu’on croyait à un coup de génie des compositeurs, on constate après quelques recherches que la pièce à une histoire plus qu’intéressante et contient plusieurs déclinaisons. Lisez-moi ceci ou bedon cela pour en avoir le coeur net ou pour allumer votre curiosité. Et on m’apprend aussi (merci à J.C. pour l’info) que Philip J. Fry de la série Futurama prétend aussi être son propre grand-père… ça n’a plus de fin!

My Own grandfather by Mark Twain

After long years as a bachelor I was tired of being alone and married a widow with a grown daughter. My father fell in love with the daughter and took her as his wife. This made me my own son-in-law and my stepdaughter became my mother. After a year my wife gave birth to a son. Now, my son was my father’s brother-in-law and at the same time my uncle, since he was my stepmother’s brother. But my father’s wife also gave birth to a son. So this was my brother and also my grandson, since he was the son of my daughter. This meant I’d married my grandmother, since she was the mother of my mother. As my wife’s husband, I was also her grandson. And since the husband of a grandmother is always a grandfather, I am my own grandfather.

Et si la chanson apparaît à prime abord incompréhensible, dites-vous qu’il est possible de consulter un schéma pour la comprendre. Allez voir cette page si vous avez la nostalgie du tableau noir.

Écoutez : Homer and Jethro - I’m My Own grandpa

Ceci dit, je suis toujours surpris de constater le recours au ‘hasard’ dans les cas d’accusation de plagiat. Et mon étonnement fut encore plus grand quand j’ai entendu un jour Robert Charlebois nous sérénader une histoire tout à fait similaire dans une pièce ‘originale’ écrite par Laval Bélanger et publiée sur l’album LE CHANTEUR MASQUÉ. Avouez qu’on reste surpris quand on connait déjà la chanson de Homer & Jethro.

Et je me suis toujours demandé si Charlebois et Bélanger avaient plagié consciemment, ou s’il s’agit d’un hasard. Jugez-en par vous-même!

Écoutez: Robert Charlebois - Famille composée

         

“Il est né il y a plus d’un siècle; bien qu’il fait penser à un jouet et malgré son apparence de guitare miniature, l’ukulélé réunit à lui seul et sous un faible volume tous les rêves exotiques de paradis terrestre”. *

Après l’avoir entendu sur nombre de vieux albums, de 78 tours, joué par d’innombrables fantaisistes de la scène et du cinéma, je n’ai véritablement craqué pour l’ukulélé qu’après avoir entendu Tiny Tim interpréter ‘I Got You Babe’; armé d’un seul et ridicule petit instrument, le très étrange troubadour des années 60 livrait de sa voix haut perchée le double discours ô combien fromagé de Sonny and Cher!

Mon deuxième coup de coeur est venu de Joseph Racaille et de Cyril Lefebvre; les deux comparses, après plusieurs aventures électrifiées, électronifiées ou pas (ZNR, Video Aventure) ont offert chacun leur tour de véritables trésors d’albums dédiés à la musique oubliée, bien qu’inoubliable.

Ensuite Bob Brozman s’est occupé d’allumer le feu et d’entretenir ma passion pour la musique des îles. À la suite d’une conversation avec le guitariste américain - installé en résidence à Québec pour la tenue de plusieurs soirées passionnante avec René Lacaille dans le cadre du Festival d’Été - j’ai appris de la bouche de Brozman l’étonnante théorie selon laquelle la musique des pays occidentaux (et impérialistes) avait été créée pour aider les soldats à garder le pas (en langage musical, on parle d’un tempo 4/4, 1-2-3-4 et on recommence), alors que les musiciens insulaires du sud avaient inventé le contre-temps, un tempo issu d’une musique qu’il qualifiait de ‘défensive’ étant donné la nature même de leur pays conquis.  En bon ethno-musicologue qu’il est et pour illustrer son propos, Brozman tapait des mains sur sa poitrine ou martelait de ses doigts le charango, un petit instrument bolivien à 10 cordes.

Il faut aussi souligner l’univers des néotraditionnalistes comme Robert Crumb et ses Cheap Suits Serenaders, Les Primitifs du Futurs et tout récemment le Ukulele Club de Paris. Ces derniers offrent d’ailleurs un environnement musical totalement enivrant et dépaysant, bien que très instructif pour les mélomanes aventureux. Tous issus d’univers mélodiques distincts et éclectiques, Dominic Cravic (guitariste d’Henri Salvador et de Pierre Barouh), Cyril Lefebvre, Fay Lovsky (une artiste accomplie des Pays-Bas), Silvano Michelino, Joseph Racaille (accompagnateur d’Arthur H), Pierre Sangra, Bradney Scott (bassiste d’Arthur H et de J. Racaille) et Tony Truant (guitariste des Wampas) écument les scènes européennes avec les chansons de leur album Manuïa et autres pièces du répertoire traditionnel des années 30 et 40.

                               

** “Longtemps indissociable de la légèreté facétieuse et du décor tropical en faux-semblant des vaudevilles hollywoodiens, l’ukulélé a été boudé, voire méprisé au cours de ces dernières années… Pourtant, petit et maniable, joli autant que modeste, aisément transportable, tout à la fois facile à jouer et digne des plus grandes virtuosités malgré ses quatre cordes et ses quelques frettes, l’ukulélé ne devait-il pas redevenir l’instrument moderne par excellence? De fait, fétiche du renouveau culturel des peuples maoris, chemise aloha en bannière du Tiki Art, arme absolue de la dérision musicale, il effectue aujourd’hui un come-back retentissant…”

Voici 4 pièces extraites de l’album Manuia du Ukulele Club de Paris. La dernière est probablement un hommage à Penguin Cafe Orchestra…

Ma princesse des mers du sud

Java javanaise

Chigadaging

Manchot rade septet

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 * celle-là, bien trouvé provient du site web du Ukulele Club de Paris!

** texte de présentation du site MySpace du Ukulele Club de Paris.

Il y a dans l’air un je-ne-sais-quoi de grisaille saisonnière et de déprime d’avant-Noël. Ça vient probablement de moi, alors j’assume.

J’ai toutefois entrepris de me concocter rapidement un cocktail audio des plus vivifiants que je vous invite à ramasser drette-là en utilisant bien sûr la fonction clique-droite de votre souris (pour les utilisateurs de Windows) ou Alt-Click (pour les fortunés de Apple).

Quelques petites notes:

1 - Les Beau Hunks forment un ‘orchestre documentaire’ de Amsterdam dédié à la renaissance et à la diffusion de la musique composée pour accompagner les courts-métrages de Laurel et Hardy et The Little Rascals. Ils sont aussi des interprètes chevronnés des oeuvres du compositeur Raymond Scott. Good Old Days.

2 - Mary Schneider est Australienne; elle a fait sa marque en revisitant des pièces archi-connues en les resservant en yodel! Hungarian Dance.

3 - The Swingle Singers, un ensemble vocal a capella, a débuté sa carrière il y a plus de 40 ans en accompagnant Charles Aznavour, Édith Piaf et Michel Legrand. Un groupe d’étudiants en chant de la Grande-Bretagne poursuit la tradition avec cet album consacré aux Beatles. Strawberry Fields Forever.

4 - La carrière de Michael Hurley remonte aussi loin que 1965; il est auteur-compositeur, créateur de bandes dessinées, caricaturiste, aquarelliste et… itinérant. Il faudra bien un de ces 4 consacrer toute une page à ses albums et à sa carrière. Cette chanson-là, comme plusieurs autres de son crû, fait du bien où ça passe. Open Up.

5 - La dernière fois qu’on m’a présenté des résidents des Pays-Bas, j’ai glissé à tout hasard le nom Fay Lovsky. J’ai eu droit très rapidement à un sourire appréciateur et connaisseur; elle est une fierté locale, une artiste accomplie et elle joue dans les projets musicaux les plus intéressants des 10 dernières années (La Bande Dessinée, Le Ukulele Club de Paris). Je dédie celle-là au comédien George Clooney pour son interprétation hilarante du personnage Ulysses Everett McGill dans le film O Brother, Where Art Thou? (un avide consommateur de Brylcreem)  A Little Dab’ll Do Ya.

6 - Marcel Saint-Germain a très certainement ébreché sérieusement les oreilles des spectateurs hilares qui se rassemblaient pour assister aux spectacles des légendaires Cyniques. Un grand talent vocal et un tonitruant personnage: Tony Mazola.

7 - Lindley Armstrong “Spike” Jones est un musicien et acteur américain qui s’est fait connaître par des présentations qui tenaient de la pyrotechnie musicale et un sens du spectacle hors du commun. Il s’est rendu célèbre pour sa relecture des grands classiques jouée sur des ustensiles de cuisine. Cocktails for Two.

8 - Allez jeter un coup d’oeil aux créations du chanteur western O’neil Devost (que je pille ici sans vergogne) qui a le courage de se produire lui-même. Si vous aimez la chanson, achetez ses albums. Le Systeme.

9 - Les Standardistes se sont peut-être produits près de chez vous… ils s’amusent à revisiter (et parfois détruire) des intouchables de la chanson. Ici l’ami Jocelyn Drolet nous fait James Brown en français. Une oeuvre monumentale! Machine à Sexe.

Avec ça, on devrait être capable de passer les prochaines semaines.

Parlons mieux, parlons allemand.

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Dans les années 70, les germaniques ont été, tout comme les Québécois dans les années 60, tentés de reprendre à leur compte les grands succès de la musique populaire américaine. Il s’agissait bien sûr de faire le plus d’argent possible en quelques 45 tours, en soutirant aux auteurs des galettes originales tout profit potentiel à l’extérieur des pays où les dits-succès ont été lancés.

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L’ensemble des Comedian Harmonists a connu son heure de gloire pendant la période de l’entre deux guerres et son succès coïncide avec la montée du nazisme. Son fondateur Harry Frommermann étant de confession juive, le groupe a opté pour les États-Unis par crainte de représailles nazies, ce qui a entraîné en quelque sorte son chant du cygne, compte tenue du retour des autres en Allemagne. On leur reconnait plusieurs émules, dont les célèbres Frères Jacques, les Quatre Barbus, les Octaves et Chanson Plus Bifluorée et un film - que je vous recommande chaudement, autant que leurs disques -  leur est aussi consacré. Pour vous donner une idée : Veronika, der Lenz ist da.

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Erdmöbel est une formation compacte teutone basée à Cologne. Si je traduis correctement, son nom signifie les Meubles de Terre; on peut donc parler ici de musique d’ameublement à caractère nostalgique. Une très agréable version du classique Close To You de Burt Bacharach et Hal David; remarquez le soin apportée à la production très fine et subtile.

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Die Zwei est, comme son nom l’indique, composé de deux personnes. Le duo est plutôt obscur et peu notoire, mais il a fait sa marque avec des arrangements vocaux à l’ancienne et un enrobage très ‘années 80’ (je relis ça et ça ressemble à un oxymore !). Ils reprennent brillamment Harry Lime Theme , composé par l’autrichien Anton Karas pour le film “Le Troisième Homme”. L’album s’appelle USA ! USA ! USA ! et si vous en trouvez une copie, appelez-moi parce que c’est rare comme la déjection de Benoit XVI.

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Roy Black est le pseudonyme d’un blogueur allemand de grande qualité – en hommage au chanteur Gerhard Höllerich qui portait le même nom. En consultant son excellente page, j’ai mis la main sur German Covers - The Wunder Years 1965-1976, une compilation délirante de grands succès traduits en allemand pour des artistes d’une qualité douteuse à la carrière tout ce qu’il y a de plus confidentielle. 2 extraits :  Don Anderson (de son vrai nom Edo Zanki) interprète Beautiful Sunday (un succès du britannique Daniel Boone en 1972, retenez-moi parce que j’ai envie de vous faire entendre la version de Patrick Zabé «J’ai trop mangé») et Stefan Waggershausen avec Herz aus Gold(Heart of Gold de Neil Young).

The Comedian Harmonists - Veronika, der Lenz ist da

Erdmöbel - Close To You

Die Zwei - Harry Lime Theme (The Third Man)

Don Anderson (Edo Zanki) - Beautiful Sunday

Stefan Waggershausen - Herz aus Gold