
Matante et mononcle, les chroniqueurs culturels des quotidiens de Québec, ne vous en parleront probablement pas. Alors voici deux ou trois choses à propos de Yat-Kha à voir et entendre au Festival d’été de Québec.
Yat-Kha est un groupe originaire de la république de Tuva, située à l’extrême sud de la Sibérie. Sa musique est un mélange de musique traditionnelle, de rock et d’effets électroniques dont le principal élément est la voix unique et incomparable du leader et guitariste Albert Kuvezin qui maîtrise le chant de gorge diphonique, pratiqué depuis longtemps dans diverses musiques traditionnelles du monde particulièrement en Haute-Asie (Mongols, Touvas, Khakashs, Bachkirs, Altaiens, Tibétains).

Plus précisément (et parce que je sais que ça vous intéresse déjà), il s’agit d’une technique vocale qui permet au chanteur de produire plusieurs notes simultanément au moyen d’un seul organe vocal en combinant divers types de voix (de gorge, de tête, etc.) par divers positionnements de la langue ou des lèvres. Le style kargyraa pratiqué par Albert Kuvezin est fondé sur le même principe d’émission sonore que celui de la guimbarde, les cordes vocales sont ajustées sur des hauteurs différentes, créant plusieurs notes fondamentales et par le fait même plusieurs séries d’harmoniques.
J’écoute de temps en temps les albums de Yat-Kha en tentant d’accompagner vocalement Albert. Je n’y arrive pas, mais j’essaie toujours. N’allez surtout pas croire que sa musique est figée dans la tradition. L’album Re-Covers reprend avec brio des standards de la chanson pop, rock, country et… new wave occidentale.
Beau choc culturel en perspective pour plusieurs d’entre vous.
14 juillet 2010, Place Métro 19:30
15 juillet, Place Métro, 21:30
Tyva Kyztar (Tuvan Girls)
Love Will Tear Us Apart (Joy Division)
Her Eyes Are A Blue Million Miles (Captain Beefheart)
Opei Khoomei