paul_mccartney_offrira_un_conc_a_3062008_600.jpg

Je ne pouvais pas rater ça. J’ai appris par cœur la musique de McCartney avant d’apprendre à lire. Quand bien même le trois-quart des amis mélomanes vont pouffer de rire en apprenant que je me suis entassé dans l’enclos pour voir l’Oncle Paul, je me dois de témoigner de l’événement. Quelques notes:

Bien que je sois arrivé sur les Plaines d’Abraham en fin d’après-midi un peu avant 17 heures et que je faisais partie des milliers de personnes attroupées dans les aires d’attente B et C situées derrière la scène, j’ai pu accéder au site A et me retrouver face à la scène. Ce qui est surprenant. Je m’attendais à entendre, mais pas vraiment à voir l’artiste. TRÈS bien organisé. Le Festival d’Été de Québec a probablement pris des notes.

stills-796432648_l.jpg pascale-picard.jpg

The Stills a assuré l’ouverture de la soirée avec un tour de piste très sympathique. Pas prétentieux, mais sincère. L’indifférence était palpable parmi les baby-boomers et les ti-mononcles qui m’entouraient. Un peu désolant. Pascale Picard est arrivée par la suite avec un downer en ouverture; une chanson assez ennuyante. Peu propice à l’introspection, les Plaines… voyez-vous? Et du peu que j’entende, ça ne me touche pas vraiment:

How do I feel? Alone and lousy
And I may seem selfish but I need
A little break on my own, can’t you see
I’m just tired of being phony


Par chance que le système de traduction au-dessus de l’écran géant n’était pas en fonction. Ça aurait donné quelque chose comme ceci:

Comment me sens-je ? Seule et moche
Et je peux sembler égoïste mais j’ai besoin
d’une petite pause tout seul, ne voyez-vous pas
que je suis juste fatiguée d’être fausse

Pas très jojo, n’est-ce pas? Mais je lui donnerai une autre chance, un de ces quatre.

paulquebecmbc.jpg

Paul McCartney a ensuite pris le contrôle de la scène dans une atmosphère d’allégresse et de sensualité (la Presse et les journaux de Québec ont maintes fois mentionné que “…les spectateurs se massaient sur les Plaines“) qui ne laissait pas de place aux ‘casseux-de-party’ dont je ne ferai certainement pas partie. Quelques ‘rockers’ bien placés (ligne de basse dévastatrice de Drive My Car, Back in the USSR, I Saw Her Standing There) et les hits alignés les uns après les autres. C’en était parfois très émouvant.

Mes préférées ont toutefois été les pièces arrangées avec simplicité ou sans arrangement du tout. Ce qui permettait d’entendre McCartney avec la voix qu’il a véritablement aujourd’hui, à 66 ans, pas tout à fait aussi forte, mais tout aussi rassembleuse. Blackbird, bien jouée, bien chantée. Yesterday, en choeur avec 100,000 personnes. Et surtout, Something de George Harrison, jouée en fast tempo sur un ukulele, ce qui rendait la pièce moins catatonique et (étonnament) plus émotive.

McCartney a mentionné qu’il ne répétait pas beaucoup. Ça se voyait parfois. Il a raté quelques transitions, oublié un début de couplet, mais c’était peu de choses pour les fans du chanteur. On a affaire à un demi-dieu. Un peu d’observation permettait d’infirmer rapidement ce postulat: après alerte de la Femme Scalp (elle m’accompagnait ce soir-là), force est de constater que la couleur a tenu sur les cheveux, mais a toutefois coulé un peu sur la joue de Sir Paul, tellement il faisait humide!

En séducteur de foule professionnel, Paul a fait plaisir aux ‘Amis des Beatles’, ce club sélect de fous des scarabées, qui avaient demandé la pièce ‘Mrs. Vanderbilt’ de l’album Band on The Run. La version était, à mon sens, assez bâclée et peu répétée. Mais les A des B étaient probablement liquéfiés de bonheur alors que McCa leur chantait ça avec le drapeau québécois sur l’écran d’arrière-scène!

Deux jeunes ados séminaristes ont hurlé les chansons dans mon oreilles tout le long du spectacle. Un des compères venait tout juste de muer et faussait atrocement. Give Paul a chance! Que j’ai eu envie de lui dire. Après 3/4 d’heure de ce supplice (et une fausse note particulièrement éprouvante), je me suis retourné et je lui ai demandé de cesser cette torture pour les 4 prochaines chansons!

Falardeau et Curzi ont recommencé à fumer. Hier soir, un chevalier de l’Empire a mis Québec dans sa poche et ce, sans chanter Gens du Pays. On se reprendra le 24 juin prochain. Avec les plus belles voix du Québec: Éric Lapointe et France D’Amour. Ça promet.